Plutôt que de s'abandonner à des extrêmes, de l'uniformité au culte exacerbé de la différence, du mondialisme au repli sur soi, du modernisme échevelé au traditionalisme le plus étroit, il
faut trouver un lieu de rencontre et d'harmonisation, un point d'équilibre entre des exigences apparemment contradictoires.
La tradition royale dont je suis héritier n'est pas une idéologie, ni un dogme préfabriqué. C'est une longue et patiente action qui a forgé en mille ans l'identité de la France. En effet la royauté capétienne a su tisser l'unité sur la trame de la diversité. Elle a su symboliser l'identité commune tout en permettant l'intégration de tous. Elle a développé le sentiment de l'appartenance au pays tout en demeurant ouverte sur le monde et tout en maintenant vivant le lien avec la tradition, elle a permis que s'accomplissent les évolutions nécessaires.
Paroles de Mgr Henri d'Orléans,
Comte de Paris et Duc de France.
Peut-on imaginer, un retrait de certains pays de la zone euro?
Il y a déjà des pays qui n'en font pas partie : le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark... Les Danois ont refusé l'euro par référendum en septembre 2000, les Suédois aussi, trois ans plus tard. Les Britanniques y sont majoritairement hostiles. Le Royaume-Uni et le Danemark ont su négocier des dérogations au traité de Maastricht, qui les font bénéficier d'une liberté de gestion que nous avons perdue. Pourquoi la France ne ferait-elle pas de même ? Je constate aussi que la monnaie unique ne nous a pas apporté la prospérité promise ni préservés de la crise économique. Au contraire, elle créé surtout en période de récession des tensions difficilement supportables entre des économies qui n'ont ni la même structure ni le même développement.
L'euro interdit en effet les dévaluations et la variation des taux de change. Du coup, il n'y a pas d'autres variables d'ajustement économique que l'emploi, en l'occurrence, les licenciements ! Par conformisme, nos hommes politiques ont signé certains traités les yeux fermés : ils n'ont pas voulu voir les conséquences de leurs engagements. Pire : ils les ont cachées aux Français. Cela dit, la crise économique a révélé la présomption de ce projet. Plus aucun pays ne respecte les critères de Maastricht. Ce qui prouve que ces critères relèvent de l'idéologie : ils ne résistent pas aux faits. Il est clair aussi que le rôle de la Banque centrale européenne est à revoir. Elle avait pour mission de lutter contre l'inflation. Mais ce dont souffre aujourd'hui l'Europe, ce n'est plus de l'inflation, c'est du manque de liquidités, c'est-à-dire du tarissement des crédits. Il nous faut donc pouvoir jouer sur les taux d'intérêt. La Banque centrale devra l'accepter.
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 9 - Politique étrangère)
Editions Pygmalion 2009
L'union
européenne est une sorte de chimère. Elle a construit toute une bureaucratie pour veiller au respect de règles libérales, qu'elle a malheureusement érigées en dogmes. Son administration n'est pas
moins tatillonne que celle d'un régime socialiste. Il suffit de considérer les directives produites par Bruxelles sur des sujets aussi divers que la composition du chocolat ou la fabrication des
fromages! Parfois, l'Europe me fait penser à ce film de Terry Gilliam,"Brazil" : c'est un monde Kafkaïen. Pour faire cesser ces dérives, il faut une grande liberté intérieure, ce qui manque à nos
politiques : ils ont du mal à résister à la pression des médias, qui les somment de réagir instantanément, sans aucun recul.
Pourtant, on pourrait tout à fait imaginer une confédération fondée sur la subsidiarité : ce que les Etats peuvent faire eux-mêmes ne doit pas leur être enlevé. L'Europe telle que je la conçois serait fondée sur la coopération entre les nations, celles-ci choisissant librement de s'associer pour de grands projets d'envergure mondiale. C'est l'Europe d'Airbus et d'Ariane. Pas besoin de structures permanentes, pas besoin de Commission européenne pour construire un avion... Et si nous nous accordons sur des buts plus politiques, veillons à respecter l'identité de chaque pays, ce qui est de moins en moins le cas. Le peuple français en sait quelque chose, puisque ses représentants ont contredit son expression directe en votant un traité presque identique à celui que les citoyens avaient refusé par référendum. Ce décalage entre les institutions et le peuple est antidémocratique et particulièrement inquiétant : il nourrit l'amertume et le ressentiment. L'Europe se fait contre les peuples et sans l'homme. Allons-nous commettre la même erreur que l'Union Soviétique?
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 9 - Politique étrangère, page 180)
Editions Pygmalion 2009
La démocratie, nous dit
Alexis de Tocqueville, n'est pas seulement une forme de gouvernement, c'est aussi un mode d'organisation social, qui privilégie et développe la liberté individuelle comme l'égalité des chances
pour l'accomplissement de chacun dans les limites de sa liberté et dans la conscience de sa responsabilité. En très peu d'années, notre société a délaissé ses normes, ses codes et ses valeurs
immémoriales. Nous y avons peut-être gagné, en privé, une certaine liberté. Mais nous avons oublié que toutes liberté est plus facile à concevoir qu'à vivre, qu'elle porte en elle sa part
d'inquiétude, d'angoisse et d'exigence. Aux difficultés, aux incertitudes et aux misères engendrées par la crise en tous ses niveaux, s'ajoute en effet une angoisse métaphysique.
Qui sommes-nous, puisque nous apparaissons à nous-mêmes comme des individus sans statut reconnu? Quel peut être notre destin en ce monde qui nous apparaît sans avenir? Après l'illusion brisée d'une croissance matérielle infinie, après l'exaltante découverte d'une liberté qui nous paraissait elle aussi sans limites, nous voici seuls face à nous-mêmes, obligés d'inventer nos propres règles de conduite tout en vivant une compétition de tous les instants, dans laquelle seul le plus fort et le plus riche a des chances de survie. Ni la science, ni la raison, ni les idéologies politiques, ne peuvent apporter les apaisements souhaités. C'est ainsi que revient le temps des peurs collectives, peur de l'autre, peur de demain, auxquelles on tente d'échapper en se réfugiant dans des Eglises de pacotille, en se donnant une identité mythique ou en projetant sur n'importe quel bouc émissaire la violence dont on est victime. Je ne juge ni condamne ces réactions de désarroi. Je dis simplement que le risque est grand, en France, d'un retour du balancier qui nous laisserait plus désemparés que jamais.
De ce mouvement de retour, nous avons fait maintes fois l'expérience depuis deux siècles. Cherchant la transcendance divine, nous avons fabriqué de redoutables idoles. Cherchant l'autorité, nous avons sombré dans la dictature. Niant toute hiérarchie, nous avons vu s'imposer de sombres caricatures. A la poursuite de la Tradition, nous avons été abusés par son apparence. La France a été déchirée par ces mouvements désaxés. Dans la tempête que notre monde traverse actuellement, je me remémore ces paroles de Bernardin de Saint-Pierre : "Nous apercûmes le corps et les vergues d'un grand vaisseau dans le brouillard. Nous entendîmes le sifflet du maître qui commandait la manoeuvre, et les cris des matelots qui crièrent pars trois fois " Vive le Roi!"... C'est le cri des Français dans les dangers extrêmes ainsi que dans les grandes joies, comme si dans les grands dangers ils appelaient leur Prince à leur secours ou comme s'ils voulaient témoigner, alors, qu'ils sont prêts à mourir pour lui"
Paroles d'Henri VII, Comte de Paris et Duc de France.
Le Parlement est censé
représenter le peuple souverain, formule assez vague qui a permis aux partis de détourner l'expression du peuple à leur profit. Comment y remédier? Peut-être l'élection
du Parlement à un tour, comme au Royaume-Uni, permettrait-elle d'éviter les accommodements de l'entre-deux-tours? Peut-être pourrait-on songer à une ouverture au scrutin proportionnel, ou
encore au vote familial? Ce
serait une manière efficace et originale de rompre avec un individualisme irresponsable et de rappeler que la famille reste la cellule de base de la société, quelles qu'en soient les
mutations.
Nos gouvernants réduisent la politique à la joute électorale. Mais ce n'est pas cela, la politique! La politique, c'est le service du pays. C'est, au moment de décider, avoir pour guide l'intérêt de tous et, par-dessus tout, de la France. C'est donner aux gens de bien la possibilité de faire le bien. Ce devrait être la seule préoccupation de nos gouvernants. C'est la mienne. Au lieu de cela, nous avons des "bêtes" de campagne taillées pour gagner des élections, qui déploient des trésors d'énergie et de séduction pour l'emporter mais s'empressent, quand elles sont au pouvoir, de satisfaire les groupes de pression dans l'espoir de le garder. Jeu de dupes dont les règles ont été fixées pour que chacun conserve son rôle et ses "privilèges"... Le système est clos, les acteurs tournent en rond, la France avec eux. Tout est à remettre à plat.
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 11 - Institutions, page 211)
Editions Pygmalion 2009
"La
démocratie, pour moi, signifie qu'à tous les niveaus l'homme a des responsabilités vis-à-vis de lui-même et de son entourage immédiat.
Le principe monarchique est à l'image d'une pyramide dont le sommet autant que la base sont essentiels l'un à l'autre et ainsi sécrètent un ciment qui fait qu'il n'y ait plus une opposition critiquant systématiquement le pouvoir en place mais une participation.(...) La monarchie pourrait être un ciment entre les pouvoirs et la nation qui permettent à chacun de se responsabiliser."
Paroles d'Henri VII, Comte de Paris et Duc de France.
C’est en tant que chrétien, “ très chrétien ” auraient dit
mes ancêtres, que je considè
re mon rôle. C’est le principe supérieur qui a justifié et qui peut justifier demain l’instauration d’une royauté (...)Personne ne peut
dire de quoi demain sera fait. Les vieux syst
èmes sont usés, leurs concepts aussi qui ne répondent plus à la réalité. Les mots du vocabulaire politique sont
utilisés par les uns et par les autres dans des sens tellement différents que chacun peut y mettre sa passion, son intérêt, sa conception. Il
n’y a plus de foi objective dans des principes métaphysiques qui soutiennent un régime dont les notions,
même les plus élémentaires, sont remises en cause tous les jours par ceux qui y vivent et qui en vivent. Ce phénom
ne est, d’ailleurs, tout à fait normal. C’est tout simplement l’usure de
tout ce qui passe ici-bas : hommes et théories.Il n’en est pas de même de la foi chrétienne, de la foi catholique. Elle a su animer à travers les si
ecles par une volonté constante un projet qui
a modelé la réalité sans la violenter, qui l’a orientée vers le bien sans prétention théorique, sans fanatisme idéologique, par
sa connaissance exacte de la liberté de l’homme, de sa grandeur et de ses limites. Si demain, comme il est prévisible, il faut refaire un monde vivable, où chacun
trouve sa place, la famille, la cité, les métiers, il y faudra une volonté faite d’énergie et
de patience qui ne peut puiser sa force que dans la grâce du Christ.
Cependant il faut agir.
J’agis donc : Prince fran çais, le cadre naturel de mon travail, c’est notre pays la France(...) Cette France, je l’ai parcourue tr ès jeune et de toutes les façons, à pied, à bicyclette, en voiture. Depuis maintenant six ans, j’en fais la visite, région par région. Mon but est de connaître la France, de connaître les Fran çais et d’être connu d’eux, non pas d’abord comme un personnage médiatique, mais comme un Prince français, réaliste, soucieux de son pays et de ses compatriotes, selon une tradition familiale immémoriale. J’aime les rapports directs et concrets. J’aime voir de mes yeux, entendre de mes oreilles. Que vous dire ? En un mot : j’aime la France, comme tous mes pè res. Je travaille pour elle. Et comme je sais que la France est nécessaire à l’équilibre de l’Europe et du monde, en travaillant pour la France, j’ai conscience d’oeuvrer aussi pour la véritable Europe de la civilisation, celle que nous attendons. Dans mes déplacements à l’étranger, et surtout dans l’espace de la francophonie, je constate une attente : la France a encore une place à tenir, un rôle à remplir. J’ai entendu bien des confidences à ce sujet et je suis heureux de représenter la France dans mes déplacements à l’étranger. Il y a là beaucoup de bien à faire.
Je suis chrétien, je suis fran
çais, je suis prince.
Prince de France, je sais ce que ces mots recouvrent, à quoi ils m’obligent, à quoi ils me prédestinent. L’histoire parle
tellement fort qu’il n’est pas nécessaire —du moins pour moi — d’ajouter à son discours. En revanche,
l’avenir, notre avenir français pose des interrogations, attend des réponses. La question monarchique, ou, si vous préférez, les questions institutionnelles s’intè
greront tout naturellement à notre travail. Et comme je
suis un réaliste, je crois qu’au fur et à mesure que l’oeuvre avancera, notre
oeuvre, le jeu des questions et des réponses sur les institutions sera mené de maniè
re
spontanée, vivante, d’autant plus intéressante. Comment un Français soucieux de sa patrie ne se poserait-il pas des questions —et d’honnêtes
questions—, en voyant un Prince de France oeuvrer pour la France en accord avec des Français, avec les Fran
çais ? La
réflexion naîtra de l’action et l’action se nourrira de la réflexion.
De quoi s’agit-il ? De servir. Et cela d ès maintenant. Mon métier de Prince, c’est de servir. J’appelle pareillement mes amis à servir. Servir, c’est se dévouer, mais pas pour le simple plaisir du dévouement, ça existe mais, dans le cadre de notre association, c’est se dévouer à un bien commun supérieur à tous nos biens particuliers. Nous savons tous comment la notion même de bien commun est négligée à l’heure actuelle. Il nous appartient de la remettre en valeur. Nous ferons du service du bien commun une pratique. Le service du bien commun justifiera les buts de l’association ; il permettra en premier lieu de favoriser les relations entre les personnes. L’individualisme moderne pulvérise les communautés naturelles. L’association “ Gens de France ” promeut déjà en elle-même une société de services où les relations humaines ont toute leur importance, leur dignité. La relation entre les personnes est la source de la civilité. Voilà déjà une premiè re fin à poursuivre.
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
"Vous m'avez demandé mon
regard sur la France. Il ne s'agit pas d'évoquer devant vous, en passant, de simples lieux communs, mais j'imagine que vous souhaitez que je révèle dans mes propos ma
façon particulière et peut-être nouvelle de voir les choses de France. Il s'agit donc bien de mon regard, et non pas du regard d'un simple journaliste, d'un spectateur
quelconque indifférent ou passionné. Ce que vous voulez, c'est le regard de Jean d'Orléans, du Prince de France, du Prince chrétien, connu comme tel, bref du duc de Vendôme. Pardonnez-moi
d'être ainsi personnel, mais autant dire simplement les choses. Pour reprendre les termes de "l'école", l'être donne
sa forme à la pensée et définit l'action.
Il appara t donc normal qu'en disant ce que je suis, je formule ce que je pense et j'annonce ce que je fais. Etant Jean d'Orléans, je pense en Prince chrétien, j'agis en Prince français. Et donc mon regard sur la France est celui d'un Prince chrétien et français. Toute ma vie est ainsi orientée . Ainsi se déterminent ma pensée et mon action. Mais avant d'ouvrir les perspectives dans lequel ce regard peut et veut se projeter, – perspective optimiste, car il n'y a pas de vie sans optimisme – il me convient d'abord de faire un point général sur la situation actuelle, et de savoir dans ce cadre pourquoi il convient d'agir et comment il convient d'agir." Lire la suite
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Conférence du mardi 30 mars2011 à l'I.P.C.
La
démocratie, si
justifiée soit-elle, demeure le régime politique le plus difficile à établir parce que précaire. Nous faisons en France la cruelle expérience de cet état de fait. Il ne suffit pas de
proclamer les droits de l'homme pour qu'ils soient respectés. Il ne suffit pas d'affirmer l'immortalité de quelques grands principes pour assurer à l'Etat la continuité de son action. Pour que les droits de l'homme existent, il faut un
garant qui ne soit pas partie prenante aux forces politiques et sociales toujours prêtes à redéfinir les règles en accord avec les intérêts du moment ou du plus fort.
Pour que l'unité soit maintenue, il faut dans notre pays un lieu où chaque citoyen, de droite comme de gauche, riche ou pauvre, du Nord ou du Sud, se trouve représenté et puisse s'identifier dans une personne ayant capacité à défendre ses intérêts. Pour qu'il y ait continuité, il faut, pour l'exprimer et l'incarner, un homme placé au-delà des affrontements, afin justement que l'alternance démocratique puisse jouer et que les règles du jeu soient pleinement respectées. La médiation assurée par un pouvoir indépendant est nécessaire à toute vie sociale. De même, une société libre a besoin pour vivre d'une règle extérieure à elle-même dont la dimension lui soit une dynamique exaltante pour son accomplissement, et d'un arbitre qui la fasse prévaloir sur la volonté du plus fort. De même est-il nécessaire que cet arbitre ne soit pas juge et partie, n'émanant ni d'un camp ni d'un autre...
Paroles d'Henri VII
Comte de Paris et Duc de France.
"Quand les
choses vont bien, la monarchie est un accélérateur de croissance, parce qu'elle offre au pays une stabilité bénéfique. Et quand elles vont
mal, elle amortit le choc... pour la même raison : on ne construit rien, on ne rétablit rien sans la durée! Sur ce point, la monarchie est éminemment moderne : aucun autre régime ne
peut assurer mieux qu'elle la mise en oeuvre d'une stratégie de développement durable !
La monarchie, en outre, n'est pas corsetée par l'idéologie. Un prince, parce qu'il se méfie des formules " toutes faites", ne s'interdit aucun remède. La souplesse et le caractère dont la monarchie peut faire preuve est nécessaire à la résolution de la crise. La crise oblige à gouverner. Nos dirigeants actuels ne manquent pas de savoir-faire mais ils manquent de temps et surtout d'une vision de long terme. Demain ils ne seront plus là. Or la crise que nous affrontons est une crise de longue durée. Seul la monarchie offre à la fois la souplesse et la stabilité nécessaires pour guider le pays dans les temps troublés que nous vivons."
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 11 - Institutions, page 221)
Editions Pygmalion 2009