Lorsque le Comte de Paris, Philippe VII de France meurt le 8 septembre 1894, son fils le Duc d’Orléans devient Philippe VIII de France. Afin de pérenniser la dynastie, le nouveau chef de la Maison royale de France décide de se marier. Cependant, aucun souverain, par crainte de mécontenter la République française,  n’est prêt à donner une de ses filles en mariage au prétendant au trône de France .

 

C’est la princesse Clémentine d’Orléans, tête politique de la famille et infatigable marieuse, qui propose la candidate : sa propre petite-fille, l’archiduchesse Marie-Dorothée, issue d’une branche cadette de la Maison de Habsbourg-Lorraine. Celle-ci étant membre d’une branche cadette de la Maison impériale, un tel mariage ne peut mettre à mal les relations austro-françaises d’autant plus que l’Autriche-Hongrie est déjà officiellement l’alliée de l’Allemagne. Âgée de presque 30 ans, l’archiduchesse fait figure de vieille fille et a peu de chances de trouver un autre soupirant que son cousin, l’héritier du trône de France. Elle ne peut qu’acquiescer.

 

Le mariage est célébré le 5 novembre 1896 à Vienne, dans la chapelle du palais impérial en présence de l’Empereur François-Joseph Ier et des plus grands noms de la haute aristocratie française. Afin de signifié haut et fort, que l’archiduchesse allait devenir par mariage, de jure reine de France, la veille de la cérémonie,  la duchesse de Luynes, remis à la futur mariée au nom du Comité des Femmes de France, une couronne royale de France réalisée par J. Chaumet.

 

Le mariage de Marie-Dorothée et de Philippe VIII de France fait, pour un temps, renoncer le Prince aux grandes expéditions dont il était coutumier. Mais Philippe VIII conserve tout de même son goût des voyages et il se lance, dès 1897, en compagnie de son épouse dans des croisières méditerranéennes à bord du yacht Maroussia. Le couple séjourne notamment au Palais d’Orléans à Palerme où il reçoit le Gotha notamment le Kaiser Guillaume II d’Allemagne et la Kaiserin.

 

Mais, les années passant, la duchesse d’Orléans se révèle stérile. Les relations du couple se dégradent et le prétendant décide de reprendre ses expéditions outre-mer tandis que Marie-Dorothée passe de plus en plus de temps, en Hongrie dans le château de sa famille. En 1906, Philippe tente de renouer avec son épouse et se rend auprès d’elle afin de la convaincre de s’installer avec lui au Manoir d’Anjou, près de Bruxelles. Peine perdue, la duchesse d’Orléans refuse tout net et le Prince doit reprendre sa vie de solitaire.

 

La décision de la duchesse d’Orléans est si ferme que, lorsqu’en 1914 éclate la Première Guerre mondiale, elle décide de rester en Hongrie, pays allié de l’Allemagne. Pour le chef de la Maison royale de France, cette trahison de la France, par celle qui est de jure « reine de France », était impardonnable et le couple se sépare dès le retour de la paix.

 

Philippe VIII de France meurt le 27 mars 1926 des suites d’une congestion pulmonaire doublée d’une variole attrapée en Égypte. Le Duc de Guise Jean III de France devient le nouveau chef de la Maison royale de France. La duchesse d’Orléans quant à elle mourut en 1932 à Alcsút en Hongrie. Aujourd’hui, la séparation du Duc et de la Duchesse d’Orléans reste visible par-delà la mort. La duchesse d’Orléans est en effet enterrée dans la crypte de la chapelle du château d’Alcsút, tandis que le Duc d’Orléans lui est inhumé à la Chapelle royale de Dreux.

 

(Cliquez sur les images pour les visualiser)

Aidez-nous à faire connaître cet article en le partageant sur les réseaux sociaux.