le prince Michel, comte d'Évreux

Le titre de comte d’Évreux a été relevé en 1978 par le comte de Paris (Henri VI de France) en faveur de son troisième fils, le prince Michel, né en 1941. Pourquoi ce titre, et pas celui d’un grand apanage comme celui de duc d’Orléans, pour le frère jumeau de Michel ? Il y a un différend derrière : le chef de la Maison de France désapprouvait le mariage de son fils avec Béatrice Pasquier de Franclieu, dont le père était accusé de collaborationnisme pendant la dernière guerre, et tant pis si Béatrice n’avait que trois ans quand son père est mort. Le prince Thibaut a connu le même sort et n’a été “que” comte de la Marche en raison de son mariage avec Marion Gordon Orr.

 

Le comte de Paris voulait initialement respecter l’usage, né sous les derniers Valois et continué par les Bourbons, d’une hiérarchie entre les titres des fils de France : 1 Orléans, 2 Anjou, 3 Berry (et on peut ajouter 4 Alençon). Ainsi, le prince Michel aurait été duc d’Anjou et Thibaut duc de Berry, mais il a été contrarié par ces mariages contre son gré, et n’a attribué que des titres “secondaires”. En 1999, le nouveau comte de Paris, fils du précédent, a voulu réhabiliter ses frères. Il n’a pas titré duc d’Anjou son frère Michel, mais le fils de celui-ci, le prince Charles-Philippe. Le fils du prince Thibaut, Robert, a décliné l’offre et a préféré rester comte de la Marche, par respect pour la mémoire de son père.

 

Le prince Charles-Philippe n’ayant pas d’enfant mâle, j’ignore si le titre de duc d’Anjou passera à son frère François, comte de Dreux (ou à son tout jeune fils Philippe), ou s’il retournera dans le giron de la couronne.  (Photo : Pierre Suu)


Philippe Houbart

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