Une leçon de Jeanne d'Arc Les royalistes fidèles à la branche légitime des Orléans utilisent souvent l’exemple de sainte Jeanne d’Arc pour justifier qu’une branche issue de la famille de France mais devenue étrangère ne puisse être dynaste en France. C’est là un argument important. La Pucelle, obéissant aux voix divines, ne voulait pas qu’un prince anglais, nonobstant des prétentions non moins solides juridiquement que celles de Charles VII, ne devienne roi de France. Mais ce n’est pas là la seule leçon de Jeanne. Parmi de nombreuses autres, je voudrais en exposer une que nous avons tendance à oublier.

Lorsqu’il s’est agi pour elle de combattre, elle n’a pas tenté de lever une armée en Lorraine pour combattre au nom du roi. Si elle va voir Robert de Beaudricourt, ce n’est pas pour le remplacer comme représentant du roi. Ce n’est pas non plus pour lui demander de lever une troupe. C’est pour qu’il l’aide à rejoindre le Dauphin. Elle se met aux ordres du prince. Bien sur elle le conseille, le presse même de se porter au secours d’Orléans. Mais c’est le roi qui lui donne cette mission et lui confie une armée. Si elle tient son autorité de Dieu, son pouvoir lui vient du roi. Quand la fortune de Jeanne tourne-t-elle ? Lorsque, lasse de l’inaction imposée par Charles VII, elle reprend les armes et part, sans son soutien, combattre l’ennemi. Et elle se fait capturer à Compiègne.

Quel enseignement en tirer ? Le combat pour le roi ne peut se faire sans le roi et encore moins contre lui. Ne faisons-nous pas comme Jeanne à Compiègne lorsque nous militons, au sein de structures indépendantes des princes, sans seulement leur demander leur avis ni même nous soucier de ce qu’ils en pensent ? Et ne sommes-nous pas condamnés au même échec qu’elle alors qu’elle réussissait dans ses entreprises lorsqu’elle était soumise au roi ? J’en conclurai qu’il conviendrait à un royaliste de travailler sous les directives des princes, dans les structures qu’ils mettent en place. Depuis très longtemps les royalistes s’organisent en mouvements divers, militent et travaillent non seulement en dehors des princes mais sans prendre leur avis ni même leur rendre compte de ce qu’ils font. Parfois leur action est contradictoire avec la leur. Et ils s’ils se targuent quelque fois de donner des leçons à l’héritier, ils ne le font pas comme des conseillers exposant leurs vues au roi en s’abstenant de le critiquer s’il ne les suit pas, mais publiquement, sans craindre de les malmener parfois.

L’Action française avait déjà cette attitude. Lorsque feu le comte de Paris, en 1926, la condamnait, il ne faisait que prendre acte d’une rupture dont la responsabilité ne lui incombait pas. Si cela avait été profitable à la cause royale, nous ne pourrions que nous en réjouir. Mais tout comme Jeanne échoua lorsqu’elle se sépara du roi, les mouvements royalistes ont échoués, la restauration n’étant pas moins lointaine en ce début du XXIème siècle qu’au siècle précédent. Dès lors que faire ? La leçon semble claire. Le comte de Paris comme le prince Jean ont monté leurs structures. Chacun mène son action. Mettons-nous donc à leur service. Conseillons-les mais suivons leurs consignes, même si elles nous déplaisent. Conduisons-nous en royalistes, pas en républicains. La cause royale devrait en profiter. (Texte de PVO)

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