Mieux connaître ses sujets, telle est la volonté de l'héritier des princes de France. Et c'est ainsi que Jean d'Orléans a grimpé les étages d'une HLM de Toulon.
Des mains baguées de chevalières tapotent des applaudissements: Son Altesse Royale le prince Jean de France vient d’achever sa conférence. Dehors, la nuit camoufle la rade de Toulon. Une dame perdue dans une immense fourrure bondit sur ses Mephisto: elle veut une dédicace du " vrai Prince Jean". Le vrai ? "Pas celui de Neuilly", glousse-t-elle. Pour s’adresser à l’héritier du trône de France, les silhouettes se font raides et les voix pointues. "Lors de ce genre de séances, il y a toujours des monarchistes, des curieux et des zinzins, énumère le Prince. Beaucoup veulent me toucher... " Qu’ils sachent donc que Jean d’Orléans (son nom civil) n’a pas hérité du pouvoir de guérir les écrouelles.
"Quelque chose de sacré émane de lui", affirme pourtant un jeune entrepreneur varois, au bord de l’asphyxie dans son nœud Windsor. "Vous réalisez qu’il a dans son sang des traces des gènes de saint Louis ?" Peu de gens reconnaissent dans la rue ce grand garçon au front large et à la gentillesse hors d’âge. Mais ceux qui savent qu’il est l’arrière-petit-fils de l’arrière-petit-fils de Louis-Philippe disent ressentir un effet particulier. Et cela, partout où il passe.
A raison de deux visites par mois en moyenne, Prince Jean parcourt la France à la rencontre de ses sujets. Ce week-end, il est à Lille. La semaine dernière, il était à Toulon. Dans chaque ville, les militants de son association Gens de France (humour princier !) assurent la logistique. Les consignes sont toujours les mêmes. Servir au Prince des repas sans gluten ni lactose ("sinon vous aurez un régicide sur la conscience"). Et lui composer "un patchwork de rencontres", afin de mieux connaître les réalités "politiques, spirituelles, sociales et militaires de notre pays". Y compris ses marges.
"La France est monarchiste de coeur et républicaine de raison"
Un brin fébrile, son comité d’accueil toulonnais le conduit donc "au cœur d’un quartier difficile", Sainte-Musse. Grande première: le Prince monte dans un appartement d’une tour HLM, où vivent des animateurs socioculturels. Il les écoute parler de leur mission. Ceux qui viennent à sa rencontre voudraient des oracles et des grands discours. Mais la plupart du temps, Prince Jean reste silencieux. "Il est sans cesse en rétention verbale", confirme le docteur Jean Gugliotta, un de ses conseillers. "Il est un citoyen ordinaire. En même temps, il a mille ans d’histoire familiale sur les épaules et tout ce qu’il dit se trouve chargé d’une portée particulière." Aussi entre-t-il plus que prudemment dans la vie. A 44 ans, l’héritier des Capétiens vient seulement de se marier, d’avoir un enfant, Gaston, et de ramasser dans un livre* ses convictions, globalement fidèles aux enseignements de l’Église.
" Et le retour de la monarchie ?" Aristocrates et roturiers, royalistes et républicains, tous finissent par formuler la question. Au risque de décevoir ses plus fervents soutiens, Jean d’Orléans dresse un constat lucide: "Pour moi, la monarchie est une espérance. Il me manque cependant les circonstances et la volonté populaire. Pour l’instant, la France est monarchiste de cœur et républicaine de raison..." En attendant que l’histoire sonne à sa porte, ce fan de U2 est sollicité pour évoquer son aïeul Henri IV: on célèbre cette année le quatre centième anniversaire de la mort du Vert-Galant. C’est un début. "Jean IV" préférerait exercer un magistère moral. Mais entre la protection de l’environnement "à la manière d’un Al Gore", la défense du patrimoine culturel, de la francophonie ou celle des personnes handicapées (il a un frère et une sœur concernés), son cœur balance encore.
Comme son grand-père avant lui, il rêve de la présidence de la Croix-Rouge, "en tout cas d’une grande institution où je pourrais délivrer une vision à long terme, alors que les politiques ont le nez dans le guidon". Entre une bruschetta au foie gras et un mignon de veau aux morilles, il précise: "Je pourrais apporter de la sérénité et… oui, me faire connaître."
Dans une Monarchie
héréditaire, le choix humain sur la magistrature suprême de l’Etat, n’a pas sa part, par la simple force des choses, ni celui des princes ni celui de l’électorat : le roi, devenu roi par
l’événement le plus triste d’une vie, c’est-à-dire la mort d’un homme qui, le plus souvent, est celui qui lui a donné la vie, ce nouveau roi est libre des programmes, des querelles partisanes, des
manœuvres politiciennes : il ne doit rien au jeu politique usuel, c’est par sa naissance et le mode de désignation le plus naturel qui soit qu’il est souverain. Cela lui procure une liberté
certaine, statutaire, qui lui confère aussi une autorité qui n’est pas que personnelle (même si son charisme propre peut avoir une incidence non négligeable sur le paysage politique, sur la
conduite de l’Etat et sa perception dans le pays), mais reflète celle de ses prédécesseurs, la poursuit et s’en nourrit elle-même. De plus, ce mode de désignation assure au monarque une position
politique qui n’est pas une posture mais un cadre institutionnel « au-delà du paysage électoral » et politique ordinaire, sans pour autant méconnaître ni le paysage ni le calendrier politiques de
son pays et de son époque.
Le monarque apparaît ainsi comme la représentation
symboliquement forte de la France et, au-delà de sa simple actualité politique, de son histoire, aussi mouvementée qu’elle soit, héritier des bons comme des mauvais moments : le roi n’a pas à faire
le tri dans l’histoire, il en assume la totalité et toute la complexité, voire les ambiguïtés. Il n’est pas un souverain qui donne des bons ou des mauvais points à tel ou tel règne, à tel ou tel
régime, à tel ou tel Chef d’Etat : il poursuit une histoire qui est celle, unique à défaut d’être unitaire, de notre pays. Pas de revanche non plus à prendre, pas de République ou d’Empire à
dénoncer, il « prend tout », car sa position lui enjoint de tout assumer et d’incarner la France elle-même, son être présent comme sa mémoire, sa nature, ses gloires comme ses défaites, ses bontés
comme ses pages les plus sombres : en faisant cela, il laisse le champ libre aux historiens et il libère l’Etat et la nation de la pesanteur d’un « devoir de mémoire » en définitive incapacitant et
paralysant pour les générations actuelles et à venir.

Jean en public, de l'identité nationale
aux
écrouelles
Après Senlis, Lyon, Marseille, Paris, Jean de France est venu, hier soir ... à l'hôtel de ville de Marcq, défendre son livre. Chez le maire UMP Bernard Gérard parce qu'il était l'invité de la petite association Vu de Marcq. Et pas au Furet parce qu'il « n'a pas eu cette occasion ».
Sa visite a attiré un bon 200 personnes dans le salon d'honneur marcquois, et jusque dans le couloir. Le prince était là pour défendre ses idées. Il aimerait
participer au débat sur l'identité nationale. « Ce que nous sommes, nous l'avons construit ensemble, il faut la diversité, mais aussi un dénominateur commun. » Dans son livre, il est
plus précis : il se dit pour une « laïcité bienveillante », qui respecte tous les cultes, mais dans une France qui reste essentiellement chrétienne... « Il faut que nous soyons
fiers de notre histoire... » Au public, il a livré l'exemple de l'association catholique du Rocher, respectée dans les cités de Toulon.
« Toutes les personnes qui viennent composer notre pays, si elles voient qu'en face il n'y a pas de consistance, feront ce qu'elles veulent. » Enfin les
étrangers doivent, selon le prince, être assimilés.
Une autre question de la salle lui a bien heureusement permis d'évoquer la monarchie absolue. « Elle ne l'a jamais été tant que ça, il y a toujours eu un conseil », disait-il quand nous posions le problème de la compétence. « Quel que soit le système, dans une transmission de père en fils, ce problème se pose », mais pèse moins que la continuité de l'action qu'il permet. Seul moment de tumulte, hier soir, celui qui vit un homme en blanc accuser Jean de France d'être « à la fois royaliste et régicide » (par sa filiation avec Louis-Philippe) et lui reprocher de ne pas savoir guérir les écrouelles...
C.F.
Dans la première semaine de janvier 2010, le Prince
Charles-Philippe d'Orléans, Duc d'Anjou, avec son épouse, la Princesse Diane d'Orléans, Duchesse de Cadaval, avec le Comte Piccapietra, a dirigé l'Ordre de Saint-Lazare en pèlerinage vers ses sources, en Terre Sainte.
L'Ordre est né il y a environ neuf siècles
par des Chevaliers croisés
à l'ancien hôpital fondé par les Arméniens au pied des murailles de Jérusalem, où lépreux et chevaliers blessés, issus de milieux différents, vécurent dans une communauté
chrétienne. En
tant que 49e Grand Maître de l'Ordre de Saint-Lazare « tant en deçà qu'au delà de la mer », le Prince perpétue une tradition de plusieurs de ses prédécesseurs dans l'Ordre et de ses
ancêtres de la Famille Royale française.
Pendant la visite, un fac-similé des plus anciennes lois existantes de l'Ordre, datant d'avant 1187, a été officiellement remis pour être conservé en sécurité dans les archives chrétiennes de Jérusalem, où l'Ordre fut fondé, avec une copie de la Charte constitutionnelle qui régit les Chevaliers de Saint-Lazare jusqu'à ce jour.
La délégation dirigée par le Prince a pris le temps pour prier sur les principaux sites chrétiens, tels que le Saint-Sépulcre, la Via Dolorosa, le Mont des Oliviers et le Jardin de Gethsémani, ainsi que pour marquer son respect au Mur occidental du Temple juif. Leur visite a été programmée pour coïncider avec la célébration du Noël orthodoxe, et ils ont été invités par le Patriarche orthodoxe grec à participer à la messe de minuit en l'église de la Nativité à Bethléem.
L'Ordre de Saint-Lazare travaillant pour l'unité des chrétiens, la délégation a également été officiellement reçue et accueillie pour des entretiens privés par quatre autres haut dirigeants de l'Église, catholiques et orthodoxes. Son travail humanitaire a également été au cœur des débats lors d'un dîner et au cours des réunions avec les dirigeants politiques et avec des membres influents de la société civile.
Vous pouvez voir quelques photos du carnet de voyage
en Terre Sainte en cliquant ici.
Pour aider la communauté Chrétienne de Terre Saint, rendez-vous sur le site des Oeuvres d'Orient en cliquant ici.
Cette première journée d'un déplacement en Provence qui en comptera quatre, s'est passée à Marseille, avant que le Prince et son épouse ne se
dirigent vers Toulon, où ils passeront les trois jours suivants. Elle fut ouverte par une longue réception à la Mairie de Marseille, pendant laquelle le Prince s'est entretenu avec le
sénateur-maire, Jean-Claude Gaudin. Ce n'est pas la première fois, du reste, que le Prince est reçu dans cette Mairie, où le même Jean-Claude Gaudin lui avait déjà remis la médaille d'honneur de la
Ville (ci dessous).
pleinement ce moment, en étant évidemment pénétrée du sens profond de l'acte qui se tenait là..... pour ce qu'ils ont apporté à cette cérémonie, dont ils ont puissamment
rehaussé l'éclat. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Laurent Friss était avec nous, puisqu'il était déjà là, dans cette même église des Réformés, il y a trois ans, le 21
janvier....
On aura reconnu, évidemment, dans l'intitulé du
thème de la soirée, Après deux siècles de révolutions, retrouver le chemin qui conduit chez nous....., la phrase du Philèbe, de Platon, que cite Jean-François Mattéi dans son Regard vide, et qui
clôture justement cette réflexion de haut vol, dont elle constitue les derniers mots, la dernière ligne. Jean-Baptiste Donnier, qui nous a habitués à l'excellence, devait ouvrir magistralement la
soirée, suivi par Jean-François Mattéi, qui reprenait - entre autres...- le très beau texte de Camus sur l'assassinat du roi-prêtre. Le prince Jean se chargeant de conclure, en résumant
le sens profond des réflexions de cette soirée, et en insistant sur le temps long dont disposent les rois, qui permet la continuité des efforts et la réalisation des grands desseins, patiemment
construits sur la durée....
Voici réunis et présentés pour la
première fois, dans leur ensemble, les testaments et manifestes rédigés de la main de Louis XVI.
Ce volume contient également le testament moral de Louis XVI rédigé à la prison du Temple et, en annexe, celui de Marie-Antoinette. Dans son introduction, Jacques
de Saint Vidor raconte la fabuleuse épopée du manuscrit de la Déclaration du roi et, dans sa présentation, Jean- Christian Petitfils montre que ces testaments et manifestes permettent de
comprendre la vraie personnalité de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793.
Testaments & Manifestes de Louis XVI
Jean-Christian Petitfils, Jacques de Saint Victor
Editeur : Equateurs (Editions des)
Prix éditeur : 19,00€
Le principe de nationalité, s’il n’apparaît pas sous ce vocable dans les lois fondamentales du
royaume, est en fait consubstantiel à l’histoire et à l’essence même de l’Etat en France, et cela depuis les origines de celui-ci, au moins depuis l’élection du robertien Hugues Capet en 987 :
cela tient à la volonté de ce dernier d’écarter les prétentions des derniers carolingiens encore hantés par l’idée impériale et de placer le domaine public hors des liens de vassalité. Désormais,
le roi ne se pense pas comme « suzerain » mais comme « souverain », sur un territoire d’ailleurs plus réduit que celui sur lequel il a autorité sur des vassaux, mais qui est le point de départ de
la construction de l’unité française. Il est d’ailleurs significatif et révélateur que, sous le règne de Philippe Auguste, le « rex francorum » devient réellement et titulairement « roi de France
», changement qui n’est pas anodin car il n’est plus de caractère « ethno-culturel » (les Francs) mais « stato-territorial » (la France).