Alors que s’est éteint le fils aîné du chef de la Maison de France, nous vous proposons un portrait de ce Prince bon, simple et gentil qui laissera un grand vide dans le cœur des monarchistes français.


Son Altesse Royale le Prince François, Henri, Louis, Marie d’Orléans, Fils de France, est né le mardi 7 février 1961 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), à la clinique du Belvédère, à 6 heures et 55 minutes.

Il est le deuxième enfant, et le premier fils, de Leurs Altesses Royales le comte et la comtesse de Clermont, qui sont depuis le comte de Paris et duc de France, et la duchesse de Montpensier. Ses parents étaient mariés depuis 4 ans lorsque la venue de ce petit Prince de France est venu égayer leur foyer.

Son prénom est un hommage à son oncle paternel, le Prince François de France, mort pour la France en Octobre 1960 en Algérie sous l’uniforme du 7ème Bataillon de Chasseurs alpins. Lors de l’annonce de son décès, celle qui était alors la comtesse de Clermont était déjà enceinte du petit Prince.

Une fille était déjà venue combler de bonheur ses parents, la Princesse Marie de France (depuis épouse du Prince Gundakar de Liechtenstein). Et trois autres enfants viendront après le Prince François : la Princesse Blanche de France (Mademoiselle de Valois), et les Princes Jean (Duc de Vendôme) et Eudes (Duc d’Angoulême).

Le comte et la comtesse de Clermont et le Prince François de France, quelques jours après la naissance.

Le Prince François sera baptisé un peu moins d’un mois plus tard, le 4 mars 1961 en la Chapelle Saint-Louis de Dreux. Son baptême est le premier baptême qui sera officié au sein de la Chapelle royale, consacrée par la bonté du Saint Siège, comme chapelle particulière du chef de la Maison de France et de son auguste Famille.

Le baptême fut célébré par Son Eminence le Cardinal Pierre Gerlier, Archevêque de Lyon et Primat des Gaules. Le petit Prince reçut alors comme parrain son grand-père paternel, Monseigneur le comte de Paris alors chef de la Maison de France, et comme marraine, sa grand-mère maternelle, Madame la duchesse de Wurtemberg née archiduchesse Rose d’Autriche-Toscane.

Monseigneur Roger Michon, évêque de Chartres, et le Révérend Père Carré (prédicateur de Notre-Dame) assistèrent également le Cardinal Gerlier dans son office. La présence de l’Evêque de Chartres n’est pas anodine : c’est dans cette ville que Henri IV fut sacré Roi de France. Le prédécesseur de Monseigneur Michon, Monseigneur Roger Harscouët avait déjà officié pour le baptême de l’actuel chef de la Maison de France le 5 juillet 1933. C’est également au cours de la cérémonie du baptême, que Madame la duchesse de Montpensier consacra son fils à la Vierge selon la coutume de la Famille de France.

Madame la comtesse de Clermont (depuis duchesse de Montpensier) tenant dans ses bras le petit Prince François de France. Son Eminence le Cardinal-Primat des Gaules lui administre le Saint sacrement du baptême. Par ce geste, le petit Prince devient un Enfant de Dieu. En arrière-plan, on voit Madame la duchesse de Wurtemberg, marraine du nouveau-né.

Selon la coutume de la Maison de France héritée des Rois de Navarre, Monseigneur le comte de Paris administre le baptême béarnais à son petit-fils. Il lui frotte une gousse d’ail sur les lèvres (pour le faire pleurer) avant de lui faire boire une goutte d’un vin de Jurançon (pour le faire rire). Ce baptême administré pour la première fois sur le futur Henri IV par son grand-père maternel Henri d’Albret de Navarre, est réservé aux Fils de France, ce qu’était le Prince François en sa qualité de fils aîné du dauphin de France. La robe que portait le petit Prince lors de cette cérémonie était celle du baptême de Louis XIV.

Comme la chapelle Saint-Louis de Dreux venait d’être consacrée comme chapelle particulière du chef de la Maison de France, il a fallu créer de toutes pièces des fonds baptismaux en marbre. Le Prince François est donc le premier des sept Princes et Princesses de France à avoir été baptisé sous le regard de son ancêtre Louis-Philippe Ier inhumé dans la même chapelle.

Monseigneur le comte de Paris (Henri VI) vient d’administrer à son petit-fils et filleul le baptême béarnais des Fils de France. A ses côtés, Monseigneur le comte de Clermont (Henri VII), père du nouveau-né ; Monseigneur et Madame le duc et la duchesse de Wurtemberg, grands-parents maternels du nouveau-né ; et de dos, nous supposons le Prince Thibaut de France, futur comte de la Marche.

Ce n’est que plus tard dans sa petite enfance, que le handicap mental du Prince François sera découvert. Madame la duchesse de Montpensier était en effet porteuse de la toxoplasmose lorsqu’elle était enceinte du Prince François et de la Princesse Blanche. Certains pensent que la duchesse de Montpensier aurait contracté ce virus lors d’un voyage qu’elle a effectué en Algérie pour assister à la remise d’une décoration (la Croix de la Valeur militaire) à son mari, alors comte de Clermont.

Son état de santé nécessitait qu’il vive comme pensionnaire dans des institutions spécialisée, notamment en Suisse à Fribourg. Toutefois, il revenait le plus souvent possible chez sa mère (séparée du Prince Henri en 1977, et divorcée depuis 1984) et ses frères et sœurs.

Jamais le Prince François n’a été écarté des réjouissances familiales, et on pouvait le voir toujours sourillant auprès des siens qui l’entouraient et l’aimaient. Il était présent, par exemple, lors des fêtes marquant le 70ème et le 80ème anniversaire de feue la comtesse de Paris sa grand-mère paternelle, de qui il était très proche.

On l’a vu également à Friedrichshafen, le 29 juillet 1989 lors du mariage de sa sœur aînée la Princesse Marie de France avec le Prince Gundakar de Liechtenstein :

De gauche à droite : le Prince Jean de France, duc de Vendôme ; la Princesse Blanche de France ; le Prince François de France ; le Prince Gundakar de Liechtenstein et la Princesse Marie de France ; le Prince Eudes de France, duc d’Angoulême.

On le voit encore à Chantilly, lors d’une réunion familiale :

M. Arnaldo La Cagnina et son épouse la Princesse Claude de France ; la Princesse Marie de France ; le Prince Eudes de France, duc d’Angoulême ; la Princesse Blanche de France ; Monseigneur le comte de Paris ayant la main sur l’épaule de sa petite-fille ; Madame la duchesse de Montpensier donnant le bras à son beau-père et son fils aîné ; le Prince Jean de France, duc de Vendôme ; le Prince François de France.

L’état de santé du Prince François nécessitait une reconnaissance officielle par la justice. Le 24 juin 1980, le Tribunal d’Instance du 17ème arrondissement de Paris reconnut cet état de fait, et plaça le Prince sous administration judiciaire. Le dernier tuteur que le Prince François eut était son frère cadet, le Prince Jean de France, duc de Vendôme.

En Mai 2015, le Prince François était à Dreux pour assister à la grande fête donnée pour le 50ème anniversaire du Duc de Vendôme, il y retrouvait toute sa famille :

La Princesse Léopoldine de Liechtenstein, fille de la Princesse Marie de France ; le Prince François de France, comte de Clermont ; la Princesse Blanche de France, mademoiselle de Valois ; le Prince Pierre d’Orléans, fils du Prince Eudes de France.

Le Prince vivait ces dernières années dans une institution spécialisée nommée L’Arche, parfaitement adaptée à son état, et fondée en 1968 par Jean Vanier, un homme qui s’est consacré toute sa vie aux personnes déficientes intellectuellement.

Le 19 avril 1995, il devient le parrain de sa nièce, la Princesse Marguerite de Liechtenstein, dont le deuxième prénom Franziska lui est dédié. Il occupe cette place avec la Princesse Daria de Thurn et Taxis. Le 24 juin 1999, son père, devenu cinq jours plus tôt le chef de la Maison de France, le titra comte de Clermont.

Le Prince Jean de France a eu l’occasion de raconter en Mars 2012 ô combien le Prince François aimait les chevaux. Le Prince Jean lui avait fait la surprise une fois de le prendre chez lui un week-end et de lui donner l’occasion de choyer des chevaux. Une journée au tour du thème du cheval qu’avait adorée le Prince François.

Que ce Prince repose en paix !


Matthias Samyn

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