A l’occasion de la sortie de la série télévisée, consacrée à la duchesse d’Alençon, Sophie de Bavière, décédée tragiquement lors de l’incendie du Bazar de la charité en 1897, le comte de Paris a accordé une interview à propos de son aïeule au journal “L’Echo Républicain”. Avec la nouvelle série événement de TF1, diffusée à partir du lundi 18 novembre, la famille royale de France revit un épisode tragique de son histoire. Jean de France, Comte de Paris, rappelle que l’une des victimes, Sophie de Wittelsbach, dite Sophie de Bavière, duchesse d’Alençon, est l’une de ses lointaines aïeules.

 

Cette série sur Le Bazar de la charité, le 4 mai 1897, à Paris, ayant fait plus d’une centaine de victimes, dont de nombreux représentants de l’aristocratie, est-elle une façon de conjuguer divertissement et connaissance historique ?

C’est une belle manière d’aborder l’histoire, les personnages. C’est dans l’air du temps car les Français sont attachés à leur patrimoine et ses figures historiques comme la duchesse d’Alençon, la soeur de Sissi. Dans l’inconscient collectif, il y a des éléments très intéressants. C’est bien aussi pour la Ville de Dreux qui est très attaché à son histoire, à celle de la famille d’Orléans.

 

La mort violente de la Duchesse d’Alençon dans ce brasier a-t-elle longtemps hantée la famille de France ?

Les tragédies marquent une famille, un peu comme la mort à Neuilly du Duc d’Orléans. La brutalité de l’événement ayant conduit à la disparition de la duchesse d’Alençon a longtemps choqué. Cela fait partie de l’histoire. C’est aussi l’histoire d’un dévouement.

 

Comme son nom l’indique, ce Bazar de la charité était une initiative du gotha de l’époque en faveur de la vente de vêtements et objets à très bas prix pour les plus démunis. Votre aïeule était-elle proche des plus pauvres ?

Sophie de Bavière fait partie de toute une génération de personnes qui avait cet intérêt pour le sort des plus pauvres à travers des actions de charité. C’est l’une des caractéristiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Cela existe encore, je pense notamment à l’action de solidarité de l’Oeuvre des campagnes. Elle permet de financer un certain nombre de choses, dont des voitures ou du matériel pour les curés de campagne.

 

Il paraît que la Duchesse d’Alençon est restée dans le brasier pour sauver des gens. Vous confirmez ?

Elle a effectivement fait sortir un certain nombre de personnes avant de périr dans les flammes. C’était dans son caractère, son état d’esprit. Elle faisait partie d’une famille qui, à plusieurs reprises, a été touchée par la tragédie : la mort de son cousin Louis II de Bavière, disparu peu de temps après son internement, l’assassinat à Genève de sa soeur, l’impératrice Sissi.

 

Elle repose à Dreux, dans la nécropole de Orléans, faisant partie des gisants les plus remarquables. Pourquoi en existent-ils deux, l’un à la chapelle royale et l’autre, l’original, au musée de Dreux ?

Il y a plusieurs éléments de réponses. L’un d’eux, c’est sans doute le souvenir que l’on souhaite garder de cette princesse. Le gisant au musée est plutôt romantique dans sa configuration, il exprime énormément de détresse. Il y a un côté “mort au champ d’honneur”. Pas un seul gisant, présent à la chapelle, n’est comme celui-ci. Même celui de la duchesse d’Orléans a quelque chose d’assez apaisée, alors que celui de la Duchesse d’Alençon, au musée, est plus crispé. C’est pour certaine raison qu’une deuxième mouture, plus soft, avait été commandée. Le premier gisant est resté caché très longtemps dans les caves de la chapelle royale*. Cela prouve peut-être qu’il faut un certain temps pour les familles pour qu’elle accepte une disparition.

 

La série de TF1 est-elle une bonne promotion de la royauté française, en particulier de la famille d’Orléans et de la chapelle royale de Dreux ?

Si la série s’attache à la problématique historique, cela apportera un éclairage différent sur la Duchesse d’Alençon, sa vie, le lieu où elle repose. de toute façon, il est clair qu’un éclairage nouveau apparaît sur la famille d’Orléans. Il y a eu notamment l’émission de Stéphane Bern, Secrets d’Histoire sur Louis Philippe, la visite du Président Emmanuel Macron à Amboise. Par le passé, un certain nombre de personnages de notre famille sont déjà apparus dans des films comme Le Bossu, avec Daniel Auteuil, le duc d’Orléans étant joué par Philippe Noiret. Les références se font désormais plus nombreuses depuis environ 1 an.

 

La médiatisation de la famille de France est l’une de vos missions.

Cela fait partie de mon activité. L’image de la famille a peut-être été griffée ces trente dernières années par des échanges complexes des uns vis à vis des autres. On arrive dans une période d’apaisement. C’est bien, cela permet d’avancer sereinement.

 

Que reste-t-il aujourd’hui du sens du dévouement aux autres qui fut incarné par Sophie de Bavière ?

Mon père, avec sa seconde épouse, avait mis en place un certain nombre d’actions allant dans ce sens. Ma mère s’est occupée de mon frère et de ma soeur handicapés. Plus largement, elle s’est engagée au profit des foyers où ils étaient accueillis. Mon épouse et moi-même sommes très engagés à Dreux, au service des autres. Philomena intervient dans les comités de proximité de la Ville qui réunissent des habitants. A travers l’association Jean de France, nous avons réalisé des actions au profit des jeunes des quartiers dits difficiles afin qu’il aient accès au patrimoine. On leur offre l’occasion de visites à la chapelle royale. Il nous arrive de donner un petit support financier pour que le Secours Catholique puisse réaliser un voyage au profit des plus démunis.

 


Photo Olivier Bohin © Agence DREUX

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