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Ce week-end est tout à fait particulier puisqu'il s'agit
de celui du 21 janvier. Cette date, célebrée avec dévotion dans les milieux royalistes, est quasi anonyme chez le "citoyen" lambda. Pour l'homme de la rue, le 21 janvier est un jour comme les
autres ni plus ni moins. Cette date est pourtant emblématique: pour la première fois de son histoire, la France y exécutait son chef de l'Etat après qu'il eût été condamné à mort par des
instances dites légitimes et souveraines. Ce seul évènement est en lui même assez considérable pour mérité d'être rappelé officiellement chaque année. Car en effet, pour en arriver à condamner à
mort un roi de France, fallait-il que celui-ci se fût montré particulièrement criminel lors de son règne; l'anniversaire de son exécution devrait donc être fêté encore de nos jour, comme le
souvenir d'une grande victoire sur l'oppression. Or il n'en est rien; c'est même le silence total sur cet évènement pourtant majeur de l'Histoire de France.
Comment expliquer cette amnésie, au pays où le devoir de mémoire est roi? Se pourrait-il que le régime actuel, héritier des régicides, ne soit pas si fier que ça des agissements de ses "grands anciens" ? C'est possible, et c'est même probable, car si l'histoire officielle a réussi à faire passer LouisXVI pour un roi falot et ballot, ce que soit dit au passage il n'était absolument pas, elle a échoué dans sa tentative de lui faire porter le costume du tyran assoiffé de sang. Les historiens sont formels sur ce point: conscient du caractère temporairement irréversible de la situation, LouisXVI préféra se laisser tuer plutôt que d'avoir à faire verser du sang français. Si bien que ce n'est pas un criminel que les révolutionnaires exécutèrent mais bien un innocent, et même un saint pourrait-on dire. Cette réalité est d'autant plus accablante qu'elle fut à l'époque entouré d'une foule de circonstances particulières qui la rendent extrêmement odieuse à la postérité; pensons par exemple à la façon atroce dont la famille royale fut traitée par ses bourreaux républicains; à la reine Marie-Antoinette, mère de famille humiliée et insultée; au petit dauphin, qui n'avait qu'une dizaine d'années lorsqu'il mourut de maltraitance dans sa prison du Temple. A priori il n'y aurait pas à chercher plus loin les raisons du silence qui entoure le 21 janvier 1793: puisqu'elles ne peuvent salir la mémoire du Roi Martyr, les élites républicaines tentent tout simplement de faire oublier que ce jour là, elles l'on assassiné.
Et pourtant des raisons d'étouffer
le souvenir du 21 janvier il y en a d'autres; elles sont d'ordre politique et rejoignent celles qui motivèrent la condamnation du roi à l'époque. Tuer LouisXVI était une nécessité politique pour
les révolutionnaires: lui vivant, la république ne pouvait exister. Avec sa mort, c'est tout l'Ancien Régime qui s'écroulait, et l'ère républicaine qui prenait son essor. Deux siècles plus tard
les données politiques de cette affaire sont restées plus ou moins les mêmes: après avoir tué le roi pour commencer d'exister, la république doit perpétuellement tuer son souvenir pour continuer
d'exister. C'est particulièrement vrai dans les circonstances actuelles qui voient la 5ème république sérieusement mise à mal; dans un moment où l'on parle de changer de régime, il ne faudrait
surtout pas ranimer le souvenir de la royauté: il ne manquerait plus qu'elle apparaisse comme une alternative crédible! Voila donc la cause première et profonde de ce "black-out": non seulement
le roi assassiné est comme un squelette dans le placard républicain, mais de plus, le mort pourrait bien ressuciter dans la mémoire des Français.
Comme royalistes, l'affection que nous portons au souvenir du Roi de France doit nous conduire à comemorer sa mort dans la dignité et sans tapage. Comme Français, le devoir nous oblige à crier bien haut que cette mort n'est rien d'autre qu'un assassinat politique, et que le silence qui l'entoure désert la France et compromet son avenir. La mort de LouisXIV marque une rupture brutale dans la tradition politique française : il faut désormais dépasser cette rupture et réconcilier la France avec l’institution royale, car soyons réaliste, la royauté est la seule et unique réponse politique viable aux problèmes que traverse notre pays. Rompre avec la rupture, c’est parfaitement possible, les Russes nous l’ont prouvé en rapatriant en grande pompe les cendres du Général Denikin ; pourquoi nous autres Français n’en serions nous pas capable? Rompre avec la rupture et montrer la pertinence de la royauté dans le débat politique actuel, c'est là tout le combat de ce blog.