Nombre de campagnes électorales nous ont démontré la pauvreté de l’esprit des partis face à l’urgence. L’ensemble des indicateurs sociaux et économiques nous crient la nécessité de changer en profondeur notre société, mais ceux qui prétendent en avoir le pouvoir ne pensent qu’aux enquêtes d’opinions et aux coups de communication. La pente naturelle de la servilité nous entraîne vers un avenir qui n’aura rien à envier aux totalitarismes du passé. Faut-il que le futur se conjugue déjà au présent pour ne plus avoir peur de son ombre ?

L’avenir appartient à ceux qui agissent. C’est à nous de redonner son rang à notre pays, d’affronter une globalisation que nous n’avons pas voulue.La France millénaire ne peut perdre son identité. Il est encore temps. Choisir son destin implique de refuser une vision officielle de passé.

La liberté n’est pas née en 1789, mais il est vrai qu’elle a, cette année-là, changé de sens. Auparavant ce mot, souvent pluriel dans son acception politique, évoquait les « franchises et privilèges » que chaque communauté humaine, ville, ordre ou corporation, avait amenée à négocier avec son seigneur ou son suzerain à travers le temps. Ces libertés étaient autant de chartes ou contrats, d’engagements réciproques, écrits ou non écrits, dont la somme constituait la France, par opposition aux empires despotiques. Un modèle d’État de droit qui savait évoluer dans le temps. Faute d’avoir su renégocier ces libertés en 1789 pour se réformer, de gré à gré, sous l’arbitrage du roi qui les y invitait depuis des années, les corps constitués en furent réduits à s’autodissoudre devant la nouvelle définition de la liberté, inspirée de l’idéologie philosophique du temps des « Lumières », qui rattache le concept de liberté à l’individu et non plus au groupe. Cette nouvelle liberté n’est ni contractuelle ni négociable, elle s’affirme désormais comme créatrice et comme objet du politique.

Nous nous trouvons dans la même situation bloquée qu’en 1789. Si nous ne parvenons pas, dans l’urgence, à faire évoluer la société, tout comme la prise de conscience des Français, nous risquons de reproduire le même terrifiant schéma de 1793, en donnant libre cours à des débauches d’énergies destructrices. Les choix à faire ne concernent plus seulement la France, mais aussi l’Europe, ce continent malade de son obésité technocratique dénué de toute stratégie politique (au sens noble).

Monseigneur le comte de Paris, de jure Henri VII de France

« La Royauté de l’Homme », aux presses du Châtelet

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