La porte de Paris est une des portes des anciens remparts de la ville de Lille. Reconstruite à la fin du XVIIe siècle en arc de triomphe pour célébrer les victoires de Louis XIV, elle est parfois considérée comme un chef d’œuvre de l’art militaire. Elle est classée monument historique en 1875.

 

Histoire d’un monument royal

À cet emplacement s’élevait initialement la porte des malades. Cette porte était la sortie sud de la ville dans le prolongement de la rue des malades, actuelle rue de Paris axe principal du quartier Saint-Sauveur. Le 28 août 1667, après un siège de 10 jours, Louis XIV entre dans la ville par cette porte et reçoit du « Magistrat de Lille » les clefs de la cité. Un an plus tard, au traité d’Aix-la-Chapelle, Lille devient française. Louis XIV témoigne un certain intérêt pour la ville et commande à l’architecte Simon Vollant la construction de la porte de Paris pour remplacer la porte des malades. Elle est édifiée de 1685 à 1692, en mémoire du rattachement de Lille à la France.

 

Description du monument

Sa structure comporte deux façades différentes, l’entrée et la sortie de la ville. Un couloir voûté au niveau du rez-de-chaussée de la porte avec son pont-levis permettait l’accès en ville du temps des fortifications.

En façade, en entrant dans la ville, l’arc apparaît composé de trois parties : une partie centrale et deux ailes ornées chacune par une figure mythologique encadrée par deux colonnes de style dorique. La massivité de cette porte évoque la rigueur militaire. Cet aspect est dû notamment la faible taille de l’ouverture de la porte à laquelle on accède par le pont-levis, l’ensemble jouant encore à l’époque un rôle défensif, ce qui le fait considérer comme « l’un des derniers chefs d’œuvre de l’histoire militaire ».

En partie centrale, au-dessus du couloir voûté, on peut observer les armoiries sculptées de la ville de Lille et juste au-dessus l’écusson royal ; mais 32 mètres plus haut, les figures baroques de son faîte dont deux anges, deux allégories de la « Renommée » sonnant la victoire de Louis XIV suggèrent les fastes de la cour. Au centre du faîte, l’allégorie de la « Victoire » est représentée au milieu de drapeaux, son bras droit levé, prêt à déposer une couronne sur la tête du Roi Soleil, Louis XIV.

À gauche de la partie centrale, est représenté Mars, le dieu de la guerre ; à droite, Hercule, symbole de force.

La porte de Paris est entourée d’un parapet en pierre sur lequel sont serties des grenades (ou bombes) en fonte depuis 1895 selon les photographies d’époque. Le temps et le vandalisme ont fortement détérioré ces décorations guerrières. Dans le cadre de la restauration de la porte engagée pour l’opération « Lille 2004 (capitale européenne de la culture) », la restauration des Grenades est confiée au département de Fonderie de l’École des Arts et Métiers ParisTech, spécialiste de la fonte d’art.

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Le Royaume de France en images

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