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dripLa démocratie, nous dit Alexis de Tocqueville, n'est pas seulement une forme de gouvernement, c'est aussi un mode d'organisation social, qui privilégie et développe la liberté individuelle comme l'égalité des chances pour l'accomplissement de chacun dans les limites de sa liberté et dans la conscience de sa responsabilité. En très peu d'années, notre société a délaissé ses normes, ses codes et ses valeurs immémoriales. Nous y avons peut-être gagné, en privé, une certaine liberté. Mais nous avons oublié que toutes liberté est plus facile à concevoir qu'à vivre, qu'elle porte en elle sa part d'inquiétude, d'angoisse et d'exigence. Aux difficultés, aux incertitudes et aux misères engendrées par la crise en tous ses niveaux, s'ajoute en effet une angoisse métaphysique.

 

Qui sommes-nous, puisque nous apparaissons à nous-mêmes comme des individus sans statut reconnu? Quel peut être notre destin en ce monde qui nous apparaît sans avenir? Après l'illusion brisée d'une croissance matérielle infinie, après l'exaltante découverte d'une liberté qui nous paraissait elle aussi sans limites, nous voici seuls face à nous-mêmes, obligés d'inventer nos propres règles de conduite tout en vivant une compétition de tous les instants, dans laquelle seul le plus fort et le plus riche a des chances de survie. Ni la science, ni la raison, ni les idéologies politiques, ne peuvent apporter les apaisements souhaités. C'est ainsi que revient le temps des peurs collectives, peur de l'autre, peur de demain, auxquelles on tente d'échapper en se réfugiant dans des Eglises de pacotille, en se donnant une identité mythique ou en projetant sur n'importe quel bouc émissaire la violence dont on est victime. Je ne juge ni condamne ces réactions de désarroi. Je dis simplement que le risque est grand, en France, d'un retour du balancier qui nous laisserait plus désemparés que jamais.

 

De ce mouvement de retour, nous avons fait maintes fois l'expérience depuis deux siècles. Cherchant la transcendance divine, nous avons fabriqué de redoutables idoles. Cherchant l'autorité, nous avons sombré dans la dictature. Niant toute hiérarchie, nous avons vu s'imposer de sombres caricatures. A la poursuite de la Tradition, nous avons été abusés par son apparence. La France a été déchirée par ces mouvements désaxés. Dans la tempête que notre monde traverse actuellement, je me remémore ces paroles de Bernardin de Saint-Pierre : "Nous apercûmes le corps et les vergues d'un grand vaisseau dans le brouillard. Nous entendîmes le sifflet du maître qui commandait la manoeuvre, et les cris des matelots qui crièrent pars trois fois " Vive le Roi!"... C'est le cri des Français dans les dangers extrêmes ainsi que dans les grandes joies, comme si dans les grands dangers ils appelaient leur Prince à leur secours ou comme s'ils voulaient témoigner, alors, qu'ils sont prêts à mourir pour lui"

Signature-du-comte-de-Paris.jpg    Paroles d'Henri VII, Comte de Paris et Duc de France.

www.maisonroyaledefrance.fr

 

Publié dans : Paroles de princes
Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 00:04

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