Demeures princières

Les demeures des Orléans : Le domaine royal de Dreux

Domaine royale de Dreux

Résidence officielle de l'héritier du Chef de la Maison Royale de France, le Prince Jean de France duc de Vendôme. Le Domaine Royal de Dreux, est certainement depuis le XIXe siècle  le Domaine Royal le plus intimement attaché à l'Histoire politique et dynastique des Princes d'Orléans.

L'Histoire du Domaine Royal de Dreux

Le comté de Dreux, situé à la frontière du duché de Normandie, est rattaché au domaine royal en 1023. Le roi Louis VII donne en 1137 le comté de Dreux en apanage à son frère Robert. Ses descendants vont posséder ce fief durant deux siècles et demi. Un château fut édifié au XIIIeme siècle. On peut voir encore certains vestiges du château-fort de Dreux telles que les murailles et quatre grosses tours rondes.  A l’avènement d’Henri IV, la place de Dreux rejoint le camp des ligueurs catholiques qui s’opposent au nouveau roi. Assiégée par Henri IV en 1590, la forteresse doit se rendre en 1593 après un siège mené par Sully. Le domaine de Dreux abandonné sombre dans l’oubli et tombe en ruine. En 1775, Louis XVI cède le comté de Dreux à son cousin le duc de Penthièvre, Gouverneur de Bretagne et Grand Amiral. Après le décès du prince en 1793 en son château de Bizy, le château de Dreux est mis sous séquestre puis vendu aux enchères à un marchand de bois.

 

Au retour des Bourbons, la duchesse d’Orléans, fille du duc de Penthièvre   rachète le domaine et décide d’y faire bâtir une chapelle. La duchesse douairière d’Orléans  souhaite donner une sépulture décente aux morts de sa famille. Elle  choisit l’architecte parisien Claude-Philippe Cramail pour l’édification d’une chapelle funéraire de style classique en forme de croix grecque avec une rotonde surmontée d’une coupole. La duchesse d’Orléans décède en 1821 avant l’achèvement de la chapelle. Son fils Louis-Philippe termine l’édifice qui fut béni l’année suivante en 1822. Louis-Philippe, devenu roi des Français en 1830 décide de faire de cette chapelle le lieu de sépulture des princes de la Maison d’Orléans. Le roi agrandit la chapelle dans un style néo-gothique en vogue à l’époque. L’édifice est terminé en 1844. Louis-Philippe d’Orléans (1979-1980), fils du feu prince Thibaut, comte de La Marche est le représentant de la huitième génération de princes d’Orléans qui reposent dans la chapelle royale. Un élégant pavillon à tourelles fut bâti en 1844 par Louis-Philippe dans le parc de la chapelle royale pour servir de logement à Mgr Guillon, doyen des Aumôniers. Ce bâtiment, appelé encore de nos jours l’Eveché, sert de lieu de réception pour la famille de France après les cérémonies célébrées à la chapelle royale Saint Louis. Les cercueils du comte et de la comtesse de Paris défunts furent exposés dans le salon principal de l’Eveché pour recevoir les visites des fidèles et amis de la famille royale les jours précédents les obsèques des princes. Un autre bâtiment est accolé à l’Eveché. Il s’agit d’une ancienne maison en calcaire et briques rouges surmonté d’un toit a deux pentes et à pan coupé aux extrémités. Cette maison est aujourd’hui la demeure privée du duc et de la duchesse de Vendôme et de leurs enfants. Cette demeure bénéficie d’une vue magnifique sur la ville de Dreux. Cette maison a vu naitre le 7 septembre 1726, Francois-André Danican Philidor, un célèbre compositeur issu d’une dynastie de musiciens et théoricien du jeu des échecs.

 

La maison dite « Danican Philidor » a été restaurée en 1978 pour permettre d’y accueillir la duchesse de Montpensier et ses cinq enfants les fins de semaine et lors des vacances. Le prince Jean et la princesse Philomena ont emménagé dans cette maison en mars 2011 d’une manière durable. Le parc de trois hectares est un terrain de jeu idéal pour le prince Gaston et sa petite soeur la princesse Antoinette. Le duc de Vendôme a installé son bureau dans une tour de la demeure et la princesse Philomena apprécie sa nouvelle vie au domaine royal de Dreux.  

Les demeures des Princes d'Orléans

 

trait-de-separation.jpg

 

Les demeures des Orléans : Le château de Neuilly-sur-Seine

neuilly-d-apres-fontaine.jpgC’est en 1751 que l’architecte Cartaud construit le château de Neuilly à l’initiative du chancelier comte d’Argenson. Des philosophes tels que Diderot, Voltaire ou encore Rousseau fréquentent régulièrement les lieux. C’est le neveu du comte d’Argenson, le marquis de Paulmy qui en hérite et le vend à Madame de Montesson, épouse morganatique de Louis-Philippe le Gros, duc d’Orléans (1725-1785), grand-père du futur roi Louis-Philippe Ier. En 1804, Murat déjà propriétaire du château de Villiers, achète le château voisin de Neuilly et l’agrandit.

En 1818, les deux châteaux sont achetés par Louis-Philippe alors duc d’Orléans. Il agrandit le domaine et fait effectuer plusieurs constructions pour loger ses nombreux enfants et sa soeur Adelaïde. La famille d’Orléans appréciait beaucoup cette demeure aux portes de Paris et y passa de longs séjours durant le règne de Louis-Philippe.

Le 25 février 1848, le château est incendié et pillé par une bande d’émeutiers et de pillards. Le château de Neuilly sera confisqué par Napoléon III en 1852. Le parc a été morcelé en 700 lots. Il ne subsiste du château qu’une aile construite par l’architecte Fontaine pour Murat. C’est ce bâtiment qui sera habité par Madame Adelaïde sous la Monarchie de Juillet. Cette aile sera ensuite occupée par le pensionnat Notre Dame des Arts puis de 1874 à 1907 par une maison de travail pour jeunes filles pauvres.

Le domaine est acheté en 1907 par la Congrégation des Soeurs de Saint Thomas de Villeneuve. Les religieuses ont fait surélever le pavillon d’Adelaïde et ont construit un nouveau couvent en harmonie avec le bâtiment existant. Le domaine est aujourd’hui encore la propriété des soeurs de Saint Thomas de Villeneuve. Le pavillon Wurtemberg  est le seul autre bâtiment qui subsiste du domaine de Louis-Philippe.( Source : noblesse et royautes/ Photo : La Couronne )

Les demeures des Orléans


trait-de-separation.jpg


Les demeures des Orléans : Le château d’Arc en Barrois

braz.jpgLe château d’Arc en Barrois est situé en Haute-Marne à 24 kilomètres de la ville de Chaumont. Lorsque la princesse Adelaïde d’Orléans(soeur cadette du roi Louis-Philippe) hérite de ses ancêtres Penthièvre du domaine d’Arc en Barrois et de Chateauvillain, il ne reste que des ruines. Elle décide donc en 1845 de reconstruire un château de style classique pour son frère Louis-Philippe. Elle décède en 1847 sans avoir vu le château reconstruit totalement par l’architecte Lefranc. C’est son neveu François, prince de Joinville qui en hérite. Il se consacre avec intérêt au domaine et fait construire une glacière dans le parc.

En 1900, son fils Pierre, duc de Penthièvre en hérite. Il habite le château qu’il met à disposition des blessés de Verdun et de l’Argonne lors de la Première guerre Mondiale.  Il meurt célibataire en 1919. Le château d’Arc en Barrois et ses terres reviennent alors à son neveu le prince Jean d’Orléans, duc de Guise, Chef de la maison de France. En 1940, au moment du décès du duc de Guise, Arc en Barrois est partagé entre ses 4 enfants : Isabelle, comtesse Bruno d’Harcourt, Françoise, princesse Christophe de Grèce, Anne, duchesse d’Aoste et Henri, comte de Paris. L’Etat en en propriétaire depuis 1971.

Les demeures des Orléans


trait-de-separation.jpg

  

Les demeures des Orléans :Le château du Nouvion en Thiérache

chateau-du-nouvion-en-thierache-aisne-ou-naquit-le-co.jpg

Le château du Nouvion-en-Thiérache se situe dans le département de l’Aisne au coeur-même de l’ancien duché de Guise. Le domaine forestier a autrefois appartenu à Marie Stuart dont la mère était une Guise. Le domaine revint ensuite aux princes de Condé par héritage. Le duc d’Aumale, 4ème fils de Louis-Philippe en hérite de son oncle et parrain le duc de Bourbon en 1830. Après la révolution de 1848, le duc d’Aumale est contraint à l’exil et cède le domaine de Guise à la banque Seillière pour 13 millions de francs. La société Seillière construit entre 1853 et 1856 l’actuel château afin d’abriter les bureaux de l’administration forestière du domaine.

 

nouvion-en-thierache.jpgLe château est en fait une vaste demeure néo-Louis XIII en briques, bâtie sur un plan symétrique en U. La vente à la société Seillière n’était en fait qu’une opération fictive. C’est pourquoi le duc d’Aumale retrouve son domaine dès 1872 avec en « prime » un nouveau château qui remplaçait avantageusement l’ancienne demeure en ruine des ducs de Guise. Au décès du duc d’Aumale en 1897, le duc de Guise en hérite avec réserve d’usufruit au duc de Chartres, son père. Le jeune duc de Guise s’installe au château de Nouvion juste avant son mariage en 1899 avec sa cousine la princesse Isabelle de France, fille du prétendant Philippe VII, comte de Paris. Le jeune ménage s’y installe et vit paisiblement dans ce cadre champêtre. deux des quatre enfants du duc et de la duchesse de Guise naquirent au château. La princesse Anne, future duchesse d’Aoste le 5 août 1906 et le prince Henri, futur comte de Paris le 5 juillet 1908. Le prince Henri est baptisé le 25 novembre 1908 par l’Abbé Desmier d’Olbreuse en l’église Saint Denis du Nouvion-en-Thiérache. La duchesse de Guise s’ennuyant au château, les princes décident dès 1909 de quitter la métropole pour le Maroc. En 1910, le duc et la duchesse de Guise et leurs 4 enfants s’installent sur le site de Larache au Nord du royaume chérifien. Le château du Nouvion sera pillé par les Allemands durant la guerre 14-18. A la mort du duc de Guise en 1940, le comte de Paris et ses soeurs la princesse Christophe de Grèce, la princesse Pierre Murat et la duchesse d’Aoste héritent du domaine.

 

une-promenade-a-nouvion-en-thierache.jpgFaisant suite à un accord familial, le comte de Paris et le prince Michel de Grèce (fils de la princesse Françoise) deviennent les seuls propriétaires de l’important domaine forestier. Le prince Michel de Grèce vendra sa part quelques années plus tard. Le comte et la comtesse de Paris seront très touchés lorsque la ville honora la mémoire du prince François mort en Algérie en donnant son nom à l’allée face au portail du château. Le comte de Paris resté seul propriétaire, le vend en 1980 à la ville de Roubaix pour en faire un centre d’accueil pour enfants. En 1994, le comte de Paris assiste à l’hommage que lui rend sa ville natale. Ainsi par décision du Conseil municipal, la promenade entourant le plan d’eau est inaugurée et baptisée « Promenade Henri d’Orléans, comte de Paris ». En 1999, au décès du comte de Paris, le domaine forestier est partagé entre ses héritiers. Aujourd’hui, le prince jean, duc de Vendôme est le principal propriétaire de la forêt en raison des dispositions testamentaires de sa grand-mère la comtesse de Paris. Le duc de Vendôme gère sa forêt et assiste chaque année à la vente annuelle du bois. Quant au château, il a été revendu en 2000 par la ville de Roubaix  à un homme d’affaires belge. ( Source : noblesse et royautes )

 

trait-de-separation.jpg

 

Les demeures des Orléans : Orléans House à Twickenham

twickenham1.jpgAu début du XVIIIeme siècle, James Johnston, homme politique écossais, a acheté une vielle maison située à Twickenham au bord de la Tamise. Il a démoli le bâtiment qui était une ancienne ferme de la Couronne et a construit Orleans House entre 1702 et 1737. La demeure, dessinée par John James se compose de trois parties principales : un premier bâtiment carré en briques sombres s’élevant jusqu’au deuxième étage, relié à une tour hexagonale en briques, par une longue galerie de plain-pied. Des communs prolongent l’édifice après la tour appelée l’octogone en raison de sa forme. Johnston passionné de jardinage, a fait dessiner un parc, un jardin d’agrément et un jardin potager. Après le décès de Johnston, la demeure devient la propriété de George Morton Pitt, député de Pontrefract puis de l’amiral Georg Pocock. En 1800, Louis-Philippe, duc d’Orléans, Antoine, duc de Montpensier et Louis-Charles, comte de Beaujolais s’installent dans cette demeure. Les trois frères y vivront en exil jusqu’à la mort du duc de Montpensier en 1807 . Louis-Philippe et le comte de Beaujolais quittent à cette époque l’Angleterre pour s’installer à Malte.

 

orleans-house.jpgEn 1814, Louis-Philippe et sa jeune épouse Marie Amélie sont contraints de quitter la France en raison du retour de Napoléon durant les Cent jours. Ils viennent alors s’installer à Orléans House. Les ducs d’Orléans restent locataires de cette demeure jusqu’en 1817. En octobre 1844, Louis-Philippe désormais roi des Français a rendu visite à la reine Victoria à Windsor pour célébrer l’Entente Cordiale. La jeune reine Victoria a eu la délicate attention d’amener son hôte à Twickenham afin qu’il retrouve ses souvenirs. Victoria aurait même fait admirer à Louis-Philippe un laurier qu’il aurait planté 40 ans auparavant. Après la chute de Louis-Philippe en 1848, les princes d’Orléans s’installent en exil en Angleterre. Le prince Henri, duc d’Aumale, 4ème fils de Louis-Philippe, recherche une demeure en Angleterre et par un curieux hasard Orléans House est à vendre. Le duc d’Aumale achète l’ancienne demeure de son père à Lord Kilmorey pour la somme de 700.000 francs.

 

180014846-9b24ab0c27.jpgLe duc d’Aumale s’y installe en 1852 ainsi que son épouse Marie-Caroline et sa belle-mère la princesse de Salerne veuve depuis peu. Le duc d’Aumale a fait construire une pièce supplémentaire pour abriter sa collection de livres rares. Le prince est heureux de vivre au milieu de ses souvenirs d’Algérie, d’Eu et de Chantilly réunis à Orléans House. Le duc d’Aumale organise de grandes réceptions et la reine Victoria est une familière des lieux. La duchesse d’Aumale est décédée le 6 décembre 1869 à Orléans House. Le duc d’Aumale a quitté la demeure en 1871 et part s’installer en France. En 1877, la maison est vendue à John Digdale Astley pour 45.000 livres et sera transformée en un luxueux club de sport. Très vite, la demeure est revendue à la famille Cunard puis à une congrégation religieuse « Les Dames de la Compassion ». En 1926, Orléans House est vendue à des marchands de gravier et de sable.

 

twickenham6.jpgOrléans House est alors démolie à l’exception de l’Octogone. Cette ravissante tour est sauvée grâce à Madame Walter Levy, fille du vicomte Bearsted qui racheta ce qui restait de la demeure du duc d’Aumale. Cette mécène restaura l’Octogone et en fit don à la ville de Twickenham. Depuis 1972, la ville a fait de l’Octogone l’Orléans House Gallery, un lieu d’exposition ouvert au public.  Le prince Jean, duc de Vendôme a fait un pèlerinage à Orléans House sur les traces de Louis-Philippe et du duc d’Aumale en 2010. Il a fait le trajet symbolique Chantilly-Twickenham à vélo avec un groupe de neuf amateurs.


trait-de-separation.jpg


Les demeures des Orléans : Le château de Bellevue

chateau-de-bellevue-le-chesnay-copie-1.jpgLe château de Bellevue se situe au Chesnay près de Versailles dans les Yvelines. Après son exil anglais, la reine Amélie du Portugal (1865-1951), veuve du roi Carlos Ier du Portugal (1863-1908) décide de venir vivre dans sa patrie d’origine, la France. La reine est la fille aînée de Philippe VII, comte de Paris et d’Ysabel d’Orléans et Bourbon, Infante d’Espagne. La reine achète en 1920 la maison baptisée “Bellevue” à Madame Duval au Chesnay pour la somme de 500.000 francs. Cette demeure construite en 1900 par l’architecte Leyendecker, est en fait une grande maison bourgeoise entourée d’un vaste parc. La reine Amélie fait agrandir la maison et fait graver sur le pignon de sa propriété les armoiries des Bragance et de France accolées ainsi que la devise “Espérance”, chère au coeur des Capétiens et de certains fidèles de la Maison de France. La maison est vite rebaptisée en château de Bellevue en l’honneur de sa royale propriétaire. La reine s’y installe en 1922 et rassemble les souvenirs de son défunt mai, le roi Carlos Ier. Elle reçoit régulièrement sa famille et notamment sa soeur Isabelle, duchesse de Guise. La reine s’occupe d’oeuvres sociales et ouvre le parc de sa propriété pour des kermesses et aux oeuvres de charité.



chesnay3.jpgElle consacre son temps à sa correspondance, soigne bénévolement des  malades dans un hôpital de Versailles et s’occupe du sort peu enviable des prostituées internées à la prison Saint Lazare. Durant la Deuxième Gierre Mondiale, le château de Bellevue est réquisitionné par les Allemands. La reine fera hisser le drapeau de la république du Portugal devant son château et y vit en solitaire, seulement entourée de son personnel dont sa fidèle servante Catherine. La  reine Amélie du Portugal décède au château de Bellevue le 25 octobre 1951 à 9h35 entourée de ses médecins. Elle sera veillée par ses neveux le comte et la comtesse de Paris, la duchesse de Bragance et la princesse Christophe de Grèce. Après avoir reposé à la Chapelle Saint Louis de Dreux, sa dépouille est rapatriée au Portugal. Le 26 novembre 1951, 21 coups de canon accueillent la dépouille de la reine lors de son arrivée à Lisbonne. Des funérailles nationales sont célébrées à Sao Vicente de Fora en présence du président de la république du Portugal.

Le château a été vendu après le décès de la reine. Il abrite aujourd’hui la Chambre d’agriculture d’Ile de France. Seule une plaque de marbre blanc fixée sur un pilier du portail rappelle l’illustre propriétaire de cette demeure.


trait-de-separation.jpg


Les demeures des Orléans: Le Château d’Eu

le-chateau-d-eu.jpgLe château d’Eu se trouve sur la frontière septentrionale de la Normandie, dans la vallée de la Bresle, à 4 kilomètres du Tréport. Au 11ème siècle, Guillaume le Conquérant  épouse Mathilde de Flandre au château d’Eu. Il ne reste rien de ce château. A la fin du 16ème siècle, Catherine de Clèves, comtesse d’Eu et son époux Henri de Lorraine, duc de Guise dit le Balafré, commencent la construction d’un château en U. Une seule aile et la moitié du corps de logis central sont réalisés. L’assassinat du duc de Guise à Blois en 1588 signe l’arrêt progressif des travaux. L’aile deviendra après transformation le château actuel.



En 1611, leur fils Charles, duc de Guise épouse Henriette Catherine de Joyeuse qui donne naissance à Marie de Bourbon-Montpensier. En 1660, la princesse Anne Marie Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier dite “la Grande Demoiselle” achète le comté pairie d’Eu et entreprend rapidement de grands travaux de confort et d’embellissement. Cette étonnante princesse petite-fille d’Henri IV et cousine germaine de Louis XIV, vit en exil dans son château d’Eu après avoir activement participé à la Fronde. Elle crée à Eu des hôpitaux et y répand ses généreuses aumônes. Sans descendance de son union cachée avec Monsieur de Lauzun, la “Grande Mademoiselle” fait donation au duc du Maine, aîné des enfants illégitimes de Louis XIV et de Madame de Montespan, du comté d’Eu avec réserve d’usufruit en 1681.



En 1697, au décès de la “Grande Mademoiselle”, le duc du Maine prend possession du comté d’Eu. En 1775, le duc de Penthièvre 409251.jpghérite du domaine d’Eu et le transmet à sa fille unique Marie Adelaïde, duchesse d’Orléans. De 1793 à 1814, la duchesse d’Orléans, veuve de Philippe-Egalité, est dépouillée de son domaine. A son retour en France, lors de la Restauration des Bourbons, elle rentre en possession de ses biens et conserve le château d’Eu jusqu’à sa mort en 1821. Son fils Louis-Philippe en hérite et commence dès 1828 à reconstruire le château d’Eu. L’architecte Fontaine régularise la façade et double la largeur du château.
 
A partir de 1830, Eu devient résidence royale au même titre que Saint-Cloud ou les Tuileries. Le roi “citoyen” séjourne souvent au château d’Eu pour les vacances en famille et y tient même quelquefois le conseil des ministres. Louis-Philippe y reçut deux fois la reine Victoria en 1843 et en 1845 sous le signe de l’Entente cordiale. Après la chute de la Monarchie de Juillet, le château s’enfonce dans un profond sommeil. Le domaine est confisqué en 1853.



Le domaine est rendu en 1872 au comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe et Chef de la Maison d’Orléans. Celui-ci charge Viollet-le-Duc d’aménager le domaine et le château entre 1874 et 1879. En 1886, le comte de Paris est contraint de quitter Eu pour l’exil en raison d’une nouvelle loi d’exil. A son décès en 1894, son fils Philippe, duc d’Orléans (1869-1926) devient Chef de la famille et hérite du château sans pouvoir y résider puisqu’exilé. Un important incendie ravage toute la partie sud du château en 1902.

 


  la-famille-d-orleans-sur-la-terrasse-du-chateau-d-eu.jpgEn 1905, le duc d’Orléans vend le château au prince Gaston d’Orléans, comte d’Eu, petit-fils de Louis-Philippe et époux de la princesse héritière du Brésil. Le comte d’Eu fait restaurer le château et l’habite avec son épouse et leurs trois fils princes d’Orléans-Bragance. En 1922, le prince Pedro d’Alcantara d’Orléans-Bragance, fils aîné du comte d’Eu, hérite du château et s’y installe avec la comtesse Elisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz et leurs 5 enfants.


Au décès de la princesse Pedro d’Alcantara en 1951, le château (ci-dessus le Pavillon des Ministres donnant sur la cour d’honneur du château) devient la propriété de ses 5 enfants : la comtesse de Paris, la duchesse de Bragance, la princesse Thérèse, le prince Pedro Gastao et le prince Joao. En 1954, les 5 princes d’Orléans-Bragance cèdent le château à la Société d’Etudes Historiques Dom Pedro II qui la cède à son tour en 1962 au département de la Seine-Maritime. En 1964, la ville d’Eu achète le château. En 1973, la municipalité y aménage sa mairie et crée le musée Louis-Philippe destiné à recueillir les souvenirs des princes d’Orléans et de la Monarchie de Juillet.(Merci à Charles pour le texte et les photos du château d’Eu)


trait-de-separation.jpg


Les demeures des Orléans: Le château d’Agimont

agimont.jpgLe château d’Agimont se situe aux confins des Ardennes belges au-dessus de Givet, dans le village d’Agimont. Le château qui est entouré de 20 hectares, a été offert au comte et la comtesse de Paris à l’occasion de leur mariage en 1931 par le duc de Guise et le prince Pierre d’Orléans-Bragance.


Il fut acquis pour 1.650.000 francs belges à la famille Puissant, famille de maîtres de forges de la région de Charleroi. Le comte de Paris fit exécuter divers travaux afin de rendre le château plus confortable. Construit au sommet d’un piton rocheux, le château de granit bleu que la comtesse de Paris qualifiait de ”nid de granit bleu” a une vue imprenable sur la France.


La comtesse de Paris appréciait de passer des séjours à Agimont où le protocole était absent et qui était également sa première vraie maison depuis son mariage. Le comte et la comtesse résidaient à Bruxelles au manoir d’Anjou mais passaient des périodes à Agimont. Le comte de Paris rejoignait tous les week-ends son épouse et ses enfants, arrivant à bord de sa Bugatti rouge, un autre cadeau de mariage.


Le couple princier et ses aînés quittèrent Agimont en 1939 pour ne plus jamais y revenir. Après la guerre, le château fut retrouvé dans un très mauvais état. Il fut cédé le 7 juin 1951 pour la somme de 2 millions de francs belges au syndicat socialiste de la ville de Charleroi et transformé en centre de vacances.

trait-de-separation.jpg


 ©La Couronne.org     Nous contacter