Un petit conte de Noël très...royal : Le Noël du Président

Un petit conte de Noël royaliste, en ces temps où l’on interdit même les crèches: « Le Noël du Président  » :

Noël approchait et pourtant la féérie du rêve n’arrivait pas à dissiper la morosité ambiante. Au sein du gouvernement tout allait de travers et la trêve des confiseurs se faisait attendre. Le palais bruissait d’un bourdonnement sourd et le Président tournait  vainement en rond à la recherche d’une recette, d’une solution, de la potion magique qui restaurerait la magie de Noël en France. Rien n’y faisait !  Alors, il rêvait, retrouvait ses songes d’enfant…

Si seulement le Père Noël existait ; on pourrait lui commander le bonheur, le moral, l’amour du pays et toutes ces choses qui nous font aduler par le peuple. Mais vers qui se tourner ? Les amis n’étaient pas très sûrs, tous plus ou moins capables de trahir à la première occasion, quant aux ennemis de l’opposition, ils étaient eux aussi dans un tel marasme qu’on aurait pu presque les plaindre. Le Président était seul, assis à son bureau, devant lui une belle feuille de papier à en-tête, il sourit, une idée facétieuse venait de lui traverser l’esprit. Il avait toujours eu le sens de l’humour et le goût des blagues. Alors de sa plus belle écriture, il commença sa lettre.

Mon cher Père Noël,
Tu seras certainement très surpris de recevoir cette lettre. Non, non ce n’est pas une plaisanterie, c’est on ne peut plus sérieux. Je ne sais plus vers qui me tourner, j’ai fait le vide dans ma tête, j’ai retrouvé mon âme d’enfance et j’ai décidé de faire comme des milliers d’enfants du pays, de faire ma lettre au Père Noël. Non pas que je veuille que tu me gâtes personnellement ; j’ai déjà ma récompense en me retrouvant à la tête de ce merveilleux pays. Non, je t’écris pour la France, pour les français. Cette année, ce Noël, je veux leur faire une surprise et toi seul pourrait m’aider…

Je voudrais qu’ils retrouvent la fierté d’être français et la joie de vivre dans ce beau pays qu’est la France. Qu’ils retrouvent l’amour et abandonnent la méfiance, la jalousie et l’envie. Les français sont un grand peuple et ils méritent un grand destin, bien sûr ils l’ont déjà par héritage, mais aujourd’hui ils faiblissent, doutent et perdent confiance. Ils n’osent plus être cocardiers, le coq gaulois risque de finir en poule mouillée… Cher Père Noël, voici mes souhaits, je te promets de suivre scrupuleusement les conseils que tu voudras bien me prodiguer. Je te prie cher Père Noël…

Une fois la lettre terminée, le Président s’esclaffa comme après une bonne blague…Qu’allait-il faire de sa lettre ? Il n’allait pas l’envoyer à l’adresse postale qui reçoit toutes les lettres des enfants et assure une réponse. La joie de ce petit coup d’éclat s’estompait, et l’ombre de la contrariété envahissait son visage. Il allait la déchirer, la passer à la déchiqueteuse. Et, et dehors la neige tombait, Noël était dans six jours, il laissa tout en plan, fit fermer son bureau derrière lui à double tours et s’en alla se coucher.

Le lendemain matin, dès qu’il entra dans son bureau, il vit l’enveloppe, la lettre n’était plus sur le sous-main, mais il y avait cette enveloppe rouge ! Une fois bien calé dans son fauteuil, il tourna plusieurs fois l’enveloppe dans ces mains, une expression rieuse sur son visage, bien sûr ce n’était pas possible, blague pour blague, il allait bien la lire cette lettre. Et voici ce qu’il lut.

Mon cher Président,
Des milliers de lettres que je reçois, c’est bien la tienne la plus étonnante. D’habitude, je ne réponds jamais, je tente de satisfaire les enfants du mieux possible de mes capacités ; mais ce que tu me demandes toi, mérite une réponse. Tu veux redonner le moral aux français, tu veux leur rendre leur fierté, tu veux revoir « la Furia francese » tu veux restaurer l’Art de vivre à la française. C’est bien, c’est beau, c’est noble, c’est généreux de ta part, et c’est ton rôle. Le plus beau des rôles ! Alors, voici ce que je te propose :

Prend la parole, adresse toi aux français, sur toutes les radios, toutes les chaînes de télévision, solennellement et dis leur ce que tu m’as écrit, ne leur parle pas de crise, d’argent, de chômage, de politique, de migration ou d’immigration, du reste du monde, de guerres de terrorisme et de toutes ces choses qui sont la vie certes mais : Qui n’apportent que souffrance quand on les place avant L’Amour ! Veux-tu devenir le Président que la France gardera en mémoire, veux-tu entrer dans l’Histoire, (celle avec un grand H), par la grande porte ?

Alors voilà ; quand tu seras sûr, et tu le sentiras, que les français sont suspendus à tes lèvres, tu leur annonceras un scoop qui fera l’évènement dans la France et dans le Monde, un bouleversement sans pareil, digne de Noël, tu leur annonceras La Bonne Nouvelle ! Annonce-leur que tu souhaites les convaincre de recourir à la Famille Royale de France et à son Prince ! Parle-leur de la Famille,  tu le sais les français sont très attachés à la famille, parle leur de cette Famille de France qui est aussi la famille de tous les français. Dis-leur que tu veux être le Président  qui réinstaurera la monarchie et ré enchantera la France en lui redonnant sa dimension royale et son Roi …! Oui, tu as bien lu, un Roi pour la France !  Tu as fait au mieux pour l’administrer, mais lui l’incarnera, le Roi n’est pas un homme ordinaire, c’est pour son pays et son peuple, le lien entre le Ciel et la Terre de France, le lien entre les vivants et les ancêtres, il est la chair et le corps des français, il est sacré, il est la France ! Tu seras donc le Président qui réunira la France millénaire et ancestrale et la France moderne d’aujourd’hui !
Je te prie d’agréer, Mon cher Président…

Le Président restait perplexe, qui a osé écrire cette lettre ? Qui s’est introduit dans son bureau ? Qui a lu la lettre du Père Noël, et a osé faire cette réponse ? Il pouvait certes convoquer la Sureté, déclencher des enquêtes… Et c’était le début d’une escalade de polémiques à scandales. Pour trouver quoi, au mieux une plaisanterie, au pire une tentative de déstabilisation, voire une tentative de coup d’état…Non, la solution était ailleurs, il réfléchirait, il trouverait…Le Président épanoui était  heureux, il souriait, quelle sortie, quel discours, quelle surprise, quel
panache… La France, le Monde …époustouflé…

Tout doucement, le premier garde du corps entrouvrait la porte du Président, Monsieur le Président, Monsieur le Président,  chuchota t’il, il est six heures, vous avez la réunion des ambassadeurs à 8 heures, et le Noël des enfants du Palais à 9H30 et il ne faut pas faire attendre le Père Noël !!!

Guy Adain

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