le prince Jean de France

Le pouvoir politique doit veiller à ce que la compétition ne soit pas sans règles ni limites. Dès le XIXème siècle, les catholiques sociaux, comme Albert de Mun et La Tour du Pin, se sont inquiétés des excès nés de la Révolution: elle prétendait libérer l’homme en dissolvant les corps intermédiaires, elle a surtout libéré le capital. Le Comte de Chambord l’a souligné dans sa Lettre sur les ouvriers en avril 1865: l’Assemblée de 1701 ne s’est pas contentée de donner plus de liberté à l’industrie, au commerce et au travail, comme le réclamaient les Français dans les cahiers de doléances,  elle renversa toutes les barrières, et au lieu de dégager les associations des entraves qui les gênaient, elle prohiba jusqu’au droit de réunion et à la faculté de concert et d’entente… La liberté du travail fut proclamée, mais la liberté d’association fut détruite du même coup  par la loi Le Chapelier. Il en concluait qu’il fallait « rendre aux ouvriers le droit de se concerter, en conciliant ce droit avec les impérieuses nécessités de la paix publique ».

C’était bien avant la parution, en 1891, de l’encyclique Rerum Novarum, dans laquelle Léon XIII résume la doctrine sociale de l’Église. Les Orléans aussi ont toujours été sensibles à la question sociale. Le duc de Guise, mon arrière-grand-père, définissait la monarchie française comme une monarchie «sociale, familiale et décentralisatrice». Et mon grand-père a rédigé un essai, Le prolétariat, où il écrit que «la toute-puissance des oligarchies financières a remplacé l’ère des rois protecteurs du travail.» C’était en 1937 !….

Illustration : Les royalistes sociaux sont à l’origine de la législation du travail en France; qui ont déposé le premier projet de loi sur les syndicats (il s’agissait de créer des syndicats mixtes où auraient coopéré ouvriers et patrons); à qui l’on doit, et non aux députés républicains, trop souvent partisans du statu quo, des lois voire des premières propositions de loi sur le repos dominical (1883), sur le salaire minimum légal (1888-1909), sur la réglementation de la durée du travail (1889) et sur la suppression du travail de nuit des enfants et des femmes (1891), sur les retraites (1886), les assurances sociales (1892), les accidents du travail (1893), le patrimoine syndical (1895), etc…

Armes du prince Jean de FranceParoles de Jean de France, Duc de Vendôme

Jean de France UN PRINCE FRANÇAIS

(Chapitre 5 – Justice, page 109)

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