Henri VI: "il ne reste plus qu'une chance à la civilisation : la Monarchie"

La république a tout fait pour ruiner la fidélité monarchique dans le cœur populaire. Le pays la conservait pourtant depuis bien des siècles. Il n’est que de voir l’union manifestée chez certains peuples autour de leur famille royale aux heures de deuil ou de crise grave, pour mesurer la grandeur, la force et l’utilité nationale de cette fidélité. On a voulu éteindre à tout jamais le souvenir de ceux qui, par leur effort patient, poursuivi de génération en génération, à travers toutes les embûches, malgré les factions et les guerres, ont opiniâtrement fait la France. On ne s’est point arrêté là. Il n’a pas suffi de souiller un grand souvenir. Poussant la persécution à l’extrême, la république a étendu sa haine aux personnes physiques. Elle a exilé les chefs de famille ayant régné sur la France, ainsi que leurs descendants. Aux heures les plus tragiques, cette intransigeance s’est maintenue. Pendant la guerre de 1914, mon père n’a pas été autorisé, comme il le demandait, à servir dans les rangs des troupes de son pays.

Mais les hommes passent et les institutions demeurent. Malgré les persécutions, malgré les trahisons, malgré l’exil, la monarchie continue de se préparer, elle continue de servir, elle continue d’aimer son pays de toutes ses fibres. D’ailleurs, peut-être, cette longue proscription n’aura-t-elle pas été inutile. Elle aura permis au régime actuel de démontrer totalement sa malfaisance et de détacher de lui, dans tous les milieux, l’élite de ceux qui lui avaient donné leur approbation la plus chaleureuse et l’adhésion de leur cœur.Elle a permis également au communisme et aux régimes autoritaires de démontrer qu’ils faisaient reculer la civilisation et que leur existence, maintenue par la contrainte, ne répondait pas à la mission essentielle du pouvoir qui est de rendre les hommes heureux. Entre ces régimes déchus, ou sur le point de l’être, il ne reste plus qu’une chance à la civilisation : la monarchie. Nous sommes l’avenir. Nous avons fait l’histoire et, par un juste retour, lorsque nous n’avons plus été la, nous avons bénéficié de ses leçons. C’est de tout notre coeur que nous venons dire au peuple :

« vous avez connu, pendant un siècle de libéralisme, le pouvoir de l’argent. Vous avez compris qu’il n’en est qu’un qui puisse le vaincre, celui qui ne tire pas son origine de l’argent ; qui est d’ordre moral et non d’ordre matériel. On vous a pris vos chances, votre liberté, votre dignité. Plus encore, on a supprimé la fonction du travail. Or, c’est de lui que tout vient. C’est lui qui créé, qui organise, qui distribue, qui prévoit et va au-devant de l’avenir. Le drame social actuel vient de ce que le travail, considéré comme une chose, est loué par le capital. Demain tout devra être remis à sa place par le roi. Il pourra le faire avec vous. De même qu’il s’est allié autrefois aux habitants des villes pour abattre les féodaux et constituer l’État, il s’alliera encore, et pour toujours, avec vous contre les méfaits du capitalisme. Pour cela, il a une méthode sûre : l’organisation corporative. Son but, vous le savez maintenant, c’est de réaliser le contraire de l’injustice à laquelle on est parvenu aujourd’hui : de faire que, désormais, le capital joue son véritable rôle en se plaçant au service du travail. »

Lorsque cette grande tâche sera accomplie, lorsque les travailleurs ont été mis à même de discuter librement avec les chefs d’entreprise, lorsqu’ils auront compris la valeur des libertés et celle de la responsabilité, alors et alors seulement on pourra dire qu’il n’y a plus de problème social. En face du communisme changé, à cette époque, en démocratie libérale, et des états totalitaires, sans doute revenus à la monarchie, la France de nouveaux à l’avant-garde du monde, offrira le spectacle d’une union indestructible entre tous ses fils. Une aristocratie nouvelle s’y édifiera peu à peu ; celle des plus compétents et des meilleures. La notion de service sera replacée à son rang. Toutes les propositions sociales ou politiques existantes seront liées à une fonction dans l’exercice comportera des devoirs et des droits. Dans un tel régime, les élites naîtront tout naturellement du travail. Elles constitueront la noblesse du XXe siècle.

armes-du-comte-de-parisParoles d’Henri VI comte de Paris (1908-1999)

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