Henri VII: « Vérité et Pouvoir ne peuvent se rencontrer sans l'Amour et le respect »

Invités en début de l’an 2000 dans un couvent de Bourg en Bresse par   la Mère Supérieure, pour faire une conférence, j’avais choisi le  thème de la « sacralité du pouvoir », parce qu’il me semblait que ce  thème pouvait intéresser les religieuses sur le plan qui était le  leur, la prise de conscience du politique et du religieux à un plus  haut niveau. Arrivés en avance la Princesse, mon épouse et moi-même  avons entamé la conversation sur le changement d’ère avec la mère supérieure. Naïvement nous  lui avons rappelé que l’on passait de l’ère du Poisson, symbole du  Christ et des premiers chrétiens, à celle du Verseau symbolisée par  l’Esprit Paraclet. La Mère Supérieure, très belle en dépit de ses  lunettes qui ne cachaient pas la fougue émanant de ses yeux noirs et  qui se réclamait des meilleures relations avec les notables de la  région, fut saisie d’une colère que nous n’attendions pas. Elle nia  cette réalité tout en bloc et finalement elle nous déclara qu’elle  détenait toute la vérité, à elle seule.

C’était sans compter sur l’espièglerie de la Princesse qui lui   racontât un passage de l’un des contes de « La Reine des Neiges » écrit   par Hans Christian Andersen : « les Anges du Seigneur portaient d’un   bout à l’autre de l’univers le grand miroir de la Vérité. Le démons,   par des moyens déloyaux titillèrent les Anges qui finirent par lâcher   le miroir qui se brisa et se répandit en fines poussières sur la   terre. Chaque Potentat, chaque Roi, chaque Chef d’État en reçut dans   les yeux, chaque peuple, chaque être humain en reçut dans les yeux ».   Chacun, où qu’il soit croit être le seul à détenir la Vérité, toute  la Vérité.  Après cet éclat, nous ne fûmes pas conviés aux agapes où  nous étions en principe attendus et les nones avaient reçu consigne  de réciter leur rosaire sous leur scapulaire afin de ne pas écouter  ce que j’allais dire.  Dans la vie, l’homme à sa naissance détient encore son visage   d’éternité. Chacune des cellules de son corps est en effet  dépositaire d’une partie de la mémoire de l’humanité et notre cerveau  reptilien la conserve en son creux. Approfondir cette mémoire est  encore toujours possible, l’éducation et l’instruction, deux  fonctions complémentaires, devraient avoir pour objectif la  possibilité de raviver et retrouver cette mémoire enfouie pour la  faire fleurir. La Vérité et les valeurs qu’elle véhicule sont ainsi  contenues dans la perception de chaque être et l’imprègnent. Elles  n’ont jamais varié en profondeur, mais selon le temps et les époques  elles ont été interprétées de façon différentes.

Lorsque les racines des gens de pouvoir, plantées dans le cosmos,   pourrissent, se coupent de la sacralité et de sa mémoire, la sève ne   circule plus et l’intelligence esseulée ne s’appuie que sur   l’interrogation du néant. Cela peut autant concerner des religieux  que la gouvernance d’un État. Et la France actuelle paraît être   aujourd’hui blessée par cette occultation et ce refus déterminé du   spirituel.  Par ailleurs nous assistons au sein des religions monothéistes,   depuis de nombreuses années, à la montée en puissance d’un intégrisme   religieux, sorte de rétrécissement, de flétrissement de l’esprit.  Ceci me fait penser à ces vieilles figues accrochées à l’arbre et qui  se plissent, se rident, elles se dessèchent faute de sève, faute  d’amour et ne sont plus bonnes qu’à être jetées. Il en est ainsi de  la charia et de la laïcité, cette nouvelle religion nihiliste. A  leur contact , la “vérité” qu’ils se croient être les seuls à détenir  se transmute en totalitarisme et terrorisme semblable à ceux que nous  avons vécu durant la dernière grande guerre, comme ce fut le cas de  l’URSS et du Reich. Cela devient insupportable.  L’Islam tolérant et modéré, celui des Soufis (entre autre) et la   Chrétienté de l’Amour ont existé avant de s’évanouir, momentanément,   dans un épais brouillard. Alors les moutons seront dévorés par les   loups du désert. L’illusion du printemps arabe, auquel l’Occident a   crû un moment a été croqué à belle dent, englouti par les forges d’un   pouvoir extrémiste. Serait-ce la vérité de l’enfer ?

La laïcité qui   tâtonne en aveugle pour construire son pouvoir sur sa “vérité” sortie   d’esprits fumeux, a besoin de ce nouvel islam de torquemadas de   pacotille terrifiante, pour naître et s’affirmer dans un  politiquement correct et une idéologie démagogique. C’est ainsi que  la France s’enfonce. Elle pourrait devenir dans quelques années terre  de “vérité” = dar al islam, si nous ne nous y opposons pas avec force.  Ne désespérons pas. Rien n’est encore perdu. Un nouveau Pape,   François”, nous est échu. Il est Pontife, puissance créatrice et   régénératrice à travers les trois mondes symbolisés par sa triple   couronne et sa croix à trois branches: le monde divin, le monde   psychique et le monde physique, puissance de l’harmonie qui régit   notre univers, à condition que nous ne le refusions pas. Il est   également pontifex, constructeur et passeur de pont. En traversant  cet espace, d’une rive à l’autre :« la nuit devient pareille au jour,  car le monde de l’immensité n’est que lumière» nous enseignent les   Upanishade du Cambodge.  Les religions, de tous temps, s’octroient le droit de pouvoir   comprendre et interpréter les lois Divines du Cosmos et celles de la   Nature, et si proches de pouvoir appréhender ces perceptions, se   croient autorisés à prendre le pouvoir… Mais quel pouvoir? Et   qu’est-ce que l’enfer?

Il n’est pas de religion monothéiste qui n’ait   succombé à un moment donné, au désir forcené du pouvoir avec tous les   meurtres que cela implique. Notre religion Chrétienne y a un temps   succombé. L’Islam djihadiste est à son tour confronté à cette   désespérance. Beaucoup de ses adeptes, souvent analphabètes, croient   suivre le chemin de la vérité  du Prophète. Mais la plupart d’entre   eux ne savent ni lire ni écrire. On peut ainsi leur injecter des   préceptes qui n’ont rien à voir avec leur religion. Ne confondons  nous pas, souvent, la religion avec une véritable spiritualité qui  est commune à tous ?

Par hasard, sur France Culture un matin, mon épouse, la Princesse   entendit l’histoire d’un prophète musulman. Ses mots exprimaient les   mêmes voies, qu’avait fait entendre le Christ quelques  siècles au- paravent , écartant le pouvoir, pour ne parler à son tour qu’avec les   mêmes mots d’amour et de fraternité. Il semblerait d’après le   présentateur de l’émission que ce nouveau prophète subit un sort   semblable à celui de Jésus -il fut lapidé-, car il ne parlait pas de   pouvoir, ce que les gens attendaient de lui, mais d’Amour. Ce la   Princesse a entendu et m’a rapporté nous a fait nous poser la   question: n’y a-t-il pas eu au fil des siècles (nous n’en savons  rien) de saints prophètes envoyés par l’ Innomé pour être le trait  d’union entre le Cosmos et les peuples de la terre et tous traités de  la même façon?  Vérité et Pouvoir ne peuvent se rencontrer, ne peuvent fusionner pour   être source de vie s’il n’existe comme ciment l’Amour et le respect  de l’autre.

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Paroles d’Henri VII, Comte de Paris et Duc de France.

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