Voici la préface de Monseigneur le Duc de Guise au livre de son fils, le Comte de Paris, « Faillite d’un régime, essai sur le gouvernement de demain » (1936). À y regarder de plus près, ce texte aurait pu être écrit en 2018…

 

« L’atmosphère est de plus en plus troublée. Le désarroi des esprits, la confusion des idées, la crise morale, la crise économique ont produit leurs conséquences. Les effets sont sortis des causes. La vie de la nation languit sous la menace et pourrait être mise brusquement en danger. Ceux qui, par leur position, ont la charge de la sécurité de la France doivent prendre leurs responsabilités. Pour moi, prêt à apporter au pays, en même temps que mes services, les services de mon fils, le Comte de Paris, je dois moi-même, comme chef de ma Maison, de rappeler aux Français les principes essentiels de la vie nationale.


Notre peuple ne peut vivre dans le désordre. Le mal qui l’affaiblit ne tient pas à un défaut permanent de la race française. Souvent, au contraire, elle a fait preuve de ses vertus. Mais il n’y a pas de force sans ordre, pas d’ordre sans hiérarchie, pas de hiérarchie sans discipline, pas de chef sans obéissance. Telle est la loi même sur laquelle se fonde la Monarchie héréditaire, et devant laquelle il n’est pas de Français qui puissent refuser de s’incliner. Reste à coordonner et à diriger de haut les différentes énergies. J’ai confié au Comte de Paris une tâche qui exige toute l’ardeur d’une attention jeune et éclairée, afin de préparer par là les éléments et les voies d’une nouvelle grandeur française. Cette action nécessaire à un si vaste dessein, je suis assuré que mon fils la mène avec la fermeté et la dignité naturelles aux héritiers de la dynastie qui, dans la collaboration fidèle et dans le grand amour du peuple, a, durant huit siècles, rassemblé, construit, maintenu et développé la France.


« La Monarchie, ai-je dit, n’est pas un parti ». Parce que les rois voulaient être publiquement les rois de tous, reconnaissants à tous de leur attachement, ils n’ont jamais voulu être en particulier les hommes de quelques-uns. Mon fils, le Comte de Paris, a, suivant ma pensée, défini très exactement cette vérité de toujours qui ne saurait être oubliée, méconnue ou obscurcie aujourd’hui.

C’est autour des Princes que tous les royalistes, d’un commun cœur et s’unissant à l’âme de la Patrie, ont à se serrer pour reprendre utilement l’Œuvre Capétienne. Dans une Monarchie adaptée aux besoins du temps, si Dieu le veut, à l’heure du destin, nous viendrons de l’exil continuer l’histoire de France »

 

Monseigneur le duc de Guise, de jure Jean III de France
En exil, 1936.


Merci à Matthias Samyn pour le partage

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