Monseigneur le comte de Paris s'exprime à propos de l'enseignement

– « Les Précieuses Ridicules »… et les autres – La tradition est la transmission de constantes universelles et éternelles qui constituent la nature permanente de l’Homme dans sa mission sur terre et dans le voyage qu’il choisit de faire ici bas. Elle traverse l’Histoire et la diversité de nos cultures, nous obligeant à remettre perpétuellement en question l’interprétation – qui ne supporterait pas de demeurer figée- de ses valeurs. La tradition est ainsi la conscience vécue ici et maintenant des sources et des voies vitales et spirituelles de l’humanité. Elle n’a rien à voir avec le grand chambardement que l’on tente de nous imposer par des lois sociétales ou par une énième réforme de l’enseignement qui seront appelés à s’effondrer dans leur néant tel le « colosse aux pieds d’argile ».

La tradition comporte ainsi la nécessité de savoir décanter le passé de ses formes révolues, pour le vivre au présent dans sa nouvelle adéquation. En effet la loi de l’évolution et non celle de la révolution et des idéologies qui en sont issues, est inscrite dans la spirale de notre ADN tout comme elle l’est dans la croissance de toute société qui se veut structurée. Dotés d’intelligence, il est demandé aux êtres humains de progresser dans la connaissance d’eux-même et dans le respect de leur environnement dont ils devraient être responsables, non seulement pour eux, mais vis à vis des générations futures.

La connaissance ne devrait pas être seulement livresque ou intellectuelle, sinon l’être se dessèche. Alors le mépris, l’orgueil et la haine s’installent et l’on devient semblable à un figuier sec, sans pouvoir porter de fruits. Il faut que notre cœur participe à la connaissance et que celle-ci puisse ouvrir et développer ce qui est dans la possibilité de chacun, dans une compréhension de ce qui peut ou ne doit pas changer. Le rôle de l’État, quel qu’il soit, est d’aider à construire, non à détruire notre civilisation qui a mis plus de mil an à se bâtir. Nous savons tous nous mouvoir sur un plan horizontal, mais il nous est proposé, à tous, encore plus: apprendre à progresser tout au long d’un axe vertical. Croître dans la connaissance comme un arbre vers la lumière, car la vie est un espace temps fondamentalement court dont on ne prend conscience que trop tard. Pas de temps à perdre!…

Croître comme une plante qui, chaque printemps, pousse ses tiges vers le haut. ainsi la connaissance nous rapproche de ce point qui est à l’infini et que certains appellent notre Créateur, pour trouver notre chemin. C’est pourquoi l’enseignement et l’éducation sont si importants, car ils permettent aux enfants, bourgeons d’une fleur en devenir, de se passionner pour ce qu’ils ne connaissent pas encore. L’enseignement comme l’éducation sont, même, indispensables à la cohésion et à fortiori à la survie de toute société. Apprendre c’est pouvoir acquérir assez de force mentale et même physique pour être capable d’affronter la vie et de construire ce dont chacun aura un jour à rendre compte.

C’est au sein des écoles, lycées, académies que se forment les élites, à chaque niveau, à tous les niveaux: artisans, agriculteurs, artistes, ouvriers, commerçants, fonctionnaires, bourgeois ou grands patrons… Nonobstant il existera toujours des cancres comme des génies, des incapables ou des débrouillards. Tricher avec le curseur d’un élitisme pseudo-laïque dans un égalitarisme par avance destructeur, c’est condamner des générations à un obscurantisme dévastateur. Hélas elles ne le découvriront que trop tard. Ne serions nous pas gravement coupables de détruire dans l’œuf les capacités de bon nombre d’élèves qui, à chaque niveau, comme à tous les niveaux cherchent l’excellence, dans ce qui les intéresse et ce pourquoi ils désirent apprendre. L’égalitarisme lourdement accompagné par une volonté effrayante de vouloir réduire au plus petit commun dénominateur serait une castration inadmissible, car chacun, d’où qu’il vienne ou quel qu’il soit, a des qualités à développer dans le sens qui lui est personnel.

Quant à cette pseudo « novlang », inventée pour masquer un changement de civilisation, et tout ce jargon abscon, cela devient semblable à celui dont le Grand Molière se moquait déjà dans les « Précieuses Ridicules ». Certes notre langue n’est pas morte, elle s’enrichit parfois par des mots inventés par les jeunes générations, avec bon sens et humour tels que « galérer », « blase », avoir du « blé », faire la « bringue », mots qui désormais font partie de notre vocabulaire comme « gavroche », inventé en son temps par Victor Hugo… Les nouvelles Précieuses Ridicules veulent « faire moderne » comme « faire France », alors elles enlèvent les pierres qui pavent la voie pour que les pauvres petits ne s’estropient pas, sans se rendre compte que le chemin se transforme en marécage et que le cher petit refuse d’avancer et continue à s’enfoncer dans la vase. Enseigner est une mission qui suppose une véritable vocation, l’émerveillement de pouvoir transmettre un savoir qui ne peut être simplement livresque a des jeune parfois angoissés et déroutés par des découvertes, les quelles, si on n’arrive pas à les rendre vivantes, au lieu de les aider à s’enrichir, risquent au mieux de les ennuyer et au pire de les révolter.

Qu’ils soient nés en France ou immigrés, les enfants doivent avoir pour priorité l’apprentissage de la langue du pays où ils vivent ainsi que celui des us et coutumes de cette terre où ils sont. Cela commence par apprendre à lire, à écrire et par savoir compter. Enfant on m’a enseigné à découvrir qu’en Chine, fais comme les chinois!… Pour se lier d’amitié il faut pouvoir se comprendre, ce n’est pas seulement parler la même langue, c’est également connaître les origines, les racines du pays jusque là étranger. Enfants, nous éprouvons tous, souvent, une sorte de dédain alimenté par une paresse bien réelle. Je fus de ceux là, jusqu’à ce que j’ai pu comprendre l’importance magique de ce qu’un bon enseignement m’apportait, comme si tout à coup un miroir me permettait de découvrir tant de choses que la vie peut offrir.

Aujourd’hui des gouvernements successifs, voulant démontrer leur pouvoir à n’importe quel prix sont dépourvus de bon sens et de connaissance des peuples. Ils essaient de renverser des civilisations millénaires qui ont su construire progressivement des savoirs, la Connaissance. Les professeurs, eux-mêmes,sont perturbés. Il faut les comprendre, les aider et les soutenir dans ce qu’ils tentent de faire au mieux. Certes les outils dans l’enseignement ont changé depuis l’époque du tableau noir et de la craie. Il faut donc savoir apprivoiser ces nouvelles technologies de communication, mais ne jamais oublier que l’outil n’est que le prolongement de notre corps et de notre esprit. Ne nous laissons jamais dominer par l’outil aussi magique et fabuleux semble-t-il. Le grand mystère de la vie, c’est l’amour du travail bien fait, le don de soi et le don à autrui. C’est redonner un sens, une valeur à la vie.

La valeur ne réside pas dans une quantité, ni ne sera une marchandise, elle est la qualité de celui qui œuvre et qui sait donner en partage. C’est un échange contre un don et c’est la finalité d’une éducation et d’un enseignement juste. Dans la leçon que nous apporte la Tradition, nous savons que nous sommes tous « enfants » de Dieu, quel que soit le nom que chacun lui donne ou ne lui donne pas.Tuer, détruire apporte certes une fausse adrénaline qui peut nous conduire dans une sombre impasse. Aimons nous les uns les autres et souhaitons que tous les gars du monde puissent se donner la main.   

 

  

armes-du-comte-de-parisParoles d’Henri VII, Comte de Paris et Duc de France.

www.leblogducomtedeparis.fr

Aidez-nous à faire connaître cet article en le partageant sur les réseaux sociaux.