" Il est important que la solution retenue soit conforme au tempérament comme au génie français. Nous sommes capables de nouveauté, sachons en faire la preuve. La monarchie, telle que je la
conçois, doit concilier les capacités d'arbitrage et d'impulsion. Arbitrage, car la mission du Prince est de faire des choix dans un souci constant de justice. Impulsion, car il lui faut définir
un dessein correspondant aux intérêts de la France comme au bonheur des Français. À quoi servirait au roi de veiller au bien commun s'il n'avait pas le pouvoir de le garantir, dans un cadre
institutionnel? Parce qu'il
incarne l'État, le roi a le devoir de fixer le cap. Cette vision c'est ce qui manque aujourd'hui au pays.
Le roi définit les grandes orientations de la politique de la France. Le premier ministre retrouve alors le rôle qu'il a perdu : être l'intermédiaire entre le monarque, qui n'est pas élu, et la représentation parlementaire, issue du suffrage universel, le gouvernement étant responsable devant l'Assemblée. Cette architecture permet de concilier la durée, la stabilité, le souci du bien commun, la garantie des libertés publiques. C'est une voie véritablement française, conforme à notre génie politique. Une voie d'ailleurs expérimentée sous le règne de mon aïeul Louis-Philippe, et qui n'est pas très loin de l'architecture de la Ve République, à un détail près, bien sûr, mais qui change tout, l'élection du chef de l'État. "
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 11 - Institutions, page 220)
Editions Pygmalion 2009
Royauté et modernité, ces deux termes paraissent vouloir s'exclure; pour l'une les couleurs de la nuit romantique, pour l'autre,
les lumières du progrès, de la raison, de la science et du matérialisme.... Les français ont été enseignés à penser selon cette opposition radicale qui associe l'idée de la Royauté à celle d'un
passé révolu et toute volonté d'actualisation à une entreprise réactionnaire.
Chef de la Maison Royale de France, la France est mon héritage spirituel. Issu d'une lignée dont la raison d'être première a toujours été de faire s'épanouir, au cours des siècles et à travers les générations, le souffle vital de l'homme, aussi bien en lui même que dans ses rapports avec autrui au sein de la société, j'ai hérité une tradition qui m'a contraint à des remises en question rejoignant ainsi les préoccupations de tant de français en ce monde de désarroi.
Paroles d'Henri VII
Comte de Paris et Duc de France.
Les rois de France ont construit la France en mille ans. La République actuelle la brade et y installe le chaos. Un pouvoir qui ne
respecte pas les différences et la multiplicité, pourtant inhérentes et nécessaires à notre monde, tendra à opérer une uniformisation politique, économique et sociale où tout ce qui est hors
norme devient incorrect. La véritable unité se construit par le haut, tandis que la caricature de l'unité, c'est-à-dire l'uniformité, égalise par le bas.
L'unité ne peut être que l'essence supérieure, faisant appel à des valeurs pérennes. Elle n'est ni physique ni formelle. L'uniformité ne se conçoit que matérielle et suppose l'évacuation de tout sentiment exaltant, j'ajouterai, de toute sacralité. Or, le génie de notre pays, la France, réside dans sa diversité même, source de liberté. L'historien Jacques Bainville disait que du temps de nos rois la France était « hérissée de libertés »...Mais cet état de libertés s'accompagnait nécessairement de responsabilités, et la multiplicité de la France se trouvait alors cimentée par les liens d'amour existant entre le roi et les « peuples de France ». Une véritable régionalisation suppose donc nécessairement un Etat fort et un pouvoir exécutif responsable, non fondés sur une idéologie ou philosophie toujours remises en cause, mais sur des rapports équilibrés d'homme à homme.
Actuellement, il semble que presque tous les Etats n'aient plus la capacité de se gouverner puisqu'ils obéissent – sans pouvoir tenir compte du bien commun de leurs peuples- aux diktats de l'économie et de la finance mondiales. L 'unité de la France doit se construire par la diversité de ce pays et avec les Français, avec chaque Français, car la France a vocation d'être une et indivisible dans sa multiplicité.
Je suis très heureux que mon fils le Prince Jean -Régent de son frère François le Comte de Clermont pour le moment- poursuive par ses voyages en France l'oeuvre que, durant trente cinq ans, j'ai entreprise et que je poursuis, et qu'il aille plus loin dans ses contacts à l'étranger, ce dont je le félicite.
Je souhaite que la Princesse Philoména soit heureuse et se sente épanouie dans son nouveau rôle. En cette ère mondialiste où presque tous les repères ont été perdus ou effacés, il est urgent de retrouver le sens de l'éthique et les principes chevaleresques.
Paris le 21 Août 2011
La justice est une exigence humaine, "une volonté constante", disent les jurisconsultes. Auncun système idéologique ne peut la garantir. Ni le liberalisme, ni le socialisme. Ni le
marché, ni l'Etat. Le pouvoir politique doit veiller à ce que la compétition ne soit pas sans règles ni limites. Dès le XIXème siècle, les catholiques sociaux, comme Albert de Mun et La Tour du
Pin, se sont inquiétés des excès nés de la Révolution: elle prétendait libérer l'homme en dissolvant les corps intermédiaires, elle a surtout libéré le capital. Le Comte de Chambord l'a souligné
dans sa Lettre sur les ouvriers en avril 1865: l'Assemblée de 1701 ne s'est pas contentée de donner plus de liberté à l'industrie, au commerce et au travail, comme le réclamaient les Français
dans les cahiers de doléances, "elle renversa toutes les barrières, et au lieu de dégager les associations des entraves qui les gênaient, elle prohiba jusqu'au droit de réunion et à la faculté de
concert et d'entente... La liberté du travail fut proclamée, mais la liberté d'association fut détruite du même coup" par la loi Le Chapelier. Il en concluait qu'il fallait "rendre aux ouvriers
le droit de se concerter, en conciliant ce droit avec les impérieuses nécessités de la paix publique".
C'était bien avant la parution, en 1891, de l'encyclique Rerum Novarum, dans laquelle Léon XIII résume la doctrine sociale de l'Église. Les Orléans aussi ont
toujours été sensibles à la question sociale. Le duc de Guise, mon arrière-grand-père, définissait la monarchie française comme une monarchie "sociale, familiale et décentralistarice".
Et mon grand-père a rédigé un essai, Le prolétariat, où il écrit que "la toute-puissance des oligarchies financières a remplacé l'ères des rois protecteurs du travail." C'était en
1937!
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 5 - Justice, page 109)
Editions Pygmalion 2009
L'une des clés réside, à mon avis, dans la prise de conscience par les dirigeants d'entreprise de leur
rôle en tant qu'acteurs sociaux de l'économie. Ce rôle comporte une responsabilité morale. La confiance, je l'ai dit, est le fondement de notre système économique. Les « patrons » doivent
comprendre qu'ils risquent de mettre en péril l'ensemble du système s'ils manquent de décence, comme certains d'entre eux dans un passé récent. C'est une question d'équilibre. Il est normal qu'un
grand patron soit payé plus que ses salariés, car ses responsabilités sont plus lourdes. Mais s'il bénéficie de stock-options, il faut que l'ensemble de ses salariés en bénéficie aussi.
J'approuve totalement le système de la participation : il incite tous ceux qui travaillent au sein de l'entreprise à participer à sa réussite et leur permet d'en tirer profit. Je trouve ce système très juste et typiquement français. Il faut bannir les comportements où l'argent devient le seul moteur de la vie, alors qu'il n'est qu'un outil de financement de l'économie. Il faut que l'économie réelle reprenne le pas sur l'économie virtuelle. Il faut que la politique au sens noble du terme, reprenne ses droits sur « l'économisme ». Bref, il est temps que le bien commun soit remis au centre des préoccupations des responsables de la cité. Mais veillons à garder le sens de la mesure, dans la critique aussi. La virulence de certains politiques confine à la démagogie. Je veux mettre en garde les Français contre ce prurit anticapitaliste : ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain ! L'immense majorité des chefs d'entreprise française gagnent leur pain à la sueur de leur front, dans des conditions difficiles. Ils font preuve d'une abnégation qui force mon admiration.
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 8 - Economie page 158/159)
Editions Pygmalion 2009
"....Je n'ignore pas qu'on accuse Poutine de restaurer le vieil autoritarisme tsariste. Je crois surtout qu'il a choisi de rétablir l'ordre en renouant avec un passé dont les communistes
prétendaient faire table rase. Comme la Révolution française, la révolution bolchévique a fait couler le sang, elle a profondément déstabilisé le pays. Poutine tente de ré enraciner la Russie
dans une histoire séculaire. Je n'ai pas l'impression que les Russes le lui reprochent ! On ne peut pas changer profondément la nature d'un pays, pas plus qu'on ne peut façonner un "homme
nouveau". Ce rêve prométhéen est homicide et vain. Les peuples sont ce qu'ils sont. La révolution n'a rien changé au tempérament gaulois des français. Au contraire, elle a plongé le pays dans des
guerres civiles incessantes en dissolvant les communautés naturelles que préservait la monarchie: la famille, la paroisse, les métiers, la province.....
Il est frappant de constater que les pays qui émergent ou qui retrouvent leur place s'appuient tous sur leurs traditions culturelles et sociales. C'est une leçon
que nous devrions méditer…"
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre IX - Politique étrangère, page 175)
Editions Pygmalion 2009
...Il nous
faut donc disposer à la fois d'effectifs suffisamment nombreux, équipés et entraînés, et d'outils de puissance réactifs, rapides et précis: avions de combat, de transport et de ravitaillement en
vol, drones, porte-avions, bâtiments de projection, frégates et sous-marins.
Compte tenu de la variété des menaces, seule la possession de cette panoplie complète peut offrir à nos dirigeants la marge de manœuvre dont ils auraient besoin en cas de péril. Ce qui, encore une fois, rend indispensable un effort financier à la hauteur des enjeux -effort d'autant plus nécessaire que les dépenses d'armement ont augmenté de 45% en dix ans à l'échelle mondiale. J'ai sous les yeux les chiffres publiés l'an dernier par l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm, dont les données font autorité: +162% en Russie, +62% dans les pays du Golfe, +57% en Asie du Sud. Le budget de la défense d'un pays comme l'Arabie Saoudite ne devrait pas tarder à dépasser celui de l'Allemagne.... Le monde entier réarme, sauf l'Europe de l'Ouest: +6% seulement en dix ans."
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 10 - Défense, pages 194/195)
Editions Pygmalion 2009
Le roi est souvent associé à la justice, y compris dans l'imagerie populaire. êtes-vous personnellement attentif au besoin de justice
des Français?
Mon grand-père, le défunt comte de Paris, me l'a souvent répété : "Pour moi, le roi est justice et amour."Ce n'était pas une simple "profession de foi" dictée par un tempérament aimable. Si la justice est la première des fonctions régaliènnes, c'est que le besoin de justice est la plus pressante nécessité du peuple. C'était aussi, pour les Capétiens, la garantie de leur pérennité, car "il n'y a pas d'autorité sans justice, ni de justice sans amour, poursuivait mon grand-père. Du peuple au roi, du roi au peuple, c'est par cette voie que monte le loyalisme et que descend la contrepartie d'autorité celle qui permet l'efficacité gouvernementale dans le respect des libertés individuelles". C'est bien ainsi que je vois les choses : la justice est le fondement du concentement populaire et, par conséquent, de l'autorité véritable.
C'est parce que les Capétiens incarnaient le recours contre les abus des grands ou des parlements, que la monarchie s'est maintenue pendant plusieurs siècles en France. Le roi était "l'universel refuge". C'est vers lui que le peuple se tournait pour réclamer justice. "La monarchie a le souci constant des faibles et des opprimés et ne se reconnait d'ennemis que les ennemis du peuple", disait mon grand-père.
Paroles de Jean de France, Duc de Vendôme
Jean de France UN PRINCE FRANCAIS
(Chapitre 5, Justice, pages 99/100)
Editions Pygmalion 2009
Monseigneur, quel est le sens de votre présence à Reims?
Nous avons été invités par Mme Adeline Hazan, maire de Reims, et par les autorités civiles de la Marne. Et bien sûr,nous y sommes allés avec un grand plaisir. L'archevêque, Mgr Thierry Jordan, nous a accueillis dans sa Cathédrale, la princesse et moi. Que la République célèbre cet anniversaire et y invite la famille de France, voilà qui n'est pas sans signification.
Votre premier souvenir de Reims?
C'était en 1974, j'avais quatorze ans. Avec mon frère François, nous visitions la France pour la première fois. Malgré la loi d'exil, le président de la République nous en avait donné l'autorisation. Ensuite je suis resté à Bordeaux pour mes études. Reims était encore en reconstruction, les vitraux n'étaient pas tous remis en place, nous avons visité les ateliers des verriers. C'était merveilleux. Je ressens toujours cette même émotion, moins dans la Cathédrale même que dans la petite chapelle du palais du Tau, où les Rois se receuillaient la nuit précédant le sacre, durant laquelle ils jeûnaient et priaient. Ici je retrouve la quintessence de l'esprit français, entre le profane et le sacré, la chevalerie, le désir d'aller beaucoup plus loin...
Pensez-vous que le sacre royal aurait encore un sens dans la France laïque et multiculturelle d'aujourd'hui?
La royauté est une institution qui véhicule l'identité d'une nation. Elle peut donc prendre plusieurs formes: sacré comme en Angleterre, ou civile comme ailleurs. Si quelque chose de cet ordre advenait en France, les Français seraient bien entendu consultés. Mais je pense que nous, princes de France, nous devons rappeler nos racines, qui s'ancrent dans le ciel. Il y a une dizaine d'années, j'ai assisté à la présentation du " Livre de la paix ", ici même à Reims. Une cérémonie oeucuménique avait été organisée, avec l'archevêque,le rabbin, l'imam, des responsables orthodoxes et protestants. Dans ce livre de la paix, j'avais écrit un texte, où je parlais des religions monothéistes: le judaïsme, la chrétienté et l'islam. La Famille de France, par Blanche de Castille, ne descend-elle pas d'ailleurs d'une princesse arabe? Nous avons les mêmes racines. Et je pense que la paix passe par la concorde entre ces trois religions.
( Photo: © La Couronne / texte: Point de vue n°3278 )