Contrairement à ce que certains font semblant de croire, l’instauration d’une Monarchie en France ne peut se
concevoir comme un retour en arrière ou une nostalgie médiévale, mais plutôt comme la suite de l’Histoire politique, Républiques et Empires compris, et cette nouvelle Monarchie n’a pas vocation à
régler des comptes mais à être ce « liant » qui manque à notre Histoire, au-delà de ses guerres civiles et de ses querelles partisanes.
La continuité apportée par la Monarchie n’est pas une rupture mais l’aboutissement, après de multiples expériences parfois malheureuses voire dramatiques, d’une Histoire institutionnelle et le résultat d’une réflexion sur la nature du Politique et la nécessité de lui redonner ce souffle nécessaire à l’endurance française : incarner la continuité des histoires françaises, sans rien négliger des erreurs et des bonheurs, des gloires et des crimes des différents régimes qui ont occupé, parfois indûment, la tête de l’Etat, telle est la grande qualité d’une Monarchie « unificatrice » qui n’aura pas forcément besoin de vandaliser ce qui l’a précédée ou remplacée durant les deux derniers siècles pour « être et durer »…Lire la suite
De multiples questions
sont posées aux royalistes, en particulier sur ce que serait la Monarchie ré-instaurée, ou en quoi elle serait différente de l’actuel régime en place : il est vrai que, au début du
quinquennat, certains voyaient en M. Sarkozy un monarque que, pourtant, il n’a jamais été ni ne peut prétendre être, au regard même de l’histoire et de la tradition monarchique française.
La monocratie n’est pas la Monarchie !
Rappelons quelques éléments simples : tout d’abord et contrairement à ce que l’on pourrait croire par une trop rapide lecture des institutions, la Monarchie n’est pas forcément l’antithèse de tout ce qui fait une République aujourd’hui, bien sûr, mais elle a des fondations et souvent des fondements, des raisons d’être et d’agir différentes, ne serait-ce que par définition : quand la République (comprise ici dans un sens restrictif, historiquement et politiquement, et particulièrement dans notre pays) est « l’absence de Roi » (suivant la formule d’Anatole France), la Monarchie se caractérise, au regard du cas français et des exemples européens, par la règle de la transmission héréditaire de la magistrature suprême, du père au fils dans la meilleure configuration, règle résumée par deux formules que les légistes français ont souvent rappelée : « Le roi est mort, vive le roi ! » et « le roi ne meurt jamais », cette dernière formule rappelant que « l’Etat demeure toujours » (Louis XIV sur son lit de mort), au-delà de la mort physique de son dépositaire du moment. Lire la suite
Doit-on se
résigner à cette « présidentielle permanente » qui paralyse l’action de l’Etat depuis de trop longs mois et qui se déroule même au sein du gouvernement, comme si 2012 n’était que la
seule vraie préoccupation des politiques de notre pays ? Le remaniement d’hier n’est qu’une mise en ordre de bataille pour l’échéance de l’an prochain, avec jeu de chaises musicales et
tentatives de récupération des uns pour diviser les autres (en particulier les centristes), alors qu’il aurait pu être l’occasion de quelques changements pour affronter les véritables enjeux
autour, entre autres, de la question financière et de celle de l’Union européenne.
Je vois aussi dans cette « présidentielle permanente » l’un des drames de notre vie politique, car les vrais débats, les plus importantes confrontations
d’idées se ramènent toujours, en fin de compte, à cette question : « A qui la place, la première place dans notre République ? ». C’est d’ailleurs, a contrario, l’une de mes
fortes raisons d’être royaliste : pour libérer notre vie publique de cette question entêtante, confions la première place, la magistrature suprême de l’Etat à qui ne la demande pas, ne la
désire pas, mais la trouve, en possible et potentiel héritage, dans son berceau, par le simple fait de sa naissance et de la mort, un jour ou l’autre, de son prédécesseur. La formule « Le
roi est mort, vive le roi » symbolise à la fois la plus naturelle et la plus rapide des transmissions politiques, sans jeu de partis ni de clientèles : c’est un avantage certain et une
économie non moins certaine, en particulier de promesses et de démagogie…
Lire la suite
LeLibrePenseur nous
expose l'option de la Monarchie comme Plan B possible dans une situation d'Etat en déliquescence, de révolution ou de corruption ultime comme nous la vivons actuellement.
Pour voir la vidéo: Ici
Il est aussi un élément qui fait de la Monarchie royale et non-élective une « valeur ajoutée » pour le pays,
c’est son caractère familial : le roi n’est pas un homme seul, il est à la fois fils et père, et c’est la reine qui « fait » le roi, en son sein, montrant que ce régime est, là aussi, le plus
naturellement, le plus rigoureusement « humain ».
Dans notre temps et notre monde, quels sont les éléments qui donnent une « valeur ajoutée » à la Monarchie et en font, non pas seulement une option « sympathique » mais une
nécessité politique ? Tout d’abord, il convient de préciser que, si nous ne méconnaissons pas les monarchies étrangères (elles-mêmes aussi variées que les
formes de République sur la planète, et diversement appréciées, à ce titre, par les royalistes français), il s’agit de traiter du cas français, de la particularité et de la personnalité de notre
pays et de son histoire à nulle autre pareille : la Monarchie française, si elle a pu lorgner ses voisines, n’en a jamais fait des modèles à suivre tout comme les monarchistes, s’ils ont pu (et
peuvent) s’enthousiasmer pour ou s’appuyer sur des exemples étrangers qui confortent leurs thèses, n’en tirent que des leçons et des illustrations sans en faire des « obligations », ce qui serait
contraire au sens même de la tradition royale française, indépendante par excellence de toute puissance extérieure.
Bien sûr, la Monarchie semble lointaine dans notre histoire nationale puisque le dernier roi en exercice, Louis-Philippe, a quitté les Tuileries en 1848 et que le trône fut alors réduit en cendres par des émeutiers qui allaient, sans le savoir, amener au pouvoir, quelques mois après, celui qui fut à la fois le premier président élu au suffrage universel masculin et le « second empereur » dont la dictature bonhomme allait mener à la défaite de Sedan et à l’occupation de la France par les troupes prussiennes … Lire la suite de cet article
Confier la magistrature suprême à un roi qui s’est juste donné la peine de naître, n’est-ce pas injuste ? Notre République nous a habitué à élire notre Chef de l’Etat et voir cette
responsabilité nous échapper au profit du hasard peut paraître frustrante : mais en nous ôtant ce choix, n’est-ce pas, en fait, le meilleur moyen de concilier tout le monde sans diviser sur des
noms de partis ou de personnalités dont la plus grande dépense d’énergie est consacrée à « devenir calife à la place du calife », sans beaucoup d’égard pour la fonction qu’ils veulent occuper, ou
à soutenir celui de leur « clan » qui les représentera à la tête de l’Etat. Quand l’Etat est ainsi la proie des ambitieux, il est trop certain que la légitimité et l’efficacité, voire la
crédibilité de l’Etat, ne peuvent qu’en souffrir, au risque de ne plus pouvoir s’imposer au-dessus des « diversités » politiques, économiques ou culturelles, voire communautaires ou
ethniques.
Ainsi, le fait que le roi soit l’un des
maillons d’une chaîne de générations qui se succèdent lui donne une aura que n’ont pas les élus d’une République qu’ils n’incarnent qu’imparfaitement aux yeux de ceux qui les ont mandatés contre
ceux qui les ont (électoralement) boudés… Un roi en exercice est plus qu’une personne, il est aussi ceux qui l’ont précédé et ceux qu’il précède, comme le faisait remarquer un diplomate anglais à
propos de la reine Elisabeth II ; en même temps, il est différent d’eux car il est d’un temps précis, d’une génération donnée et il peut être sensible à des modes auxquelles son prédécesseur
n’accordait que peu d’importance ou, même, combattait…
Dans une Monarchie
héréditaire, le choix humain sur la magistrature suprême de l’Etat, n’a pas sa part, par la simple force des choses, ni celui des princes ni celui de l’électorat : le roi, devenu roi par
l’événement le plus triste d’une vie, c’est-à-dire la mort d’un homme qui, le plus souvent, est celui qui lui a donné la vie, ce nouveau roi est libre des programmes, des querelles partisanes, des
manœuvres politiciennes : il ne doit rien au jeu politique usuel, c’est par sa naissance et le mode de désignation le plus naturel qui soit qu’il est souverain. Cela lui procure une liberté
certaine, statutaire, qui lui confère aussi une autorité qui n’est pas que personnelle (même si son charisme propre peut avoir une incidence non négligeable sur le paysage politique, sur la
conduite de l’Etat et sa perception dans le pays), mais reflète celle de ses prédécesseurs, la poursuit et s’en nourrit elle-même. De plus, ce mode de désignation assure au monarque une position
politique qui n’est pas une posture mais un cadre institutionnel « au-delà du paysage électoral » et politique ordinaire, sans pour autant méconnaître ni le paysage ni le calendrier politiques de
son pays et de son époque.
Le monarque apparaît ainsi comme la représentation
symboliquement forte de la France et, au-delà de sa simple actualité politique, de son histoire, aussi mouvementée qu’elle soit, héritier des bons comme des mauvais moments : le roi n’a pas à faire
le tri dans l’histoire, il en assume la totalité et toute la complexité, voire les ambiguïtés. Il n’est pas un souverain qui donne des bons ou des mauvais points à tel ou tel règne, à tel ou tel
régime, à tel ou tel Chef d’Etat : il poursuit une histoire qui est celle, unique à défaut d’être unitaire, de notre pays. Pas de revanche non plus à prendre, pas de République ou d’Empire à
dénoncer, il « prend tout », car sa position lui enjoint de tout assumer et d’incarner la France elle-même, son être présent comme sa mémoire, sa nature, ses gloires comme ses défaites, ses bontés
comme ses pages les plus sombres : en faisant cela, il laisse le champ libre aux historiens et il libère l’Etat et la nation de la pesanteur d’un « devoir de mémoire » en définitive incapacitant et
paralysant pour les générations actuelles et à venir.
Le principe de nationalité, s’il n’apparaît pas sous ce vocable dans les lois fondamentales du
royaume, est en fait consubstantiel à l’histoire et à l’essence même de l’Etat en France, et cela depuis les origines de celui-ci, au moins depuis l’élection du robertien Hugues Capet en 987 :
cela tient à la volonté de ce dernier d’écarter les prétentions des derniers carolingiens encore hantés par l’idée impériale et de placer le domaine public hors des liens de vassalité. Désormais,
le roi ne se pense pas comme « suzerain » mais comme « souverain », sur un territoire d’ailleurs plus réduit que celui sur lequel il a autorité sur des vassaux, mais qui est le point de départ de
la construction de l’unité française. Il est d’ailleurs significatif et révélateur que, sous le règne de Philippe Auguste, le « rex francorum » devient réellement et titulairement « roi de France
», changement qui n’est pas anodin car il n’est plus de caractère « ethno-culturel » (les Francs) mais « stato-territorial » (la France).
L'unité, sans laquelle il ne saurait
y avoir d'autorité véritable et qui est indispensable pour garantir l'indépendance nationale. Au contraire, la république divise les français et entretient un état de guerre civile larvée. Les
intérêts supérieurs du pays sont sacrifiés aux luttes partisanes. Le Roi est au dessus des partis, il pourra donc s’occuper pleinement des besoins des français de façon beaucoup plus pragmatique
que ne le font les partis qui sont plus soumis à leurs électeurs, qu’aux français en général.
La continuité et les successions paisibles, conséquences de l'hérédité du pouvoir. Ainsi des objectifs à long terme peuvent-ils être atteints. La continuité du pouvoir monarchique durant huit
cents ans contraste avec l'instabilité institutionnelle des deux derniers siècles. Aujourd’hui tous les cinq ans le pouvoir change et le président prépare sa réélection et met en place toute sa
mécanique démagogique de communication afin de faire croire au français qu’il est le meilleur, plus que les autres prétendants….Et combien coûte ces présidentielles ?? Alors que la succession
héréditaire, ne coûtera rien, et sera l’occasion pour le souverain de consacrer toute sa vie au bien être des français, car le sort du Roi dépend du bien être de son peuple, alors que celui d’un
président ne dépend que d’un vote !
L'indépendance. Elle est la qualité d'un régime qui ne repose pas sur l'élection, laquelle lie le pouvoir à l'opinion publique, l'obligeant à pratiquer
une démagogie éhontée pour recueillir des suffrages. Le régime électif est ainsi obligé de centraliser l'administration du pays. Il détruit les libertés locales, municipales, régionales,
professionnelles, toutes ces petites républiques à qui le Roi permettait de vivre et de s'organiser librement. Dégagé des soucis électoraux, il serait en situation d'être un arbitre.
La responsabilité. Les intérêts dynastiques et personnels du Roi se confondent avec les intérêts nationaux, tandis que le pouvoir démocratique dilue la
responsabilité dans des majorités et des scrutins.
La légitimité. C'est-à-dire un pouvoir s'exerçant en vue du seul bien commun, indépendant des groupes d'intérêts et des puissances d'argent. L'État
royal puise sa légitimité dans l'histoire et les services qu'il a rendus au pays au cours des siècles. Il n'y a pas de légitimité en démocratie puisque le pouvoir est le fruit des compétitions
électorales et que les partis l'exercent selon les caprices de l'opinion.
Comment peut-on penser que la transmission héréditaire du pouvoir est meilleure que le choix du chef de l’Etat ?
Ce qui fait la force de la monarchie, ce n’est pas une
quelconque " loi du sang » qui assurerait les qualités génétiques du Prince dans le cadre de la transmission du pouvoir de père en fils. Aucun Roi de France ni aucun théoricien de la monarchie
n’a jamais prétendu cela. Si la transmission héréditaire du pouvoir est bien plus sûre que le choix du chef de l’Etat, c’est que le Prince, quelles que soient ses qualités, occupe une position
qui sera toujours préférable à celle d’un candidat qui aura dû se faire élire pour arriver au pouvoir. Préparé au pouvoir depuis sa naissance, le Prince est attentif aux besoins de la communauté
nationale et porte le destin de la nation comme sa vie même. Membre d’une famille dont le nom, l’histoire et l’intérêt privé se confondent avec ceux de la France, et donc des français, il assure
une médiation active du peuple avec ses propres racines historiques. Arrivé à la tête de la nation par la naissance, il est totalement indépendant et échappe à la volonté de puissance. Libre de
la compétition pour le pouvoir, il peut être arbitre, fédérateur et refuser la démagogie.
L’on peut par ailleurs se référer au théoricien anarchiste française, Pïerre-Joseph Proudhon qui écrivait : " Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l’éternité est moins à craindre que des parvenus pressés de s’enrichir et de signaler leur passage par quelque action d’éclat. »