Henri VI : « L'histoire de la monarchie française, a été travestie par l'école de la république »

Il est difficile à nos contemporains de juger avec sérénité la monarchie de l’ancien régime. Son histoire, celle de la France, a trop souvent, en effet, été travestie par des analystes partisans et intéressés. Un grand nombre de préjugés et de légendes déconcertantes ont été répandus. La calomnie a fait son chemin. À tout enfant l’école, les relations orales, les lectures ont communiqué des idées fausses à l’égard de notre tradition nationale. Depuis 1875 notamment, cette campagne systématique et profonde de déformation du passé se poursuit inlassablement, facilitée par l’exil inique auquel ont été condamnées les prétendants au trône de France. Faut-il maintenant rappeler ce que furent en fait les rapports du roi et du peuple? à cet égard, le pire a été dit. Depuis la sanglante révolution de 1789, on va partout racontant que les rois étaient des monstres et des tyrans, qu’ils avaient perdu tout contact avec le cœur de leur sujet…

Combien de paroles de nos rois démentent cet enseignement républicain ! « Aie le cœur doux et piteux aux pauvres“, dit Saint-Louis à son fils. « garde-toi de trop grandes convoitises et n’accable pas ton peuple de trop grandes tailles et subsides, si ce n’est par nécessité de disputer ton royaume. Fait justice et droiture à chacun, tant aux pauvres qu’aux riches ; soit loyale à tes sujets, sans tourner à droite ni à gauche. Maintien franchises et libertés, les tenants en faveur et amour. Garde-toi de provoquer la guerre sans grand conseil et nécessité. »

« Le palais du roi, écrit François Ier, doit être ouvert à tous ses sujets : ils sont ses enfants. » Et, parlant du pouvoir, il précise qu’il lui a été dévolu «pour la modération, direction et protection de tous les états du royaume : spécialement pour la conservation et la défense de l’État commun populaire, qui est le plus faible, le plus humble et plus bas et moins commerçant de tous les autres états, et, par ce, plus aisé à fouler, opprimés et offenser , et a naturellement plus grand besoin que tous les autres de bonne garde, support et défense ». Henri IV raille ces rois qui font les dieux et ne se montrent qu’une fois l’an à leur peuple. « vive Dieu !» S’écrie-t-il, « s’en prendre à mon peuple, c’est s’en prendre à moi. » Quant à Louis XIV,qui a été représenté comme un personnage hautain, majestueux, détaché, n’a-t-il pas écrit dans ses mémoires : « je donnais à tous mes sujets, sans distinction, la liberté de s’adresser à moi à toute heure, de vive voix et par placets. » Aucun historien ne saurait contester qu’il s’est toujours efforcé de conserver ce contact avec le peuple. Le dimanche au sortit de la messe notamment, l’approchait qui voulait.

armes-du-comte-de-parisParoles d’Henri VI comte de Paris dans  « Le Prolétariat » en 1937

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