La princesse Marie-Isabelle d’Orléans, née María Isabel de Orleans y Borbón est née le à Villamanrique de la Condesa, près de Séville. Elle est la fille aînée d’Antoine d’Orléans, duc de Montpensier puis duc de Galliera et infant d’Espagne, et de son épouse l’infante d’Espagne Louise-Fernande de Bourbon, ce qui fait de la princesse Marie-Isabelle, une infante d’Espagne petite-fille de deux souverains. Par son père, elle descend en effet du roi des Français Louis-Philippe Ier et, par sa mère, du roi d’Espagne Ferdinand VII. De 1833 à 1851, sa mère fut l’héritière de sa sœur la reine Isabelle II, ce qui faisait de Marie-Isabelle la seconde dans l’ordre de succession au trône jusqu’à la naissance de sa cousine l’infante Isabelle, premier enfant de la reine.

 

Son mariage avec l’héritier du Trône des Français

, l’infante Marie-Isabelle épouse son cousin germain, Philippe d’Orléans, comte de Paris, prétendant au trône des Français sous le nom de « Louis-Philippe II » puis héritier légitime du trône de France sous le nom de « Philippe VII de France ». Le mariage princier a lieu le , à Kingston, au Royaume-Uni, il est célébré en présence de la grand-mère des deux époux, la reine Marie-Amélie. Le couple, qui ne tarde pas à donner naissance à de nombreux enfants, partage alors sa vie entre la résidence du comte de Paris à Orléans House, Twickenham, et celle de son épouse à Villamanrique de la Condesa, en Andalousie. 

 

Retour en France

En vertu d’un décret du , qui interdit le territoire français aux Orléans, le Comte et la Comtesse de Paris vivent de 1864 à 1871 en Angleterre, où le dernier roi des Français Louis-Philippe Ier a choisi de s’exiler après 1848.

 

En 1871, à la suite de l’abrogation de ce décret, le prétendant et son épouse rentrent en France et résident alternativement à l’hôtel Galliera (futur hôtel Matignon), dont le rez-de-chaussée est mis à leur disposition par leur amie la duchesse de Galliera, et dans leur domaine du château d’Eu. Après l’échec de la restauration du comte de Chambord et son exil, les orléanistes, qui sont majoritaires à l’assemblée, votent pour un président monarchiste, Patrice de Mac-Mahon, qui dirigerait l’exécutif jusqu’à la mort du comte de Chambord en exil, après quoi le comte de Paris pourrait devenir le nouveau « roi » sous le nom de « Philippe VII ». Ce projet ferait ainsi de Marie-Isabelle une potentielle reine de France. Mais après le renversement de la majorité royaliste au profit d’une majorité républicaine, le président Mac-Mahon est contraint à la démission en 1879. Malgré cette nouvelle majorité républicaine, les Orléans restent en France et espèrent toujours une restauration monarchique.

 

Le 24 août 1883, le Comte de Chambord meurt à l’âge de 63 ans sans enfant, son cousin Philippe d’Orléans, comte de Paris, devient le nouvel héritier légitime du trône France, sous le nom de Philippe VII de France et la princesse Marie-Isabelle,  devient de jure la nouvelle reine de France.

 

En 1885, lors des élections législatives d’octobre, les royalistes obtiennent 73 sièges, soit 31 de plus par rapport aux législatives de 1881. Cependant, le , une nouvelle loi d’exil est votée en France, à la suite de la réception fastueuse que le comte et la comtesse de Paris offrent à l’hôtel Galliera pour les fiançailles de leur fille Amélie d’Orléans, avec le prince héritier du Portugal. Les Orléans s’exilent alors au Royaume-Uni.

 

Exil et fin

En 1894, Philippe VII de France décède en exil au château de Stowe House, dans le Buckinghamshire, en Angleterre, et sa veuve lui survit 24 ans. Pendant les dernières années de sa vie, Madame la Comtesse de Paris séjourne régulièrement dans sa propriété andalouse de Villamanrique ou dans son domaine auvergnat du château de Randan. En 1915, elle organise d’ailleurs dans cette propriété un hôpital militaire pour soigner les soldats blessés.

 

En 1919, elle s’éteint dans la résidence des Orléans d’Espagne, au palais de Villamanrique de la Condesa, près de Séville. Inhumée dans la chapelle Saint-Charles-Borromée de Weybridge, Surrey, sa dépouille ainsi que celle de Philippe VII de France ont été transférées en 1958 à la chapelle royale de Dreux (déambulatoire côté nord).

 

Son Altesse Royale la Comtesse de Paris, infante d’Espagne, Marie-Isabelle d’Orléans, en images

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Les archives de la maison royale de France

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