Déjà décoré en 1959
de la Croix de la Valeur Militaire, Monseigneur le comte de Paris a reçu ce 18 mai la Légion d'honneur à titre militaire pour ses faits de guerre et son implication en tant qu'officier de la légion
étrangère dans différents conflits. Reçu en fin d'après midi à l'Élysée, Monseigneur a été décoré par le Président Nicolas Sarkozy au cours d'une cérémonie de 45
minutes durant lesquelles le président a prononcé un discours s'adressant à monseigneur le comte de Paris ...où il a rendu hommage aux 40 rois qui ont fait la France, puis il a personnellement
offert un bouquet de fleurs à la comtesse de Paris.
Mercredi 20 mai, le journal "le Figaro" a surpris certainement plus d'un de
ses lecteurs, en faisant sa Une avec un personnage que l'on est peu habitué à voir en Une de nos quotidiens: le bon roi Louis XVI.
Avant de fuir en juin 1791, le roi de France avait
rédigé un texte pour se justifier. Le manuscrit, qui avait disparu, a été découvert aux Etats-Unis. Il avait disparu depuis la Révolution française. Il se
cachait dans une collection américaine où il vient d'être acquis par un Français, collectionneur de manuscrits anciens. Le testament politique de Louis XVI est une œuvre politique majeure, datant
de la fuite à Varennes, dans la nuit du 20 juin au 21 juin 1791. Avant de partir, Louis XVI a probablement quelques scrupules. Il pense enfin pouvoir échapper à l'Assemblée constituante
mais il ne veut pas quitter Paris sans laisser un document expliquant les raisons de sa fuite. Il entend s'adresser à son peuple. Aussi rédige-t-il cette Déclaration à tous les Français, un
manuscrit de seize pages in quarto, qui deviendra, selon la tradition historique, son «testament politique» (à ne pas confondre avec le testament qu'il
rédigera dans la prison du Temple avant de monter sur l'échafaud et qui est plus personnel et moral). Le roi demandera à La Porte, son intendant, de déposer le lendemain de sa fuite cette
Déclaration sur le bureau du président de l'Assemblée, qui est alors Alexandre de Beauharnais. L'histoire se télescope : celui qui recueille le testament du dernier roi de l'Ancien Régime
n'est autre que le premier époux de Joséphine, la future impératrice des Français ! Le monde est petit. Dans ce texte long et parfois assez mal structuré, Louis XVI entend exprimer sa
conception politique la plus profonde. Au moment de le rédiger, il se sent libéré des contraintes, des faux-semblants et des réserves qu'il a toujours dû s'imposer depuis le début de la Révolution.
Il déclare même, au moment de partir, qu'«une fois le cul sur la selle, il serait tout autre». Se voyant déjà loin de Paris et de l'Assemblée, il livre sa véritable conception des événements
révolutionnaires, depuis la réunion des États généraux, et exprime son idéal politique, une monarchie constitutionnelle avec un monarque puissant.
C'est donc un texte d'une portée considérable. Dans sa biographie de Louis XVI, Jean-Christian Petitfils, insiste à juste titre sur son caractère essentiel pour bien comprendre l'évolution de la pensée du monarque : «La plupart des historiens, écrit Petitfils à propos de la déclaration royale, ne lui ont pas donné l'importance qu'elle mérite. Ils l'ont soit négligée, soit hâtivement lue et commentée» (1). Son contenu n'était en effet pas ignoré des savants, dans la mesure où le texte a été reproduit dans de nombreux documents parlementaires, notamment les Archives parlementaires (publiées sous le Second Empire), mais l'original avait disparu. C'est lui qui vient enfin d'être retrouvé. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit du document authentique. Son acquéreur, Gérard Lhéritier, président de la société Aristophil, une société qui achète des manuscrits anciens et propose ensuite à des collectionneurs de devenir en partie propriétaires de ces documents (tout en les conservant dans son Musée des lettres et manuscrits), insiste sur son caractère unique. «C'est une pièce exceptionnelle, vibrante d'histoire, que nos experts ont pu retrouver aux États-Unis.» Cette certitude est confirmée par des spécialistes de grand renom, comme Thierry Bodin, expert en autographes près la cour d'appel de Paris. Pour ce dernier, la paternité du document est évidente. «C'est la signature du roi et, surtout, il a été paraphé et signé par le président de l'Assemblée nationale, Alexandre de Beauharnais.» D'autant que la prise de Gérard Lhéritier est double. Il y a non seulement le document en lui-même mais un autre manuscrit de huit pages rédigées par le propre frère de Louis XVI, le comte de Provence, futur Louis XVIII. Ce texte avait été demandé par le roi à son frère peu de temps avant son départ, afin que celui-ci retrace les injustices subies par la famille royale depuis 1789. C'était une manière d'impliquer le comte de Provence dans le projet de fuite et le contraindre, par la même occasion, de quitter Paris le même jour (le roi craignait que son frère, qui n'avait pas toujours été tendre avec le couple royal, ne cherche à profiter de son départ pour se hisser sur le trône). Jugées trop agressives à l'égard de l'Assemblée, les remarques du comte de Provence ne furent pas toutes reprises par Louis XVI, qui commentera puis écartera ces huit pages.
Comment un tel trésor a-t-il pu s'évanouir dans la nature ? La plupart des Car la Déclaration fut en effet une des pièces à charge lors du procès du roi sous la Terreur. Ainsi, le rapport d'accusation, lu par Lindet le 10 décembre 1792, à la Convention, le cite précisément et l'utilise pour prouver la duplicité du roi et ses mauvaises intentions. «C'était sans doute le Manifeste destiné à plonger la France dans les horreurs de la guerre civile, écrit Lindet. (…) Son Manifeste du 20 juin atteste ses intentions hostiles ; il voulait le renversement de l'État, puisqu'il ne voulait ni les lois, ni la Constitution qu'il avait juré de maintenir» (2). Indéniablement, cette Déclaration a contribué à poser Louis XVI en ennemi de la Révolution. Mais que dit précisément le texte ? En réalité, le roi est loin d'avoir rédigé un brûlot contre-révolutionnaire. Il ne se résout certes pas à l'abaissement de la monarchie. Il juge que les réformes de l'Assemblée et l'attitude des clubs, «calomniateurs et incendiaires», ont porté atteinte à «la dignité de la Couronne de France». Il s'en prend notamment au refus, par l'Assemblée, de lui accorder un droit de veto absolu (il n'est que «relatif»), au poids excessif des comités de la Constituante, notamment le Comité des recherches qui exerce, selon le roi, «un véritable despotisme plus barbare et plus insupportable qu'aucun de ceux dont l'histoire ait jamais fait mention».
Le roi critique aussi l'excessive décentralisation, la suppression de son droit de grâce, etc. Mais, sur le plan social, il se rallie pourtant à la révolution juridique de l'été 1789 ; il ne rejette plus l'abolition des ordres, comme dans sa Déclaration du 23 juin 1789. Il admet l'égalité civile et insiste même sur les réformes qu'il avait cherché à faire, notamment en 1787, en matière fiscale, afin que les privilégiés ne bénéficient plus d'exemptions indues. Il conclut, sur le ton de l'époque : «Français, et vous surtout Parisiens (…), revenez à votre roi ; il sera toujours votre père, votre meilleur ami.»
La rédaction du texte lui a pris à peu près quatre ou cinq mois de réflexion. Il y a travaillé seul, à l'insu de ses ministres, et il n'y associera son frère qu'à la dernière minute, le samedi 18 juin, comme en témoigne ce dernier. On sait comment tout cela finira. Son arrestation à Varennes va, comme le rappelle Mona Ozouf, se révéler fatale pour la monarchie (3). La déclaration du roi se montrera bien incapable de lui sauver la mise. Bien au contraire. Le prestige de la monarchie sera pour jamais terni par cette équipée malheureuse. Pourtant, comme le remarque à juste titre Jean-Christian Petitfils, ce testament politique de Louis XVI prouve que le roi n'avait jamais été aussi conciliant. C'est ce triste paradoxe que met en évidence le document laissé à l'Assemblée : «Jamais Louis XVI n'avait été aussi proche de la Révolution qu'en fuyant la capitale. Sur la route de Varennes, il était devenu un souverain constitutionnel, à la recherche, hélas, d'une impossible Constitution» (4). De toute cette histoire tragique, il ne reste plus aujourd'hui qu'un seul témoignage, ce manuscrit oublié.
Voici ci-dessous la très belle allocution de
Monsieur Jean-Christophe Canter, maire de Senlis lors du vin d'honneurs offert dans les jardins du château d'Hugues Capet, suite au mariage du Prince Jean de France.
C’est un honneur pour le premier magistrat de cette cité de vous recevoir ici, vous qui avez, tout naturellement, choisi le berceau des Capétiens pour célébrer religieusement votre union. C’est ici qu’a été fondée votre dynastie, c’est ici que vous avez scellé l’acte de naissance de votre foyer. Il s’agit pour vous, Monseigneur, d’un véritable retour aux sources. Alors que nous sommes plongés dans une actualité parfois tourmentée, notre temps n’est en effet pas sans rappeler cette fin troublée du premier millénaire quand l’archevêque Adalbéron présentait Hugues Capet aux suffrages des Grands de l’époque.
Cette élection, par la restauration de l’autorité publique, et l’affirmation d’un pouvoir unique et central a marqué la France à tout jamais. L’empirisme organisateur de cette couronne devenue héréditaire a assis durablement notre pays. « Rendre service » est d’ailleurs la devise de la maison de France depuis Robert le Fort, une devise dont vous assurez aujourd’hui encore la pérennité. La France sensée, équilibrée, juste et forte tout à la fois s’est reconnue dans cette famille qui aime son métier (comme vous aimez à le rappeler pour définir la mission qui est la vôtre) et qui a le don de s’instruire par l’expérience. Et, nulle nation mieux que la France ne s’est affirmée comme communauté de destin, gouvernée à l’image d’un foyer par l’Etat le plus naturel qui soit. Chaque action du passé entre en compte pour l’avenir. Il n’y a, en effet, qu’une Histoire de France. Votre histoire est la nôtre et l’on ne peut rien y soustraire. Nous sommes tous solidaires de ces traditions politiques qui sont la charpente invisible de la France avec comme pierre angulaire les valeurs fondatrices de l’Occident qui sont notre patrimoine génétique commun. Depuis Vercingétorix jusqu’à Charles de Gaulle, en passant par Saint Louis, Henri IV, Louis XIV, notre pays est peuplé de figures qui ont brillamment incarné notre destin national.
Je me souviens Monseigneur de notre discussion en ces mêmes lieux il y a 5 ans, dans le cadre de vos rencontres intitulés Gens de France, nous avions
échangé (je n’étais à
l’époque que Conseiller Municipal), sur la
pérennité et la grandeur de la Maison France et la notion de pouvoir politique incarné par une autorité légitime, rassembleuse et qui s’adresse à tous les Français. Bien que profondément
républicain, j’avais été sensible à la devise qui est vôtre « Servir la France » et je l’avais trouvé tout à fait adapté à la mission que vous vous étiez assigné et je dois dire que
nous avions eu la même position quant à l’idée et la conception du meilleur régime politique adapté à la vision que nous avions de la grandeur de notre pays. En ces jours, vous offrez à nos
concitoyens un moment de bonheur partagé dans lequel les Français communient dans l’espérance de ce mariage princier, un peu comme si le cœur des familles de France (de notre pays) battait à
l’unisson de celui de la famille de France. Et notre cité pour qui les armes à fleurs de lys peintes à trois feuilles figurent foi, sapience et chevalerie, vertus dans lesquelles s’illustra le
royaume de France, Senlis reçoit votre union avec émotion.
Issu de cette dynastie qui a fait la France, descendant en ligne directe de Saint Louis et d’Henri IV, vous vous situez dans le droit fil de nos traditions politiques depuis Clovis. Et cette filiation vous donne une fierté légitime à la hauteur de votre vocation. Officier de cavalerie, vous connaissez dans votre famille (le tribut du sang payé il y a encore si peu par votre oncle mort au champ d’honneur). Vous vous retrouvez dans cet idéal du juste milieu que je ne peux que partager. Je sais, que par votre rang, si vous revendiquez tous les droits, vous assumez aussi toutes les responsabilités et vous en acceptez tous les devoirs. Cette modernité visionnaire va jusqu’à l’attachement à la justice sociale, dont le maire est aussi un garant dans la proximité. « Il n’y a pas d’orgueil à être Français, rappelait Bernanos ; ce n’est pas un orgueil, c’est une responsabilité ». Dans ce monde qui approche des étoiles et qui perd parfois l’homme de vue, la France dont vous représentez, Monseigneur, toutes les formes d’être et de savoir, a été, est encore et doit rester la conscience des nations et vous participez patiemment à cette mission de premier plan. Le maintien de la mémoire au travers de notre patrimoine ainsi que la défense et l’illustration de la langue française relèvent aussi de votre magistrature naturelle. Mais que serait cette philosophie d’action sans le lien avec le pays réel. Qui mieux qu’un Maire peut comprendre que ce principe de cohésion saura surmonter discordes et déchirements car il puise son élan dans la souveraineté et le dialogue avec les Français. Car c’est bien cela la grandeur de la France : pouvoir célébrer l’union nationale autour d’un homme, autour d’un nom et incarner une certaine idée grandiose, intemporelle, ambitieuse d’un destin commun, dans lequel les Français se reconnaissent, sans se soucier des régimes, des systèmes. Oui la France est grande lorsqu’elle rassemble, oui la France est belle lorsqu’elle incarne un idéal de grandeur, de beauté et de justice qui lui donne cette dimension universelle. Vous l’aurez compris Monseigneur pour moi l’amour de la France se fie des étiquettes, des origines et des systèmes politiques ou institutionnels.
Permettez- moi Madame, de dire quelques mots vous concernant :
Madame, par votre double ascendance qui rappelle les reines de France (Anne et Marie-Thérèse d’Autriche), vous incarnez cette alliance européenne qui existait bien avant que les institutions bruxelloises prétendent l’inventer. Votre passion pour la mer vous a poussé à partager le destin de marins-pêcheurs qui survivent, conscients de la fragilité de ce bien commun universel. Votre jeunesse, votre élégance et votre simplicité témoignent de grandes qualités qui j’en suis persuadé vous seront utiles dans votre charge de princesse de France.
En ce mois de mai, qui est le mois de la Vierge Marie, patronne de la France, nous sommes heureux de voir refleurir, autour de Saint Rieul, les fleurs de lys à l’occasion de vos noces.
Nos pères ont fait fructifier leurs libertés dans l’unité et dans l’ordre garantis par vos ancêtres, Monseigneur. Gageons que nos fils, quel que soit le régime, continuent de participer à cette communauté de destin qui « dure et se perpétue par les mêmes causes qui font durer l’univers et perpétuent le genre humain » comme le proclamait Bossuet.
Je suis long, Mesdames, Messieurs, mais c’est un peu de votre faute, Monseigneur, car c’est votre histoire que j’évoque et vous me pardonnerez si je vous ai fait boire ce calice de gloire. Par la grâce de votre union, nous retrouvons le grand souffle de la continuité et de l’unité de la France.
Daignez recevoir, Madame, Monseigneur, nos sincères félicitations à cette occasion.
Je vous souhaite au nom de la ville de Senlis un beau mariage et formule tous mes voeux de bonheur pour cette union placée sous le signe bienveillant ici à Senlis ville royale, de votre ancêtre Hugues Capet.
Fête, joies, bonheur intense et profond: qu'on prenne les mots qu'on voudra, la fête de Senlis a été une vraie belle fête ou plutôt une grande fête nationale. De celles qui comptent, et qui
marquent, dans une vie. Il est 11 h 25 lorsque le couple princier fait son apparition sur le tapis bleu, couleur de la Maison de France, Philoména de Tornos est tout simplement sublime, au bras
de son père, dans une robe en faille de soie ivoire Christian Lacroix, le duc de vendôme, lui, est accompagné par sa tante la duchesse Marie Christine de Wurtemberg... (En effet, la duchesse de
Montpensier, mère du prince Jean a été Hospitalisée d’urgence vendredi 1 mai et n'a donc malheureusement pas peu assisté au mariage de son fils). Les mariés sont accueillis par Monseigneur
Jean-Paul James, évêque de Senlis, qui célèbrera ces noces royales, accompagné pour l’événement par 15 prêtres officient. Il y a foule dans Notre-Dame et sur le parvis où les Royalistes ce sont
réunis en très grand nombre, drapeaux royalistes au vent.
Un livre d’histoire s’effeuille à Senlis. Le prince Philippe et la princesse Mathilde de Belgique, l’archiduc Lorenz d’Autriche, les Bourbon des Deux-Siciles, les Wurtemberg et bien sûr la
famille d’Orléans, au grand complet. Mme Rachida Dati et Mme Chirac sont sur les listes des 800 invités. Pour les membres du cabinet particulier du prince, l’organisation a été un vrai casse-tête
: « Il a fallu tout préparer en moins de cinq mois. Le prince a 44 ans et il ne voulait plus attendre. » Dans une cathédrale pavoisant aux couleurs royales et décorée de fleurs de lys,
retentissent les grandes orgues.Des chants s’élèvent en latin, des jeunes filles s’agenouillent, d’autres se prosternent sur le tapis bleu qui traverse la nef. Midi sonne quand les jeunes époux
échangent leurs consentements. Dans les rangs, une quête est faite pour les chrétiens d’Orient « persécutés » et pour restaurer les orgues essoufflés de la cathédrale. Couronnement de cette
union, la bénédiction du pape Benoît XVI est lue par l’évêque. Les portes de Notre- Dame s'ouvrent sur les jeunes mariés, la France a enfin une dauphine et
c'est sous un tonnerre de joies et d'applaudissements que le couple princier sort de la
cathédrale.
A l'issue de la cérémonie religieuse, un vin d'honneur a été offert dans les jardins du château d'Hugues Capet, par le couple princier à tous les fidèles de la maison de France. A cette occasion le maire de Senlis ainsi que Mgr le comte de Paris ont offerts au public réunit deux magnifiques discourt avant de laisser la parole au prince Jean de France. Puis discrètement le cortège quitte la cité royale pour le château de Chantilly où la fête s'est poursuivie pour une réception privée réunissant les 800 invités des jeunes époux...
Arrivée du duc et de la duchesse de Chartres et leurs 5 enfants
Arrivée du comte et de la comtesse de Paris
Arrivée Mme Rachida Dati
Le duc et la duchesse de Vendôme à la sortie de la cérémonie
Le duc et la duchesse de
Vendôme à la sortie de la cérémonie
Le coeur de Jean d’Orléans, 43 ans, descendant d’Hugues Capet, fondateur de la
dynastie et de Louis-Philippe, a choisi Philomena de Tornos y Steinhart, 31 ans et Senlis. Samedi 2 mai à 11 heures, c’est dans la cathédrale Notre-Dame que l’évêque de Toulon-Fréjus, Mgr Rey,
célébrera le mariage royal du dernier des Capétiens et de la belle Ibère.
Le Parisien
Afin de comprendre et donc d'apprécier le travail
des princes de la Maison de France, nous vous retranscrivons aujourd'hui un entretien (réalisé par nos confrères du blog Lafautearousseau ) avec Mr Jean Gugliotta, principal responsable et organisateur des voyages du Prince Jean de France à
l'étranger.
Lafautearousseau : Depuis une dizaine d’années, le Prince est très présent dans la vie publique. Au sein de l’équipe qui l’entoure, vous êtes plus particulièrement chargé de l’organisation de ses voyages, notamment de ses voyages à l’étranger. Quels sont les pays qu’il a visités ?
Jean Gugliotta : Effectivement, depuis 1998, année de la mort du précédent comte de Paris, le Prince a entamé une série
de voyages, en France et à l’étranger. Il s’agissait, pour lui, personnellement, de poursuivre l’œuvre de son grand-père et de prolonger la présence de la Maison de France, dans l’espace public, national et international. Je vous
rappelle que le prince Jean, à plusieurs reprises, a
accompagné les déplacements de son grand-père, en particulier au Québec, à l’initiative du gouvernement français. Durant les dix années écoulées, le Prince s’est rendu, dans l’ordre, en
Louisiane, au Québec, au Liban, au Maroc, en Tunisie, en Pologne, en Roumanie et, en 2008, à l’invitation du gouvernement québécois, à Montréal et à Québec, dans le cadre des célébrations du quatre-centième
anniversaire de la fondation de Québec, par Champlain, au nom du roi de France.
lfar : Au cours de ses voyages à l’étranger, est-ce qu’il a rencontré des chefs d’état ou de gouvernement ? Lesquels ?
JG : La plupart de ces voyages ont pour origine une invitation des Etats. Souvent à l’occasion d’une célébration qui tenait à l’identité ou à l’histoire de la « puissance invitante ». D’autres voyages ont été plutôt à l’initiative du Prince et pour des raisons personnelles ou familiales. C’est particulièrement le cas pour le Maroc, où le Prince a voulu se rendre pour « mettre ses pas dans les pas de ses ancêtres ». Je vous rappelle que le comte de Paris y a passé sa jeunesse et que le duc de Guise y a été enterré, au cimetière de Larache. Mais quelle qu’ait été l’origine de ces voyages, le Prince a toujours fait l’objet d’un accueil au plus haut niveau. C’est ainsi qu’au Maroc, il a été reçu par le roi Mohamed VI, avec qui il s’est entretenu, au palais royal de Tétouan (ci dessus). Mohamed VI lui a raconté un souvenir d’enfance : lors d’une réception à Paris, voyant arriver une personnalité qu’il ne connaissait pas, il avait questionné son père, le roi Hassan II. Et le roi lui avait répondu : « c’est le comte de Paris ; si la France était une monarchie, c’est lui qui serait le roi. ». Au Liban, le Prince a été reçu par le président de la république libanaise, Emile Lahoud, dans son palais de Baabda. Au Québec, il a rencontré tout le staff gouvernemental, et, en plus, le Premier Ministre du Canada et Madame Michaëlle Jean, Gouverneur-Général du Canada, représentant la reine d’Angleterre. En Pologne, il a aussi rencontré le président de la Diète, en Tunisie et au Maroc plusieurs ministres, et en Louisiane, il a été reçu par Madame le Gouverneur et le président du Congrès.
lfar : Est-ce qu’il a rencontré d’autres personnalités marquantes ? Lesquelles ?
JG : Des personnalités marquantes, à différents points de vue. Permettez-moi d’évoquer la rencontre en Louisiane, avec les indiens Houmas, les enfants rouges de la France, qui ont rappelé au Prince, documents à l’appui, la visite à leur tribu, au XVIIIème siècle, du fils du duc d’Orléans, le futur Louis-Philippe (ci dessus). Cette même tribu, aujourd’hui, se bat, malgré les difficultés, pour conserver l’usage du français. Au Liban, il s’est entretenu longuement avec le patriarche maronite, Monseigneur Sfeir, et, dans sa forteresse du Chouf, avec le chef Druze Walid Joumblatt. Au Liban, il a aussi rencontré le père Mansour Labaki, dont l’œuvre, en faveur des enfants, est universellement appréciée. En Pologne, il a rencontré deux personnalités particulièrement marquantes, qui ont été l’une et l’autre, très proches de Jean-Paul II : Lech Walesa, prix Nobel de la Paix, venu, tout exprès, de Gdansk à Varsovie (ci dessous), et le cardinal Dziwisz, primat de Pologne … L’épouse du président de la république polonaise a aussi tenu à saluer le Prince. Mais au-delà de ces personnalités marquantes, il ne faut pas oublier que le Prince, attaché à la présence de la France, dans ces différents pays, y rencontre aussi un grand nombre de décideurs en matière économique, culturelle ou scientifique.
lfar : Quel est le rôle du Quai d’Orsay et des représentations diplomatiques françaises, dans les pays où le Prince s’est rendu ?
JG : Lors du premier déplacement du Prince, à l’étranger, qui était en Louisiane, le Quai d’Orsay a souhaité
être informé des raisons de ce voyage. Le Prince a considéré comme normal que le Ministère des Affaires Etrangères soit tenu au courant. Par la suite, dans tous les voyages, le Quai
d’Orsay, pour ce qui le concernait, a toujours facilité les rencontres avec les ambassadeurs en poste. Ces derniers reçoivent le Prince, dès son arrivée, et font, avec lui, un tour
d’horizon de la situation locale. A son retour, le Prince tient informé le Quai de ses conversations. Une anecdote : lors de son voyage au Maroc, l’ambassadeur de France, en
déplacement, n’a pas pu recevoir le Prince mais il a tenu à lui téléphoner personnellement pour l’informer du décès de sa grand-mère, la comtesse de Paris et l’assurer de sa sympathie. Des
représentants de la France à l’étranger, le Prince reçoit toujours un parfait accueil.
lfar : Lui est-il arrivé, lors de ces voyages, de rencontrer des personnalités gouvernementales ou politiques françaises ? Et, si oui, comment ces rencontres se passent-elles ?
JG : A ce propos, c’est le dernier voyage a Québec qui me permet le mieux de répondre à votre question. Le
Prince y a rencontré l’ensemble de la délégation française présente aux cérémonies. En particulier, Alain Juppé qui a regretté de n’avoir pu le recevoir à Bordeaux lors de son dernier
voyage et a souhaité une nouvelle occasion. Jean-Pierre Raffarin a témoigné beaucoup de chaleur au Prince. Une autre anecdote à ce sujet. Jean-Pierre Raffarin regrettait qu’en raison de la
pluie battante, les participants aux cérémonies dussent se réunir, à l’abri, dans une même enceinte. Le Prince lui a répondu que finalement ce n’était pas plus mal et que cela permettait,
au moins, de se rassembler. Avec esprit et répartie, le premier Ministre a répliqué : « Rassembler les gens, c’est bien là votre vocation, Monseigneur. On reconnaît-là votre
éducation capétienne ». A cette même occasion, le Prince s’est entretenu également avec Jean-Paul Huchon qui l’a invité à visiter l’exécutif du Conseil Régional d’Ile de France. Il a salué
aussi Bernard Accoyer qui préside l’Assemblée Nationale et Ségolène Royal. Tout le monde a vu la photographie de la rencontre entre François Fillon et le Prince (ci dessus, tirée de Gens de
France, ndlr), qui lui a présenté les personnes qui l’accompagnaient. Il faut dire, pour finir, que lors de ce genre de dîner officiel, c’est vers la table du Prince que convergent les
regards et le mouvement de tous ceux qui veulent venir le saluer.
lfar : Au fait, en quelle langue ces entretiens, à l’étranger, se déroulent-ils ? Le Prince parle-t-il des langues étrangères ?
JG : Le Prince parle, effectivement plusieurs langues, en particulier, couramment, l’anglais et l’allemand. Il faut d’ailleurs rappeler que, par sa mère, l’allemand est aussi, pour lui, une langue maternelle. Quant à l’anglais, il l’a étudié aux Etats-Unis, où il a passé plusieurs années, dans une université californienne.
lfar : Comment le Prince est-il perçu en général ? Par exemple : Comme une personnalité people ? Comme un vestige de l’Histoire ? Ou comment ?
JG : Je répondrai encore une fois par une anecdote. Lors d’une réception par la chambre de commerce franco-louisianaise, je me trouvais, à table, auprès d’une jeune femme qui effectuait un post-doctorat, à l’université de la Louisiane. Elle ne semblait pas s’intéresser au débat politique traditionnel. Au cours de la conversation, elle a dit à toute la table, comme un sentiment profond, en même temps qu’une découverte : « c’est bizarre, quand je regarde cet homme, j’ai l’impression que je vois la France ». Nous sommes loin d’une image people ou vestige !
lfar : Que lui apportent tous ces voyages ? Lors de la dernière assemblée générale de l’association Gens de France que le Prince préside, vous avez développé l’idée que ces voyages constituent « une double pédagogie ? ». Pouvez-vous expliquer ?
JG : A l’origine, l’objectif du Prince est de s’informer et même, simplement, de se former aux réalités françaises et internationales. Il s’agit, pour lui, d’aller sur le terrain, de rencontrer les gens, de connaître leurs problèmes. Pour lui, ces voyages ont un intérêt pédagogique. Le phénomène de « double pédagogie » que j’ai évoqué réside en ceci qu’au fur et à mesure des voyages, et de l’expérience que le prince en retirait, les personnes qui le recevaient ou qui l’approchaient découvraient elles aussi ce qu’est un Prince et ce qui le différencie radicalement d’un homme politique traditionnel. Je puis vous assurer que cette différence est très perceptible et très vite ressentie lorsque le Prince voyage …
lfar : Y-a-t-il d’autres projets de voyage ?
JG : Le Prince fait toujours l’objet de plusieurs invitations, à l’étranger. En particulier, de la part du Japon et de la Hongrie. L’Afrique et la défense de la langue française font partie de ses préoccupations. Le prochain mariage du Prince suspend, pour l’instant ces projets mais sa nouvelle situation, familiale et professionnelle, l’amènera, sans-doute, à affirmer encore davantage son action.