Voici la statue équestre érigée en hommage au prince
Ferdinand-Philippe d’Orléans, duc d’Orléans (1810-1842), fils aîné du roi Louis-Philippe. Le prince est décédé lors d’un accident de voiture tirée par un cheval le 13 juillet 1842
sur la route de Paris à Neuilly, alors qu'il se rendait dans la résidence de la famille royale.
et remisée dans un hangar de Vincennes. Neuilly-sur-Seine souhaitant rendre hommage au prince Ferdinand-Philippe, son maire Achile Peretti propose d’accueillir la statue. Elle
est installée au carrefour des boulevards Victor Hugo et Inkermann et inaugurée le 13 février 1981 par le Ministre de la Culture, Jean-Philippe Lecat en présence de Monseigneur le Comte de Paris,
arrière-petit-fils du duc d’Orléans et par son épouse Madame la Comtesse de Paris.
Lors d'une récente recherche, nous nous sommes rendue compte qu'il n'y avait sur internet aucun arbre généalogique simplifié de la famille
royale de France incluant ses membres nés après Henri V. Grace à " la couronne ", c'est maintenant chose faite. (Merci à Louis pour ce visuel)
Vous pouvez obtenir une meilleure résolution d'image en cliquant deçue
A la fin de l’année 1813, les troupes de Napoléon Ier, se replièrent sur le sol français, face aux forces des armées coalisées. L’armée impériale renforcée par des unités de gardes
nationaux, essaiera vainement de stopper l’avance de ces forces étrangères ; et malgré de très durs combats, nos troupes durent reculer et se replièrent sur la capitale. Près de 35 000 hommes,
dont 12 000 gardes nationaux furent disponibles pour affronter les 150 000 hommes des armées coalisées. Le 30 mars 1814, les combats pour la défense de Paris commencèrent au matin mais, après de
terribles assauts, l’ennemi bien supérieur en nombre pris le dessus, ce qui entraînera le maréchal MARMONT à capituler le lendemain. Dès lors, l’ordre public sera assuré par la garde nationale
jusqu’au 3 juin 1814, dans une capitale occupée par des unités autrichiennes, prussiennes et russes. Les troupes de la garde nationale arboraient jusqu’à présent la cocarde tricolore, mais à
compter du 10 avril 1814, ordre leur fut donné de porter dorénavant la cocarde blanche.
En effet, le retour de la monarchie des Bourbons était réclamée par le conseil municipal de Paris et le conseil général de la Seine, les sénateurs proclamaient la déchéance de l’empereur, qui fut votée le 4 avril par le corps législatif. Le 5 avril Napoléon Ier abdiquait en faveur de son fils et le 11 avril ce fut la Convention de Paris. Revêtu d’un uniforme de garde national, le frère du Roi Louis XVIII, le comte d’Artois nommé lieutenant-général du royaume, arrivait ce même jour près de Paris. Peu confiant en l’armée impériale restée fidèle à l’empereur déchu, il préféra s’appuyer sur la garde nationale constituée essentiellement par des bourgeois généralement commandés par des officiers d’origine noble. Le 12 avril, le comte d’Artois rentrait dans Paris escorté par 600 gardes nationaux parisiens. Puis le 3 mai, le roi arrivait dans la capitale, et le 13 mai nommait le comte d’Artois, le futur Roi Charles X, colonel-général des gardes nationales de France.
Dès l’arrivée du roi à Paris, des fabricants réalisèrent des petites médailles à l’effigie du monarque et à fleurs de lys, suspendues par des rubans blancs. Emblème du pouvoir monarchique
retrouvé, ces médailles furent très vite adoptées, et il est fort probable que de nombreux gardes nationaux les portèrent dès la journée du 12 avril. Un ordre du jour du comte d’Artois créa, le
26 avril 1814, la Décoration du Lys en faveur de la garde nationale de Paris. Elle devait être pour celle-ci « un
signe perpétuel des services qu’elle a rendus, soit lorsque après avoir combattu pour ses foyers et, chargée seule dans la nuit du 30 mars de la garde et de la sûreté de Paris, elle a conservé au
Roi sa capitale et à tant de familles leurs biens, la vie et l’honneur soit, lorsqu’en occupant outre ses postes ceux de la troupe de ligne, elle a offert l’exemple du dévouement et du sacrifice,
soit, enfin, quand malgré ce pénible service elle a fait celui de la maison militaire du Roi et donné à la famille royale la satisfaction de n’être, pour sa garde, environnée de
français. » Par ordre du jour, le 9 mai 1814, le roi approuva la création de la Décoration du Lys en l’étendant à
l’ensemble des gardes nationales de France. Au fil du temps, son attribution sera sans cesse étendue. Très largement répandue dans tout le royaume, elle fut décernée par le roi, mais aussi par le
comte d’Artois, le duc de Berry, le duc et la duchesse d’Angoulême ; puis des délégations de pouvoir furent données aux ministres, aux préfets et aux maires.
Après son retour de l’île d’Elbe, pendant les cents jours, l’Empereur Napoléon Ier, décrétera le 9 mars 1815, la suppression de la Décoration du Lys. La monarchie rétablie, les Décorations du Lys retrouvèrent évidemment le
droit de cité. Elle fut dès lors remise aux gardes nationaux après avoir prêter le serment suivant : « Je jure
fidélité à Dieu et au Roi pour TOUJOURS. » Seul les gardes nationaux étaient astreints au serment, qu’ils
prononçaient, en général, collectivement lors de la remise de l’insigne. La décoration du lys disparaîtra définitivement sous Louis-Philippe.
La Décoration du Lys récompensait les troupes de la garde nationale de Paris « officiers, sous-officiers, grenadiers ou chasseurs qui justifiaient d’avoir bien fait leur devoir » ( ordonnance du 26 avril 1814 ).A partir de l’ordre du jour du 9 mai 1814, sont attribution fut étendue à l’ensemble des gardes nationales de France.
Puis elle fut décernée également aux fonctionnaires des diverses administrations, fonctionnaires publics, chefs d’administration, aux notables, aux membres de la députation, aux unités de l’armée dont les corps et détachements eurent l’honneur de passer sous les yeux du roi, aux officiers supérieurs et généraux, etc. Bref, la Décoration du Lys, parfait symbole monarchique, fut donc très largement distribuée...
A l’origine, c’était un simple ruban blanc ( ordonnance du 26 avril 1814 ).Puis, l’ordre du
jour du 9 mai 1814 précisa : un ruban blanc moiré avec une rosette blanche ; mais pour distinguer la garde nationale de Paris, les armes de la capitale pourront être brodées ou brochées sur le
ruban.
A partir de l’ordonnance du 5 août 1814, le ruban de la Garde nationale de Paris devint blanc avec, sur chaque bord, un liseré bleu de 2 mm.Enfin, à partir de l’ordonnance du 5 février 1816, les
gardes nationales départementales portèrent la Décoration du Lys suspendue à un ruban spécifique à chaque département.Sur les 86 départements du royaume, seul 12 conservèrent le ruban blanc d’origine.Le ruban fut uniquement blanc, pour les
titulaires militaires et civils qui ne firent pas partie de la garde nationale.
La décision royale du 9 mai 1814, autorisa, sur la tenue civile, le port d’un simple ruban blanc, quelquefois
surchargé d’une agrafe ( appelée aussi « boucle ») à trois bandes, généralement en argent mais parfois en or, représentant une réduction de la croix du Lys, ou un lys souvent couronnée et
encadrée par deux branches d’olivier.
A l’instar de la croix du Lys, certaines portaient l’inscription GAGE DE LA PAIX - VIVE LE ROI.Ces agrafes furent parfois portées sur le ruban de la
Légion d’honneur.
Les premiers modèles, non
officiels, furent des petites médailles en métal léger, frappées à l’effigie du Roi Louis
XVIII, et représentant le symbole de la royauté : la fleur de lys. L'insigne, à compter de l’ordonnance du 26 avril 1814, fut défini comme une simple fleur de lys en argent.Puis, l’ordre du jour signé par le roi le 9 mai 1814, officialisa la Décoration
du Lys et en arrêta enfin la forme définitive : un insigne en argent représentant une fleur de lys surmontée de la couronne royale.
Évidemment, nous sommes en France, et la passion des décorations ainsi que le besoin de se distinguer firent que certains des gardes
nationaux ont fait réaliser différents types d’insignes, bien sûr tous non réglementaires. Il était ainsi possible de trouver des
réductions de la croix de l’Ordre de Saint-Louis avec sur l’avers l’effigie de Louis XVIII ou d’Henry IV, et sur le revers un lys central ; ou un modèle dont le lys était posé au centre d’un soleil à rayons dorés ( c’était l’insigne des gardes du
corps de la maison du roi ). Bref, cette pléthore d’insignes incita le comte d’Artois à publier, le 31 août 1816, un règlement fixant les règles du port de la Décoration du Lys.
Lorsqu’en 1824, la Décoration du Lys relèvera de l’autorité du Grand chancelier de la Légion d’honneur, ce dernier rappellera notamment dans l’instruction du 5 mai 1824 : «
La Décoration du Lys ayant fourni le prétexte à une multitude d’abus, le Roi en a donné la surveillance au Grand chancelier. Il
rappelle donc ici que cette décoration ne doit être qu’une simple fleur de lys en argent suspendue à un ruban blanc ou de couleurs diversement réglées pour chacun des départements du royaume.
(...) La manie des rubans et des décorations, la cupidité de quelques bijoutiers, les fantaisies et les caprices, en ont fait imaginer et fabriquer de diverses formes, imitant les ordres royaux
ou étrangers. On ne doit porter le ruban que d’un seul département et la simple fleur de lys primitivement établie ; toutes les autres sont abolies et doivent disparaître.
»
L’ordre royal et militaire de Saint-Louis est le tous premier ordre de chevalerie d'essence démocratique de l'histoire de France. Il fut créé par Louis
XIV, le 5 avril 1693, pour récompenser les officiers nobles et roturiers les plus valeureux.
La première promotion fut signée le 8 mai 1693. Elle comprenait 8 grands-croix (dont Vauban), 24 commandeurs et 128 chevaliers (dont le maréchal d'Estrées). Á partir de cette date, l'histoire de l'Ordre se confond avec l'histoire militaire de la France, regroupant de grands noms à côté de ceux qui n'ont pas franchi le temps et fut un des moteurs de l'effort militaire qui caractérisa les trente dernières années du règne du Louis XIV. Pour en préserver toute la valeur, le Roi-Soleil le distribua avec une sage parcimonie : moins de 2000 croix.
D'essence démocratique, l'ordre de Saint-Louis ne fut pas concerné par le décret du 30 juillet et la loi du 6 août 1791 qui abolissaient les ordres royaux. Renommé " Décoration militaire " et fondu avec l'institution du Mérite militaire créée en 1759 par Louis XV en faveur des officiers protestants étrangers, il fut adapté aux exigences du temps : son serment et les clauses religieuses d'admission furent abrogées. Malgré ces mesures, le décret du 15 octobre 1792 le supprima et celui du 19 novembre 1793 déclara suspect tous les citoyens qui n'auraient pas déposé leur croix aux municipalités. L'Ordre continua cependant d'être distribué en émigration par le comte de Provence, d'abord au nom de Louis XVII, puis en son nom propre, Louis XVIII, à la mort du Dauphin (8 juin 1795).
La charte du 4 juin 1814 rétablit en France les ordres royaux tout en conservant la Légion d'honneur. Louis XVIII s'efforça de donner la prééminence sur celle-ci à l'ordre de Saint-Louis par l'éclat des promotions et les préséances accordées. Par ailleurs, soucieux de rallier les cadres impériaux, comme de récompenser les fidèles des mauvais jours, il multiplia les nominations dans les premiers temps de son règne, puis, en 1820, durcit les conditions d'admission en portant à vingt-quatre ans les annuités nécessaires pour entrer dans l'Ordre. En vain. Dans le cœur des Français, la Légion d'honneur, auréolée de l'épopée impériale, était placée au-dessus de l'ordre de Saint-Louis et les officiers persévéraient à la demander.
Juste avant son abdication (2 août 1830), Charles X signa les dernières promotions en faveur de trois officiers pour leur conduite lors de la prise d'Alger. Ces derniers ne furent jamais reçus. Par la charte constitutionnelle du 14 août 1830, Louis-Philippe, roi des Français maintint la Légion d'honneur, en ne faisant aucune allusion aux ordres royaux..Il ne distribua donc pas l'ordre de Saint-Louis, mais en autorisa le port . L'ordre petit à petit rentra en désuétude et fut officiellement abolie lors de la proclamation de la II République
L'organisation de l'ordre
L'ordre de Saint-Louis illustre une transformation profonde des principes mêmes des ordres de chevalerie. Les seuls titres exigés du futur chevalier étaient sa vaillance assortie d'une durée déterminée de services (dix ans) et le nombre de récipiendaires était illimité. L'attribution à titre
exceptionnel de la croix de Saint-Louis pour action de bravoure n'apparut qu'en 1779 dans un édit de confirmation de l'Ordre émanant de Louis XVI. Toutefois, cette institution à caractère démocratique porta toujours la marque de son temps : nul ne pouvait entrer dans l'Ordre s'il n'étaitofficier et de religion catholique. Et en 1750, Louis XV édicta qu'un chevalier de Saint-Louis roturier pouvait être anobli dès lors qu'il comptait deux ascendants en ligne directe décorés de même. Afin de tenir en haleine le mérite et de nuancer la marque d'honneur en fonction de l'importance des services rendus, une diversification fut introduite au détriment du principe chevaleresque d'égalité entre les membres de l'Ordre : un nombre restreint et étroitement contingenté de commandeurs (24 à l'origine, augmenté progressivement et porté à 80 en 1779) et de grands-croix (8 à l'origine, augmenté progressivement et porté à 40 en 1779) vint compléter les rangs des chevaliers, dont les distinguait le mode d'arborer l'insigne. Les chevaliers le portaient à la boutonnière, les commandeurs en écharpe, et les grands-croix avec une plaque. Selon les statuts de création, tous les membres de l'Ordre devaient être pensionnés. Dans la pratique, pour limiter les conséquences économiques de cette règle, Louis XIV limita l'application de cette mesure dès 1694.
Le roi, en tant que chef souverain et grand maître, nommait les chevaliers parmi les candidats proposés à l'admission, les commandeurs parmi les chevaliers et les grands-croix parmi les commandeurs. Nul ne pouvait être admis dans l'Ordre qu'avec le grade de chevalier, sauf les princes de sang royal. Une fois nommé, le candidat recevait une lettre d'avis. Muni de celle-ci, il devait être reçu par le roi ou un membre de l'Ordre agréé par lui. Au cours de la cérémonie, il jurait de vivre et mourir dans la religion catholique, de rester fidèle au roi, de défendre ses droits et ceux de la Couronne, et conformément à l'éthique chevaleresque médiévale, de se comporter " en tout comme un bon, sage, vertueux et vaillant chevalier ". Puis le roi ou son représentant frappait le chevalier d'un coup de plat de son épée sur chaque épaule, lui donnait l'accolade en prononçant la phrase : " Par Saint-Louis, je vous fais chevalier ", et enfin lui remettait la croix. Au terme de la cérémonie, une mention spéciale était inscrite sur le repli de la lettre d'avis, qui faisait alors office de brevet. Les diplômes avec encadrement et armoiries imprimées n'apparurent que sous la Restauration (ordonnance du 22 mai 1816). L'ordre de Saint-Louis, gage de services éclatants et fidèles, est la première manifestation d'un changement dans la philosophie des ordres princiers. Á ce titre, il est à l'origine d'une évolution qui, après la tourmente révolutionnaire, permettra la création d'un ordre de mérite universel, et moderne, capable de traverser l'histoire pour être aujourd'hui encore la principale référence en matière de distinction : la Légion d'honneur.
De fait, Bonaparte s'en inspira très largement, en lui empruntant notamment deux principes fondamentaux : la graduation et l'avancement par étapes dans la hiérarchie.
La croix : L'insigne de l'ordre de Saint-Louis reprenait la forme générale des croix des ordres royaux, à savoir une croix de Malte ornée au centre de motifs spécifiques. L'avers est
orné de l'effigie en pied de Saint-Louis cuirassé d'or, couvert d'un manteau bleu fourré d'hermine, tenant de la main droite une couronne de laurier et de la main gauche les reliques de la
Passion, posée sur un fond d'émail rouge parsemé de clous et entouré d'un listel bleu portant la légende entourée de la légende " Ludovicus instituit 1693 ". Au revers, la devise de l'Ordre due à
Boileau : Bellicae virtutis praemium (récompense de la vertu militaire) environne une épée en pal passée dans une couronne de laurier. C'est la première fois qu'apparaissent le nom du fondateur
et la date de création sur l'insigne d'un Ordre. Cette nouveauté fit école en Europe. Au fil du temps, les motifs centraux lièrent de plus en plus étroitement la décoration au fondateur,
Bonaparte couronnant cette évolution par la décision de placer sa propre effigie au centre de la Légion d'honneur.
Le
ruban: Le ruban de l'Ordre est " couleur de feu ". Le ruban des chevaliers, simple à l'origine, s'orna d'une rosette, d'abord réservée aux chevaliers pensionnés. L'édit de 1779 accorda le
droit aux chevaliers nommés pour action d'éclat à titre exceptionnel de porter le ruban rouge rayé de blanc. Ce privilège fut peu utilisé. La couleur rouge fut reprise par la Légion d'honneur et
l'usage de la rosette fut adopté par les officiers de l'ordre impérial.
Jusqu'à sa mise en sommeil, l'Ordre exigea la restitution des insignes après le décès des titulaires.
L’ordre du Saint-Esprit fut pendant les deux siècles et demi de son existence, l'ordre de chevalerie le plus brillant et le plus prestigieux de l'ancienne
monarchie française. Henri III, roi de
France et de Pologne, fonda l'ordre et milice du benoît Saint-Esprit en décembre 1578 . L'ordre était destiné à fortifier la foi catholique et à restaurer le royaume déchiré dans sa splendeur; le
roi voulait ainsi raffermir ses liens avec une noblesse turbulente et pallier la décadence de l'ordre de Saint-Michel. Le Saint-Esprit fut choisi comme patron par Henri III en souvenir de son
accession aux trônes de Pologne, puis de France un jour de Pentecôte.
Bien que cet ordre soit initialement réservé aux plus hauts dignitaires du royaume, le roi Henri IV permit à un nombre restreint de monarques et de grands seigneurs étrangers de confession Catholique, d’y entrer. À leur baptême, les fils de France (et même les infants d'Espagne) recevaient le cordon et la plaque de l'ordre, mais n'étaient reçus chevaliers qu'après leur première communion. Chef et souverain, grand maître des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, le roi n'avait le droit de conférer le Saint-Esprit qu'après son sacre, mais Henri IV, Louis XIV et Louis XV, ainsi que Louis XVIII passèrent outre .
Supprimé en1791 pendant la Révolution française, l’ordre du Saint-Esprit fut officiellement
rétabli en 1814 par le roi Louis XVIII qui y fit entrer les maréchaux et les hauts dignitaires de la France Napoléonienne. L'ordre fut définitivement aboli par le roi Louis-Philippe en 1830. Par la suite, il est devenu un ordre dynastique français et fut porté ainsi que conféré par les prétendants au trône. Aujourd'hui le Comte de Paris, Henri VII , en est
le 19eme « chef et souverain grand maitre
».
L’ordre est doté de la personnalité morale, ce qui permet notamment au souverain de l'utiliser pour lever des emprunts. La direction en est réservée au roi, qui en est le souverain grand maître. L’administration de l’ordre est confiée à plusieurs officiers, dont les plus élevés portent le titre de commandeur de l'ordre. On distingue plusieurs classes de membres :
les chevaliers: au nombre de cent, ils sont choisis parmi la plus haute noblesse du royaume. Le roi peut choisir théoriquement tout noble prouvant trois degrés de noblesse; néanmoins les membres des familles ducales sont parmi les plus représentés dans les rangs des chevaliers. Les chevaliers du Saint-Esprit sont également chevaliers de Saint-Michel, ce qui fait qu’on les nomme le plus souvent : Chevaliers des Ordres du Roy.
les commandeurs: ils s’agit d’ecclésiastiques, au nombre de huit. L’Ordre devait compter à l’origine quatre cardinaux ou archevêques et quatre évêques, mais ce ratio ne fut pas toujours respecté. Le grand aumônier de France était commandeur-né de l’ordre et n’était pas donc pris en compte dans les huit.
les commandeurs officiers : il s’agit des quatre plus hauts officiers de l’Ordre. Ils étaient assimilés en dignité aux chevaliers et étaient comme eux chevaliers de Saint-Michel. Les quatre commandeurs officiers étaient :
le chancelier et garde des sceaux
le prévôt et maître des cérémonies
le grand trésorier
le greffier
Il n'existait aucune condition de noblesse pour les officiers, ce qui fait que le roi pouvait utiliser ces fonctions pour honorer des personnes récemment anoblies. Les exemples les plus connus sont ceux de Colbert et de Le Tellier
L’insigne de l’Ordre ressemble à une croix de Malt. Elle possède quatre branches, terminées par huit pointes boutonnées; entre chaque branche se trouve une fleurs de lys. Au centre de la croix, est posée une colombe aux ailes déployées et à la tête dirigée vers le bas. Lors des cérémonies, la croix des officiers et des commandeurs officiers était attachée à un collier formé de fleurs de lys et de différents motifs dorés. Plus généralement, la croix était suspendue à un large ruban de couleur moirée bleu d'où le surnom de « cordon bleu » aux chevaliers qui la portaient, demeuré en langage courant un signe d'excellence. Les chevaliers le portaient en écharpe sur la poitrine et les commandeurs en collier. Les chevaliers et commandeurs officiers portaient en outre une croix du Saint-Esprit brodée sur la poitrine.
Lors des cérémonies, les chevaliers portent un grand manteau de velours noir garni d'un mantelet de toile d'argent. Le jour du chapitre de l'ordre, le 1er janvier, les novices portent un habit en étoffe d'argent que commente ainsi le duc de Croÿ :
Un vêtement de novice très beau et très singulier : c'est l'habit de fête de la cour de Louis XIII, qui tient de celui d'Espagne du même temps. Il est remarquable et conviendrait à des hommes jeunes et bien faits, malheureusement, il ne sert qu'à des gens d'un âge relativement avancé.
La Chapelle royale de Dreux est née de la volonté de
la duchesse d’Orléans (Louis-Marie-Adélaïde de Bourbon), revenue d’exil après dix sept années hors de France. C’est maintenant une vieille dame de soixante et un ans dont la vie n’est qu’une
suite de tragédies. La Révolution l’a jetée en prison, puis chassée de sa patrie, son mari qu’elle a profondément aimé malgré les souffrances qu’il lui a fait endurer, est mort sur l’échafaud.
Ses enfants sont dispersés aux quatre coins de la terre et deux d’entre eux, Montpensier et Beaujolais sont morts à un an d’intervalle, emportés par la tuberculose contractée dans les geôles
Révolutionnaire du fort Saint Jean à Marseille.
Le premier souci de la duchesse à son retour en France est de donner aux défunts de sa famille une sépulture décente. Elle prend la décision de racheter le terrain
où se trouve la fosse commune où ont été jetés lors de la Révolution les restes de ses aïeux, afin d’y faire
édifier une chapelle. Elle choisit l’architecte parisien Claude-Philippe Cramail qui se met à l’œuvre dès octobre 1814. Mais le retour de Napoléon et les
Cent-Jours interrompent les travaux qui ne sont repris qu’en mai 1816. Les fondements de l’édifice sont pratiquement achevés lorsque l’on pose la première pierre le 19 septembre. La duchesse,
après avoir passé la nuit à deux lieues de là, fait son entrée à Dreux où elle est reçue par les autorités civiles et religieuses. Elle assiste ensuite à la bénédiction de l’emplacement et elle
scelle la première pierre. Le lendemain elle écrit à son fils Louis-Philippe alors en Angleterre, elle lui dit combien elle a été touchée par « les marques d’attachement et de reconnaissance
». Les quatre années suivantes sont employées à creuser le grand caveau et à monter les murs de l’édifice. Il est rapidement constaté que le coût de la
construction s’avère beaucoup plus onéreux que prévu. Le 28 mai 1818, l’un des caveaux accueille le premier cercueil, celui de la petite princesse, Mademoiselle de Montpensier décédée à l’âge de
deux ans. Inhumation sera bientôt suivie par celle de Mr Rouzet, ami dévoué de la duchesse d’Orléans pendant les jours sombres de la Révolution. Très affectée par la disparition de son vieil ami,
la duchesse ne lui survit que huit mois. Elle s’éteint le 23 juin 1821. Après des funérailles grandioses, son cercueil est descendu dans le caveau central de la chapelle. Dès lors, c’est le duc
d’Orléans, le futur Louis-Philippe Ier qui se fait un devoir de terminer les travaux de la chapelle. Avant la reprise des travaux après le décès de la duchesse, on procède enfin à l’exhumation
des restes de la famille de Toulouse. Les autorités locales assistent à la cérémonie, les temps ont bien changés. Les ossements sont rassemblés dans une caisse de
bois et déposés auprès de la duchesse douairière. Le 27 juin, c’est la bénédiction solennelle de la
chapelle enfin achevée. Après les 3 glorieuses, Louis-Philippe est proclamé Roi des Français. Il trouve la chapelle de Dreux trop petite, il décide alors de
l’agrandir, mais en conservant l’essentiel de la construction. On décide d’adopter le style néo-gothique mis à la mode par le mouvement romantique. Le Roi prend une part active au projet. Il
trace les grandes lignes du plan aidé en cela par sa fille la princesse Marie, peintre et sculpteur de grand talent. Elle décède à vingt cinq ans seulement, terrassée par la maladie à Pise. Elle
est inhumée dans la chapelle de Dreux. La même année, les travaux d’agrandissement de la chapelle commencent. Alors que se poursuivent les embellissements de la chapelle, le Roi prend une
ordonnance en date du 23 juin 1843 :
Article premier: « Notre chapelle royale de Dreux est consacrée à la sépulture des princes et princesses de notre famille, ainsi qu’à celle de nos successeurs,
descendants et héritiers ». Mais Louis-Philippe ne se contente pas de cette mesure, il décide de la traduire dans la réalité en fixant la disposition des tombeaux pour plusieurs
générations. Cette mesure implique de remonter les corps qu’abritent les caveaux dans le déambulatoire terminé. La translation se déroule le 23 avril 1844. Mais on s’aperçoit alors que certains
des cercueils ont subi les altérations du temps et de l’humidité. La caisse contenant les ossements de la fosse de 1793 est totalement détruite, il faut alors
reprendre tous ces pauvres restes mêlés de fragments de bois et de
linceuls et leur donner une nouvelle enveloppe. Georges Lenôtre a laissé une narration de cette épisode dans une page très romantique où il montre le vieux Roi, enfermé seul dans le caveau et qui
« disposait les ossements sur des draps étendus, mesurant examinant, faisant le tri à la lueur d’une lampe ».Victor Hugo, frappé par la scène, la raconte dans choses vues. Le Roi fixe
lui-même l’emplacement où il souhaite reposer un jour. Il remet au goût du jour une vieille tradition abandonnée depuis deux siècles, il fait placer sur les tombeaux de sa mère et de ses enfants
des gisants, statues couchées représentants les disparus endormis pour l’éternité. Les plus célèbres sculpteurs de l’époque participeront à l’exécution de ces statues.
Louis-Philippe meurt en exil en Angleterre le 26 aout 1850 son corps ainsi que celui de sa femme la reine Amélie sont ramenés et inhumer à la Chapelle royale de Dreux vingt-six ans plus tard,
tous les membres de la famille d'Orléans s'y feront enterré. Léguée avec le château de Dreux par le comte de Paris Henri d'Orléans (1908-1999 ), la chapelle Royale appartient désormais à la
Fondation St Louis dont le chef de la maison de France assure la présidence .
La chapelle Royale de dreux
Philippe VII (comte de Paris)
1883-1894
À sa naissance, le prince Philippe
incarne la vitalité de la et reçoit le titre de comte de Paris de son grand-père, le roi Louis-philippe. Quatre ans plus tard, en 1842, l’enfant perd son père, Ferdinand-Philippe d'Orléans, et devient donc l’héritier de la Monarchie de juillet. Or, le tout nouveau prince royal est trop jeune pour représenter la
stabilité et pour rassurer les opposants à la politique de son grand-père. Par conséquent, lorsqu’éclate la révolution de 1848, sa famille est incapable de le faire proclamer roi des Français et la II ème
République se met en place.
Commence alors une longue période d’exil qui dure jusqu’en 1871 et
durant laquelle le prétendant Orléaniste trompe
difficilement son ennui. Au début des années 1860, Philippe d’Orléans
se rend aux USA pour s’engager dans la guerre de
sécession et, de cette expérience, il ramène
une Histoire de la Guerre civile en Amérique.
Après la chute du II ème Empire en 1870, le comte de Paris regagne la France et s’investit dans la vie politique. Afin de renforcer les partisans d’une restauration monarchique, il accepte de reconnaître le « comte de chambord » comme seul et unique chef de la Maison de France en 1873. Cependant, l’intransigeance du petit-fils de Charles X vis-à-vis des symboles de l'Ancien Régime rend impossible le retour de la monarchie et le comte de Paris doit se contenter d’attendre la mort de son cousin pour reprendre un rôle politique important. En 1883, le « comte de Chambord » trouve finalement la mort et la majorité des monarchistes se rallie au comte de Paris. Mais à cette date, la République a eu largement le temps de se renforcer et le prétendant ne parvient pas à prendre le pouvoir. En 1886, le vote d’une nouvelle loi d'exil contraint le comte de Paris et sa famille à quitter le territoire national mais le prince continue à essayer d'intervenir dans les affaires de la France. À chaque crise que connaît le pays, et particulièrement lors de l'Affaire Boulanger et du scandale de Panama, le chef des Orléans espère pouvoir monter sur le trône. Néanmoins, chaque espoir de restauration est suivi d'une nouvelle déception et le comte de Paris meurt en exil au Royaume-Unis sans avoir eu l'occasion de réaliser son rêve.
Philippe VIII ( duc d'Orléans )
Le prince Philippe voit le jour au Royaume-Uni, à une époque où les Orléans sont bannis du territoire national
par la loi de mai 1848 . Dès sa naissance, la vie du prince est donc placée sous le signe de l'exil et tout semble indiquer qu'il en continuera longtemps
ainsi. Pourtant, dès 1870, la loi d'exil touchant les Orléans est abolie, quelques mois plus tard, les décrets de
confiscation des biens de l'ancienne famille royale sont abolis et le comte de Paris, père de Philippe, reprend possession des châteaux d'Ambroise,
d'Eu et de Randan. Suivant la tradition établie par le roi louis-Philippe, en
1883 le comte de Paris confère à son fils, alors âgé de onze ans, le titre de « Duc d'Orléans». Dans les milieux monarchistes, cet événement ne passe pas
inaperçu. Le « comte de Chambord » n’ayant pas d’enfant, le jeune Philippe d’Orléans représente, pour les Orléanistes et les Légitimistes d'alors, la continuité dynastique et nombreux sont ceux qui voient en lui le futur roi de France. Trois ans plus tard, en 1883, le prince est d’ailleurs reconnu comme le nouveau « dauphin » par ceux des royalistes qui font
allégeance, à Goritz, au comte de Paris, après la mort du petit-fils de Charles X. Le 6 mars 1886, le comte de Paris organise, dans sa résidence parisienne (actuel Hôtel Matignon), une somptueuse cérémonie à l'occasion des fiançailles
de sa fille aînée, avec le prince héritier du Portugal. La réception est strictement privée et ni le corps diplomatique
ni des représentants du pouvoir n'ont été invités. Cependant, l'événement donne lieu à un énorme battage médiatique qui scandalise les républicains. Peu de temps après, des députés présentent un
projet de lois d'exil devant l' Assemblée Nationale et celui-ci reçoit clairement le soutien du gouvernement . Le 23
juin 1886, après bien des débats, paraît donc, au jounal officiel, un nouveau texte qui bannit du territoire
national les prétendants au trône de France et leur fils aîné et raye, en outre, tous les autres princes français des listes de l'armée. Avertis des
résultats du vote alors qu'ils se trouvent au château d'Eu, le comte de Paris et le « duc d'Orléans » prennent la décision de quitter immédiatement
la France. Avec le reste de leur famille et gagnent une nouvelle fois l'Angleterre.
En 1889,
l'effondrement du Boulangisme rejaillit sur le comte de Paris qui sort discrédité de son soutien au « général revanche ». Tandis que le prétendant s’enferme de plus en plus dans la tristesse, en France, certains royalistes cherchent donc à mettre en avant son fils aîné, dont la popularité n’a
nullement été entamée par l’Affaire Boulanger. Or, en 1890, le « duc d'Orléans » atteint l’âge de vingt et un ans, ce qui devrait théoriquement
l’obliger à réaliser son service militaire en France, s’il n’était pas exilé. Le directeur du journal le gaulois, et le duc de Luynes imaginent donc de le convaincre de rentrer illégalement en France
afin d'y demander officiellement à la République la permission d’effectuer son service. Le jeune homme accepte immédiatement la proposition et cela sans en demander la permission à son père. Le 2
février, il se rend donc à Paris et se présente au bureau du recrutement, à la mairie du VII arrondissement puis au
Ministere de la Guerre, pour se faire incorporer mais, à chaque fois, il se heurte à une fin de non recevoir de la part de l’administration. Enfin, le
soir-même, il est arrêté dans la résidence du duc de Luynes. C’est seulement à ce moment que le comte de Paris est averti par télégramme de l’aventure de son fils. Le prétendant est alors ulcéré
de ne pas avoir été prévenu de ce qui se tramait mais ne laisse pas transparaître publiquement son mécontentement. En attendant son jugement, le « duc d'Orléans » est incarcéré à la
Conciergerie, où le duc de Luynes lui fait livrer de somptueux repas. Rapidement, la presse républicaine en reproduit les menus et, conscient de l'effet
négatif qu'un tel traitement pourrait provoquer, le prince déclare publiquement qu'il « ne demande que la gamelle du soldat ». L'expression connaît immédiatement un grand succès et le prince en retire le surnom populaire de « Prince Gamelle », qui le suivra toute sa vie.
Le 12 févruer, le « duc d'Orléans » est finalement jugé et condamné à une peine de deux ans d'incarcération pour
être revenu dans son pays malgré la loi d'exil. Il est donc conduit à la prison de Clairvau x , mais il y reçoit un traitement spécial. L'administration lui fournit en effet un logement de
deux pièces meublées et un gardien à son service. Cependant, après quatre mois de captivité, il est amnistié par le président de la République et reconduit à la frontière . De ces événements, le
parti royaliste sort quelque-peu renforcé, mais pas assez pour faire véritablement trembler la IIIe République. Quant au « duc d'Orléans », il ne
reverra plus jamais la France.
JeanIII ( duc de Guise )
1926-1940
Malgré la loi d'exil qui frappe les chefs des maisons de France depuis 1886, le prince Jean d'Orléans peut vivre et
séjourner dans son pays jusqu’en 1924. Longtemps il n’est, en effet, qu’un cadet de la famille d’Orléans. Pourtant, au fur et à mesure que les années passent,
tous les princes qui se situent avant le « duc de Guise » dans la lignée dynastique disparaissent les uns après les autres. D’abord ses frères Robert et Henri d'Orléans
en 1885 et 1901, puis son père, le duc de Chartres, en
1910 et enfin ses cousins et beaux-frères Ferdinand d'Orléans, « duc de Montpensier », et Philippes
d'Orléans, « duc d’Orléans », en 1924 et 1926. Mais si la
République Française tolère longtemps le prince sur son territoire, elle lui interdit cependant de faire son service militaire au sein de son armée. C’est la
raison pour laquelle le jeune prince d'Orléans se rend au Danemark, pays de son beau-frère Valdemar, pour y apprendre
le métier des armes.
Revenu en France, le prince s’installe au Nouvion-en-Thiérache, domaine que lui a légué le duc d'Aumale, et y reste plusieurs années. Peu de temps après, il épouse sa cousine la princesse Isabelle. Mais, en 1909, le « duc » et la « duchesse de Guise », désireux de contribuer à l'expansion de la France d'outre-mer, quittent la métropole pour s’installer au Maroc, pays où la France essaie alors d’établir son influence. Cependant, lorsque le pays tombe finalement sous la domination européenne la m aison du prince est placée sous le régime du protectorat Espagnole, tandis que le domaine agricole de la famille tombe sous le régime français . Lorsqu’éclate la Première guerre mondiale, le « duc de Guise » cherche à intégrer l’armée mais ni la France ni ses alliés ne l’autorisent à revêtir leur uniforme et il doit donc se résoudre à servir dans la Croix-Rouge , ce qui lui vaudra tout de même la croix de guerre. Toutefois, une mission plus importante lui est accordée par le gouvernement français en 1915 : il s’agit d’une ambassade auprès de son oncle le roi Ferdinand 1er de Bulgarie. Mais hélàs cette mission est un échec et Sofia entre en guerre aux côtés des pays de la Triple-Alliance.
Après la guerre, le « duc de Guise » regagne le Maroc mais la mort du « duc de Montpensier » et la séparation du prétendant d’avec son épouse, l’archiduchesse Marie de Habsbourg-Lorraine, bouleversent son existence dans la mesure où ils font automatiquement de lui le « dauphin » des Orléanistes. Le prince s’établit donc au manoir d'Anjou, en Belgique, tandis que son fils, le futur « comte de Paris », est envoyé à Paris poursuivre ses études . Deux ans plus tard, Jean d’Orléans hérite du statut de prétendant . Mais, il se trouve presque immédiatement face à de graves difficultés politiques puisque le pape Pie XI interdit aux catholique de soutenir Maurras et l'Action Française, c’est-à-dire les plus puissants soutiens de la de la maison royale de France à cette époque . L’entre-deux-guerres est donc une période d’éloignement et finalement de rupture, en 1937entre le chef de la maison royale (soutenu par son fils, le «comte de Paris ») et l'Action Française. Mais c’est également le moment où, pour la première fois depuis longtemps, l’orléanisme cesse d’être uniquement synonyme de conservatisme.
HenriVI ( comte de Paris )
1940-1999
Dès 1926, il est interdit de territoire national en vertu de la loi d'exil de 1886. Il habite donc en Belgique, au Maroc,
en Espagne et enfin au
Portugal. En 1929 son père le proclame « comte de Paris ».
Désireux de servir son pays, alors que la loi d'exil le lui interdisait, il s’engagea dans la Légion Etrangère, au début de la Seconde Guerre mondiale, sous le nom d'Henri Orliac, nom emprunté en 1909 par le duc de Guise, prétendant au trône de France et son épouse, lors de leur installation au Maroc (Orliac était le nom du clairon du duc d’Aumale).Il choisit d’abord la cause Pétainiste, ce qui lui valut de Pierre Laval la proposition de diriger le ministere du ravitaillement, ce qu'il considéra comme insultant.Par la suite, il se prêta, à Alger, en novembre-décembre 1942, à une conspiration organisée par le résistant Henri dAstier de la Vigerie. Ce complot visait à permettre au prince de prendre la place de l’amiral Darlan. Ce dernier, en effet, après avoir fait tirer sur les Alliés qui débarquaient en Algerie et au Maroc, du 8 au 11 novembre 1942, avait changé de camp, et, en qualité de haut-commissaire de France en Afrique, y avait maintenu intégralement le régime Vichyste, sous un protectorat américain. En outre, la présence de Darlan à la tête des autorités d’Alger empêchait l’unification, pour libérer la France, des forces de la France combattante et de celles de l’armée d’Afrique. Cette conspiration visait pas, à constituer sous l’égide d'Henri d'Orléans, un gouvernement d’union, dans lequel De gaulle aurait dirigé les affaires politiques et Giraud les affaires militaires, jusqu’à la libération de la métropole. Une fois cette libération réalisée, il aurait appartenu aux Français de choisir, par la voie électorale, le régime ayant leur préférence. C’est alors queFernand Bonnier de la Chapelle abattit l’amiral. Certains rendirent Henri d'Orléans responsable de cet acte, à travers Henri d'Astier. D’autres, toujours à travers Henri d'Astier, prétendirent y voir un geste du général de Gaulle. Or l’exécution de Darlan n'a pas profité à Henri d'Orléans. L'attitude d'Henri d'Orléans au moment de l’assassinat de Darlan entraîna son exclusion des clans de la France libre. Interdit de séjour en Algérie par la loi d'exil de 1886, il retourna au Maroc espagnole.
" (...) son destin aurait pu être autre si son comportement avait été différent pendant la guerre, en particulier s'il avait porté les armes de la France au combat. Le prince Napoléon, lui, avait saisi l'occasion en venant me demander de servir au front". Charles de Gaulle à François Flohic, mai 1969 (pour mémoire, dès le 28 décembre 1940, celui-ci avait décidé d'ouvrir la porte "aux chefs français, quelles qu'aient été leurs fautes, qui décideront de tirer l'épée qu'ils ont remise au fourreau" - cité par François Broche, op. cit, p.117). Après l'abrogation de la loi d'Exil, par l'Assemblée nationale en 1950, Henri d'Orléans rentra en France et s'installa à Louveciennes avec sa famille. Hostile à l'impuissance de la IVe République, il tenait un "bulletin politique" mensuel de quatre pages dans lequel il livrait ses analyses et cherchait à combiner le souci monarchique du long terme avec le respect des règles démocratiques. Une fois acquise l’élection du Président de la République au suffrage universel (1962), le Comte de Paris se rallia au général de Gaulle. Celui-ci lui aurait laissé entendre, en 1962, au début de la Ve République , qu'il souhaitait le retour de la Monarchie. Déçu dans ses espoirs, le comte de Paris décida en 1967 de mettre fin à ses activités politiques et cessa la publication de son Bulletin qui était envoyé gratuitement à plusieurs milliers de personnes. .Lors de la première cohabitation (1986-1988), le comte de Paris se prononça à plusieurs reprises en faveur de François Mitterand. Le président Mitterrand était une vieille connaissance .
En 1975, le Comte de Paris crée la Fondation Saint Lois pour préserver les biens de la Familles d'Orléans. Il administre aussi la Fondation Condé, centre de gériatrie à Chantilly (avec le concours de Monique Friesz ), sa gouvernante-secrétaire-dame de compagnie), qui lui fut présentée en 1974 lors d'un dîner parisien par sa fille Chantal, baronne de Sambucy de Sorgue. En 1983, un drame frappe la famille : le onzième enfant, Thibaut, « comte de la Marche », meurt en République Centreafricaine, après avoir été arrêté et inculpé de recel, puis avoir passé 14 mois en détention provisoire, et avoir par la suite bénéficié d'un non-lieu. Un des fils du "comte de Paris", François, était mort pour la France, en Algérie, en 1960. En septembre 1987, très médiatiquement et à l'occasion du Millénaire des Capétiens, devant des milliers de fidèles invités, le comte de Paris titre ses petits-fils les princes Jean et Eudes, respectivement duc de Vendôme et duc d'Angoulème, lors d'une grande cérémonie solennelle célébrée au château royal d'Amboise. Le comte de Paris présente alors le prince Jean, son petit-fils, comme son successeur spirituel à la tête de la Maison de France. En 1992, avec un an de retard, le comte et le comtesse de Paris, séparés de corps et de biens depuis 1986, ont fêté en la chapelle royale Saint Louis de Dreux leurs "noces de Diamant". Le 5 juillet 1998, le comte de Paris célébrait avec un faste certain ses 90 ans au château d'Amboise. Ce fut la dernière réunion de famille du vieux prince, entouré du gotha et de bon nombre des siens, malgré les querelles familiales déjà largement étalées dans la presse française et internationale.
Le 19 juin 1999, jour du mariage civil célébré à Dreux de son petit-fils le prince Eudes avec Marie-Liesse de Rohan-Chabot, il meurt au domicile de sa dernière compagne, Monique Friesz. le 21 juin 1999, le prince Henri d'Orléans, Comte de Paris, fut inhumé dans la Chapelle Royale deDreux.
Henri VII ( comte de Paris), ( duc de France )
Depuis 1999