Un conservateur-restaurateur de sculptures travaille depuis la mi-février dans la chapelle Royale de Dreux. Olivier Rolland étudie les tombeaux. Il s’agit de comprendre comment les tombeaux furent réalisés mais, aussi comment et pourquoi certains s’abîment plus que d’autres. Leurs pierres et leurs marbres sont menacés par la cristallisation de sels solubles qui les désagrègent (comme le salpêtre) et par le gonflement de la rouille d’armatures de fer qui les fissurent.

Pour mieux comprendre la provenance des sels et leur action, Olivier Rolland les prélève et les fait identifier par le laboratoire spécialisé ERM à Poitiers. Le XIXème siècle a beaucoup innové, au risque parfois de quelques erreurs. Le plâtre, magnifique matériau pour les artistes, fut trop et parfois mal utilisé : le gypse qui le constitue, transporté par l’eau, est le principal des sels qui menacent la chapelle, surtout lorsqu’il se mêle à d’autres sels plus solubles et plus hygroscopiques. Le gisant d’Hélène de Mecklembourg-Schwerin, épouse de Ferdinand-Philippe, risque d’être contaminé par les sels qui rongent la voûte au-dessus et tombent sur le marbre avec les débris qu’ils produisent, le beau couple emblématique, de la chapelle, serait menacé si les mesures nécessaires n’étaient pas prises rapidement.

Parallèlement à cette étude, le conservateur-restaurateur réalise un dossier de suivi : pour chaque tombeau, des photos à différentes échelles permettront de mieux suivre son état de conservation. Après trois semaines consacrées aux relevés, prélèvements et dossiers de suivi, Olivier Rolland réalisera des sondages sur les armatures en fer et essais de traitement pendant encore une semaine.

Enfin, il émettra des préconisations : les gisants et certaines parties pourront être complètement protégées contre les sels solubles en les isolant des infiltrations d’eau, des remontées capillaires et chutes de débris salins. D’autres pourront recevoir des mortiers sacrificiels qui protégeront la pierre comme une sorte de compresse de dessalement. Enfin des parements ou des moulures peuvent être refaites ; sur ces parties, le travail du tailleur de pierre appartient à la vie même du monument et, lorsqu’il est bien fait, il n’altère en rien son authenticité.

 

Sur cette photo, le restaurateur effectue des relevés sur les gisants du Prince Ferdinand-Philippe, Duc d’Orléans et son épouse la Duchesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin. Le gisant de la Duchesse d’Orléans risque d’être contaminé par les sels qui rongent la voûte au dessus et tombent sur le marbre avec les dégâts qu’ils produisent.


Infos et photo Facebook de la Chapelle Royale de Dreux

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