Partager l'article ! Henri, comte de Paris : "nous devons rappeler nos racines, qui s'encrent dans le ciel": Monseigneur, quel est le sens de votre présence à Reims ...
Monseigneur, quel est le sens de votre présence à Reims?
Nous avons été invités par Mme Adeline Hazan, maire de Reims, et par les autorités civiles de la Marne. Et bien sûr,nous y sommes allés avec un grand plaisir. L'archevêque, Mgr Thierry Jordan, nous a accueillis dans sa Cathédrale, la princesse et moi. Que la République célèbre cet anniversaire et y invite la famille de France, voilà qui n'est pas sans signification.
Votre premier souvenir de Reims?
C'était en 1974, j'avais quatorze ans. Avec mon frère François, nous visitions la France pour la première fois. Malgré la loi d'exil, le président de la République nous en avait donné l'autorisation. Ensuite je suis resté à Bordeaux pour mes études. Reims était encore en reconstruction, les vitraux n'étaient pas tous remis en place, nous avons visité les ateliers des verriers. C'était merveilleux. Je ressens toujours cette même émotion, moins dans la Cathédrale même que dans la petite chapelle du palais du Tau, où les Rois se receuillaient la nuit précédant le sacre, durant laquelle ils jeûnaient et priaient. Ici je retrouve la quintessence de l'esprit français, entre le profane et le sacré, la chevalerie, le désir d'aller beaucoup plus loin...
Pensez-vous que le sacre royal aurait encore un sens dans la France laïque et multiculturelle d'aujourd'hui?
La royauté est une institution qui véhicule l'identité d'une nation. Elle peut donc prendre plusieurs formes: sacré comme en Angleterre, ou civile comme ailleurs. Si quelque chose de cet ordre advenait en France, les Français seraient bien entendu consultés. Mais je pense que nous, princes de France, nous devons rappeler nos racines, qui s'ancrent dans le ciel. Il y a une dizaine d'années, j'ai assisté à la présentation du " Livre de la paix ", ici même à Reims. Une cérémonie oeucuménique avait été organisée, avec l'archevêque,le rabbin, l'imam, des responsables orthodoxes et protestants. Dans ce livre de la paix, j'avais écrit un texte, où je parlais des religions monothéistes: le judaïsme, la chrétienté et l'islam. La Famille de France, par Blanche de Castille, ne descend-elle pas d'ailleurs d'une princesse arabe? Nous avons les mêmes racines. Et je pense que la paix passe par la concorde entre ces trois religions.
( Photo: © La Couronne / texte: Point de vue n°3278 )