Ce samedi 7 décembre, le chef de la maison royale de France, Monseigneur le Comte de Paris, était invité par la Marine Nationale, à assister à  la cérémonie de remise de fanion de la promotion “Amiral de Joinville”. Le maire de Neuilly et le commandant de la Marine à Paris ont tenu à inviter le chef de la maison royale de France et honorer ainsi une dynastie qui a contribué à l’essor de sa marine durant la monarchie de juillet.  

   

Devant les 30 marins de la première promotion de la préparation militaire marine (PMM) “Amiral de Joinville”, l’héritier des rois de France a prononcé un discours en présence des autorités militaires de la “Royale” sur le parvis du théâtre des Sablons à Neuilly-sur-Seine.  

   

Voici le discours prononcé par Monseigneur le Comte de Paris :


Monsieur le Maire,

Amiral,

Mesdames et Messieurs,

 

La cérémonie d’aujourd’hui me touche à beaucoup d’égards.

 

Elle me touche d’abord en tant que descendant du prince de Joinville qui donne son nom à cette nouvelle Préparation Militaire. Comme ses frères il a été fidèle à son pays tout au long de sa vie. C’est un exemple admirable pour nous tous et pour les futurs stagiaires.

 

Elle me touche ensuite parce que j’admire particulièrement le roi Louis-Philippe, et que c’est ici à Neuilly, dans un domaine dont la ville est l’héritière qu’il a passé ses jours les plus heureux auprès de ses enfants et de sa femme.

 

Un lien au passé avec ceux qui nous ont précédé et qui ont donné leur vie pour leur pays tout au long de notre histoire.

 

Mais aussi un lien au présent que nous avons pu ressentir dans la tristesse lundi dernier aux Invalides ; que nous pouvons ressentir dans l’enthousiasme cette après-midi au cœur de la ville de Neuilly-sur-Seine.

 

Merci à M. Fromantin d’avoir pris l’initiative de cette belle aventure. Merci à la Marine Nationale de perpétuer cette relation forte entre l’armée, la Nation et notre Histoire.

 

Vive la promotion Joinville

Vive la France


 

 

Le prince de Joinville, François d’Orléans, fils de Louis-Philippe Ier d’Orléans, prince du sang, fera ses classes respectivement à Toulon, avant de rejoindre brièvement la Corse, la Toscane, Naples et enfin Alger. Passionné par la Marine, il participera à la conquête des côtes barbaresques, future Algérie française. Voyageur infatigable, très populaire parmi les marins, le fils du roi des français s’illustre encore au Mexique et conduira le retour des cendres de l’empereur Napoléon Ier en 1840.

   

Marié à la princesse impériale du Brésil, Françoise de Bragance, il devient contre-amiral en 1843. Volontiers politique, il est un des rares princes à s’opposer à la politique du président François Guizot, président du Conseil jusqu’à la chute de la monarchie. Exilé, on pense alors à lui en 1852 afin qu’il prenne la présidence de la seconde république.Il faisait consensus face à Louis-Napoléon Bonaparte qui finit par s’emparer du pouvoir et proclamer le second empire.

   

Il participe à la guerre de sécession du côté du nord anti-esclavagiste et rejoint le duc de Chartres et le comte de Paris, Philippe (VII) d’Orléans, tous deux ses neveux engagés dans l’armée yankee. Il a d’ailleurs été croqué dans le n”53 des “Tuniques bleues”, principal personnage de l’album intitulé “Sang bleu chez les Bleus “. A la chute du second empire, il est élu député de Seine et Marne en 1871. La loi d’exil en 1886 le forcera à l’exil une nouvelle fois, entamant le dernier chapitre d’une vie qui aura été tumultueuse.

   


Merci à Frédéric de Natal

Photos:  David Nivière / Photos: Jérôme Besnard / Photos : Marine Nationale

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