Mgr le Comte de Paris s'exprime sur le futur aéroport de Notre Dame des Landes

Je me souviens avoir aperçu avec la Princesse Micaela, au Brésil, une centrale atomique rongée par la mousse et envahie de lianes. Les ouistitis en avaient fait leur royaume. Cette carcasse de béton n’avait jamais été utilisée. L’énergie hydraulique suffisait déjà largement aux besoins de ce pays-continent. Il n’empêche que ce  projet avorté, dont on se gausse encore, a englouti des sommes  pharaoniques qui auraient été mieux employées ailleurs.

Tout le monde a, également,  en mémoire la catastrophe écologique générée par le barrage d’Assouan. Les ingénieurs russes, en voulant réguler les crues du Nil, ont privé la haute Égypte des limons qui fertilisaient les terres inondées et les bancs de sardines de l’estuaire n’ont plus trouvé les nutriments nécessaires à la vie. Les terres se sont donc appauvries on y a déversé engrais et pesticides  et ainsi détraqué une chaîne écologique qui s’était perpétuée durant  des millénaires. Les sardines se sont évanouies dans l’onde à la  recherche d’autres sources nourricières. La misère du “fellah” s’est  depuis aggravé.

Je voudrai vous conter une autre aberration due, celle-ci, à la cupidité des entreprises du Bâtiment et Travaux Publics, peut-être aussi conjointement à celle de certains édiles locaux, je veux parler de l’aéroport construit au milieu du néant, sur des terres agricoles et forestières et qui ne sera jamais utilisé, car pour atteindre la capitale, Madrid, ou la grande agglomération de Valence il aurait fallu tracer des routes, allonger des lignes ferroviaires, bâtir hôtels et restaurants, en fait saccager un peu plus cette belle terre espagnole. Jusqu’à nos jours nous n’avons jamais vu un aéroport se construire sur les sommets rocheux d’une montagne, mais oui dans la plaine et plus elle est fertile plus le gâchis est considérable et irrémédiable.

A l’origine l’idée était de désengorger le trafic aérien aboutissant à la capitale. L’intention pouvait être louable. Mais la crise est survenue, elle est présente. Le taux de remplissage des aéronefs ne cesse de plonger vers le niveau de la soute à bagages et le coût du projet est devenu tellement prohibitif qu’il a du être abandonné,  mais l’aéroport est toujours là, inutile et vide et la terre est morte. Dans les temps anciens construire des monuments, qu’ils soient Pyramides, Parthénon ou Machupicchu, avait un sens, celui du sacré  qui dépasse parfois l’entendement de certains de nos contemporains et notre guide égyptien d’ajouter :” on ne peut créer de la beauté que  si l’on est libre, ce ne sont pas les esclaves qui ont bâti les  Pyramides  sous le fouet “. Mais quelle liberté? Non pas celle de se  faire valoir mais celle d’une réflexion profonde avant de savoir ce  qui est juste.

De nos jours certains édiles désirent laisser trace de leur passage, non plus sur terre, mais dans l’éphémère d’un pouvoir passager. Or ce lamentable égocentrisme, ou cette vanité a un coût et ce sont les citoyens qui payent tribut pour cet aéroport du “no mans land” Plutôt que de cultiver leur égo pour un passage limité dans le temps, ne devrions nous pas tous comprendre cette Nature nourricière. Dans  la Genèse celle-ci est confiée à notre humanité, et « Celui que l’on  ne nomme pas » dit à l’Adama que nous sommes vous connaîtrez et vous nommerez. Nommer ne veut pas dire sacrifier arbitrairement les ressources de notre belle planète dont nous sommes supposés détenir les clefs.

La voracité et l’appât de l’argent a fait oublier a beaucoup d’entre nous l’importance de maintenir cette richesse d’une terre confiée, oubliant de ce fait les agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs et tous ceux qui par leur travail devraient permettre aux humains ainsi qu’à tout ce qui vit de survivre en harmonie. Et le futur aéroport de Notre Dame des Landes ?

armes-du-comte-de-parisParoles d’Henri VII, Comte de Paris et Duc de France.

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