A la veille de l’élection des membres du Parlement européen, le prince Jean attire notre attention sur la vraie nature du débat. Depuis la crise, et depuis que les résultats des référendums nationaux ne sont plus respectés, les structures actuelles de l’Union européenne ont largement perdu leur crédibilité. L’heure est venue de penser l’Europe différemment, de la refonder, dit le Prince..
Le constat s'impose : l’Union européenne telle que
nous la connaissons s’est révélée incapable de résister à la déferlante de la crise mondiale. Si les causes directes de cette crise qui secoue si durement l’Europe sont bien connues, ses causes
profondes semblent encore échapper à la classe politique. Et pourtant, elles sont déjà
parfaitement lisibles dans l’onde de choc des évènements.
Une institution prouve sa fiabilité par son aptitude à affronter victorieusement les tempêtes. Pour l’Europe de Bruxelles, la démonstration a été cruelle. Devant l’avalanche des problèmes, les chefs de gouvernement – président Sarkozy en tête – n’ont eu qu’un seul et salutaire réflexe : défendre ardemment leurs intérêts nationaux. L’urgence leur rappelait qu’ils en étaient directement comptables. Quant à la Commission européenne, elle avait disparu de la scène. Ce qui est apparu, c’est que cette situation n'était pas conjoncturelle mais bel et bien structurelle : déjà la machine ne fonctionnait plus, et son inadéquation s’est révélée à travers la persistance têtue du fait national.
C’est pourquoi aujourd’hui, alors que les gouvernements sont acculés à une gestion empirique de la crise, il me faut prendre la parole. Je veux le dire avec force : s’agissant de l’Europe, l’urgence est désormais de trancher dans le vif et de se décider à réformer au fond. Réformer ? Mieux encore : refonder. Sans faire table rase, avec réalisme, lucidité et détermination. L’Europe ne doit être ni réduite à une entité économique ni calquée sur le modèle américain. Elle a une identité profonde fondée sur ses racines culturelles, son cadre géopolitique et l’évolution millénaire de ses structures politiques. Il serait vain, et extrêmement dangereux, de l’oublier ou de le nier.
Ses racines sont chrétiennes : qu’on le veuille ou non, c’est la chrétienté qui l’a fait naître et lui a
donné ses assises. Son équilibre géopolitique lui vient de la géographie et de l’histoire, et non des idéologies de passage. Et sa structure politique demeure inséparable – on le voit tous les
jours – des nations historiques qui la composent. Reconnaître ces trois faits n’est pas s’enfermer dans un passé révolu, c’est au contraire se donner les moyens de bâtir un avenir durable – en
s’appuyant sur le roc du réel et non sur des opinions mouvantes, incertaines et contradictoires.
Vers une alliance de nations souveraines
Aujourd’hui, ma voix est encore peu audible, je le sais. Mais ce que je dis ici, je le fais au nom du principe qui
m’habite, dont la légitimité est liée aux fondements et à la continuité historique de la
France.
Ce que je veux dire est ceci : l'Europe est aujourd’hui appelée à devenir une alliance de nations souveraines qui, partageant librement une vision concrète et humaniste de la politique, s’attellent ensemble à la réalisation de projets visant au bien commun des pays qui la composent et au traitement résolu des grands problèmes mondiaux. Voilà l’esprit nouveau à communiquer à des institutions européennes à bout de souffle qui exigent une rénovation profonde.
– Pour être viable, cette alliance des nations européennes ne peut que s’appuyer sur les racines culturelles de l’Europe ; s’inscrire dans le cadre des nations historiques, le seul où s’exprime pleinement le lien social ; et limiter son extension dans l'espace, en assumant son équilibre géopolitique propre.
– Son parlement doit devenir représentatif des forces économiques, sociales et morales à l’œuvre au sein des nations associées. Là où, aujourd’hui, les contraintes technocratiques et uniformisatrices ne sont modérées que par les déchirements idéologiques de listes politiciennes rivales, provoquant un absentéisme électoral élevé, le parlement européen doit devenir le lieu d’expression, de dialogue et de coopération des forces vives de nos différents pays.
– Son action extérieure – objectifs diplomatiques et militaires communs, projets communs – doit relever de la seule responsabilité des chefs d'Etat et de leurs ministres réunis en conseil. Fortes d’accords adaptés et pragmatiques, les nations européennes ont naturellement vocation à prendre l’initiative sur les grands dossiers mondiaux : gestion des ressources et maîtrise de l'énergie, lutte antiterroriste et résolution des conflits, aide aux pays en développement.
En février 2008 – avant le déluge, donc ! –, j'avais exprimé mon attachement à l'idée de vérité en matière politique. Au nom de cette vérité même, j’entends aujourd’hui prendre date et affirmer que le temps est venu pour l'Europe de s’assumer dans sa réalité propre, ouverte au monde autant qu’à elle-même, avec tout ce qu'elle a reçu et tout ce qu’elle a encore à donner. Ce qui passe par une réforme institutionnelle profonde. C’est à ce prix qu’elle assurera sa prospérité et son rayonnement.
Paroles du Dauphin de France, Mgr le duc de Vendôme
C'est avec une grande tristesse que nous vous faisons part du décès de Son Altesse Impériale le Prince Pierre-Louis d'Orléans Bragance, 4ème dans l'ordre de succession à la Couronne Impériale du Brésil. Tragiquement décédé dans le crash du vol 447 d’Air France qui reliait Rio de Janeiro à Paris.
Fils aîné du
prince Antonio d’Orléans-Bragance et de la princesse Christine de Ligne, le prince Pierre-Louis d’Orléans Bragance est né le 12 janvier 1983 à Rio de Janeiro. Brillant étudiant, il était
titulaire d’une maîtrise en entreprises et préparait un diplôme complémentaire à la Fondation Getulio Vargas, la plus prestigieuse du Brésil et l’une des plus réputées dans le monde. Il
effectuait, dans le cadre de ses études, un stage au sein de la BNP Paribas au Grand-Duché de Luxembourg. Pedro Luiz est l’aîné d’une famille de 4 enfants : Amelia, Rafael et Maria Gabriela. Il était considéré comme l’héritier au trône du Brésil après ses deux oncles les princes Luiz Gastao et Bertrand ainsi que son père le prince Antonio.
A l’heure actuelle, l’avion n’a toujours pas été localisé précisément. Il se serait écrasé après avoir traversé une forte zone d’orages à plus de 1.000 kilomètres de l’archipel de Fernando de Noronha
A la fin de l’année 1813, les troupes de Napoléon Ier, se replièrent sur le sol français, face aux forces des armées coalisées. L’armée impériale renforcée par des unités de gardes
nationaux, essaiera vainement de stopper l’avance de ces forces étrangères ; et malgré de très durs combats, nos troupes durent reculer et se replièrent sur la capitale. Près de 35 000 hommes,
dont 12 000 gardes nationaux furent disponibles pour affronter les 150 000 hommes des armées coalisées. Le 30 mars 1814, les combats pour la défense de Paris commencèrent au matin mais, après de
terribles assauts, l’ennemi bien supérieur en nombre pris le dessus, ce qui entraînera le maréchal MARMONT à capituler le lendemain. Dès lors, l’ordre public sera assuré par la garde nationale
jusqu’au 3 juin 1814, dans une capitale occupée par des unités autrichiennes, prussiennes et russes. Les troupes de la garde nationale arboraient jusqu’à présent la cocarde tricolore, mais à
compter du 10 avril 1814, ordre leur fut donné de porter dorénavant la cocarde blanche.
En effet, le retour de la monarchie des Bourbons était réclamée par le conseil municipal de Paris et le conseil général de la Seine, les sénateurs proclamaient la déchéance de l’empereur, qui fut votée le 4 avril par le corps législatif. Le 5 avril Napoléon Ier abdiquait en faveur de son fils et le 11 avril ce fut la Convention de Paris. Revêtu d’un uniforme de garde national, le frère du Roi Louis XVIII, le comte d’Artois nommé lieutenant-général du royaume, arrivait ce même jour près de Paris. Peu confiant en l’armée impériale restée fidèle à l’empereur déchu, il préféra s’appuyer sur la garde nationale constituée essentiellement par des bourgeois généralement commandés par des officiers d’origine noble. Le 12 avril, le comte d’Artois rentrait dans Paris escorté par 600 gardes nationaux parisiens. Puis le 3 mai, le roi arrivait dans la capitale, et le 13 mai nommait le comte d’Artois, le futur Roi Charles X, colonel-général des gardes nationales de France.
Dès l’arrivée du roi à Paris, des fabricants réalisèrent des petites médailles à l’effigie du monarque et à fleurs de lys, suspendues par des rubans blancs. Emblème du pouvoir monarchique
retrouvé, ces médailles furent très vite adoptées, et il est fort probable que de nombreux gardes nationaux les portèrent dès la journée du 12 avril. Un ordre du jour du comte d’Artois créa, le
26 avril 1814, la Décoration du Lys en faveur de la garde nationale de Paris. Elle devait être pour celle-ci « un
signe perpétuel des services qu’elle a rendus, soit lorsque après avoir combattu pour ses foyers et, chargée seule dans la nuit du 30 mars de la garde et de la sûreté de Paris, elle a conservé au
Roi sa capitale et à tant de familles leurs biens, la vie et l’honneur soit, lorsqu’en occupant outre ses postes ceux de la troupe de ligne, elle a offert l’exemple du dévouement et du sacrifice,
soit, enfin, quand malgré ce pénible service elle a fait celui de la maison militaire du Roi et donné à la famille royale la satisfaction de n’être, pour sa garde, environnée de
français. » Par ordre du jour, le 9 mai 1814, le roi approuva la création de la Décoration du Lys en l’étendant à
l’ensemble des gardes nationales de France. Au fil du temps, son attribution sera sans cesse étendue. Très largement répandue dans tout le royaume, elle fut décernée par le roi, mais aussi par le
comte d’Artois, le duc de Berry, le duc et la duchesse d’Angoulême ; puis des délégations de pouvoir furent données aux ministres, aux préfets et aux maires.
Après son retour de l’île d’Elbe, pendant les cents jours, l’Empereur Napoléon Ier, décrétera le 9 mars 1815, la suppression de la Décoration du Lys. La monarchie rétablie, les Décorations du Lys retrouvèrent évidemment le
droit de cité. Elle fut dès lors remise aux gardes nationaux après avoir prêter le serment suivant : « Je jure
fidélité à Dieu et au Roi pour TOUJOURS. » Seul les gardes nationaux étaient astreints au serment, qu’ils
prononçaient, en général, collectivement lors de la remise de l’insigne. La décoration du lys disparaîtra définitivement sous Louis-Philippe.
La Décoration du Lys récompensait les troupes de la garde nationale de Paris « officiers, sous-officiers, grenadiers ou chasseurs qui justifiaient d’avoir bien fait leur devoir » ( ordonnance du 26 avril 1814 ).A partir de l’ordre du jour du 9 mai 1814, sont attribution fut étendue à l’ensemble des gardes nationales de France.
Puis elle fut décernée également aux fonctionnaires des diverses administrations, fonctionnaires publics, chefs d’administration, aux notables, aux membres de la députation, aux unités de l’armée dont les corps et détachements eurent l’honneur de passer sous les yeux du roi, aux officiers supérieurs et généraux, etc. Bref, la Décoration du Lys, parfait symbole monarchique, fut donc très largement distribuée...
A l’origine, c’était un simple ruban blanc ( ordonnance du 26 avril 1814 ).Puis, l’ordre du
jour du 9 mai 1814 précisa : un ruban blanc moiré avec une rosette blanche ; mais pour distinguer la garde nationale de Paris, les armes de la capitale pourront être brodées ou brochées sur le
ruban.
A partir de l’ordonnance du 5 août 1814, le ruban de la Garde nationale de Paris devint blanc avec, sur chaque bord, un liseré bleu de 2 mm.Enfin, à partir de l’ordonnance du 5 février 1816, les
gardes nationales départementales portèrent la Décoration du Lys suspendue à un ruban spécifique à chaque département.Sur les 86 départements du royaume, seul 12 conservèrent le ruban blanc d’origine.Le ruban fut uniquement blanc, pour les
titulaires militaires et civils qui ne firent pas partie de la garde nationale.
La décision royale du 9 mai 1814, autorisa, sur la tenue civile, le port d’un simple ruban blanc, quelquefois
surchargé d’une agrafe ( appelée aussi « boucle ») à trois bandes, généralement en argent mais parfois en or, représentant une réduction de la croix du Lys, ou un lys souvent couronnée et
encadrée par deux branches d’olivier.
A l’instar de la croix du Lys, certaines portaient l’inscription GAGE DE LA PAIX - VIVE LE ROI.Ces agrafes furent parfois portées sur le ruban de la
Légion d’honneur.
Les premiers modèles, non
officiels, furent des petites médailles en métal léger, frappées à l’effigie du Roi Louis
XVIII, et représentant le symbole de la royauté : la fleur de lys. L'insigne, à compter de l’ordonnance du 26 avril 1814, fut défini comme une simple fleur de lys en argent.Puis, l’ordre du jour signé par le roi le 9 mai 1814, officialisa la Décoration
du Lys et en arrêta enfin la forme définitive : un insigne en argent représentant une fleur de lys surmontée de la couronne royale.
Évidemment, nous sommes en France, et la passion des décorations ainsi que le besoin de se distinguer firent que certains des gardes
nationaux ont fait réaliser différents types d’insignes, bien sûr tous non réglementaires. Il était ainsi possible de trouver des
réductions de la croix de l’Ordre de Saint-Louis avec sur l’avers l’effigie de Louis XVIII ou d’Henry IV, et sur le revers un lys central ; ou un modèle dont le lys était posé au centre d’un soleil à rayons dorés ( c’était l’insigne des gardes du
corps de la maison du roi ). Bref, cette pléthore d’insignes incita le comte d’Artois à publier, le 31 août 1816, un règlement fixant les règles du port de la Décoration du Lys.
Lorsqu’en 1824, la Décoration du Lys relèvera de l’autorité du Grand chancelier de la Légion d’honneur, ce dernier rappellera notamment dans l’instruction du 5 mai 1824 : «
La Décoration du Lys ayant fourni le prétexte à une multitude d’abus, le Roi en a donné la surveillance au Grand chancelier. Il
rappelle donc ici que cette décoration ne doit être qu’une simple fleur de lys en argent suspendue à un ruban blanc ou de couleurs diversement réglées pour chacun des départements du royaume.
(...) La manie des rubans et des décorations, la cupidité de quelques bijoutiers, les fantaisies et les caprices, en ont fait imaginer et fabriquer de diverses formes, imitant les ordres royaux
ou étrangers. On ne doit porter le ruban que d’un seul département et la simple fleur de lys primitivement établie ; toutes les autres sont abolies et doivent disparaître.
»
Déjà décoré en 1959
de la Croix de la Valeur Militaire, Monseigneur le comte de Paris a reçu ce 18 mai la Légion d'honneur à titre militaire pour ses faits de guerre et son implication en tant qu'officier de la légion
étrangère dans différents conflits. Reçu en fin d'après midi à l'Élysée, Monseigneur a été décoré par le Président Nicolas Sarkozy au cours d'une cérémonie de 45
minutes durant lesquelles le président a prononcé un discours s'adressant à monseigneur le comte de Paris ...où il a rendu hommage aux 40 rois qui ont fait la France, puis il a personnellement
offert un bouquet de fleurs à la comtesse de Paris.
Mercredi 20 mai, le journal "le Figaro" a surpris certainement plus d'un de
ses lecteurs, en faisant sa Une avec un personnage que l'on est peu habitué à voir en Une de nos quotidiens: le bon roi Louis XVI.
Avant de fuir en juin 1791, le roi de France avait
rédigé un texte pour se justifier. Le manuscrit, qui avait disparu, a été découvert aux Etats-Unis. Il avait disparu depuis la Révolution française. Il se
cachait dans une collection américaine où il vient d'être acquis par un Français, collectionneur de manuscrits anciens. Le testament politique de Louis XVI est une œuvre politique majeure, datant
de la fuite à Varennes, dans la nuit du 20 juin au 21 juin 1791. Avant de partir, Louis XVI a probablement quelques scrupules. Il pense enfin pouvoir échapper à l'Assemblée constituante
mais il ne veut pas quitter Paris sans laisser un document expliquant les raisons de sa fuite. Il entend s'adresser à son peuple. Aussi rédige-t-il cette Déclaration à tous les Français, un
manuscrit de seize pages in quarto, qui deviendra, selon la tradition historique, son «testament politique» (à ne pas confondre avec le testament qu'il
rédigera dans la prison du Temple avant de monter sur l'échafaud et qui est plus personnel et moral). Le roi demandera à La Porte, son intendant, de déposer le lendemain de sa fuite cette
Déclaration sur le bureau du président de l'Assemblée, qui est alors Alexandre de Beauharnais. L'histoire se télescope : celui qui recueille le testament du dernier roi de l'Ancien Régime
n'est autre que le premier époux de Joséphine, la future impératrice des Français ! Le monde est petit. Dans ce texte long et parfois assez mal structuré, Louis XVI entend exprimer sa
conception politique la plus profonde. Au moment de le rédiger, il se sent libéré des contraintes, des faux-semblants et des réserves qu'il a toujours dû s'imposer depuis le début de la Révolution.
Il déclare même, au moment de partir, qu'«une fois le cul sur la selle, il serait tout autre». Se voyant déjà loin de Paris et de l'Assemblée, il livre sa véritable conception des événements
révolutionnaires, depuis la réunion des États généraux, et exprime son idéal politique, une monarchie constitutionnelle avec un monarque puissant.
C'est donc un texte d'une portée considérable. Dans sa biographie de Louis XVI, Jean-Christian Petitfils, insiste à juste titre sur son caractère essentiel pour bien comprendre l'évolution de la pensée du monarque : «La plupart des historiens, écrit Petitfils à propos de la déclaration royale, ne lui ont pas donné l'importance qu'elle mérite. Ils l'ont soit négligée, soit hâtivement lue et commentée» (1). Son contenu n'était en effet pas ignoré des savants, dans la mesure où le texte a été reproduit dans de nombreux documents parlementaires, notamment les Archives parlementaires (publiées sous le Second Empire), mais l'original avait disparu. C'est lui qui vient enfin d'être retrouvé. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit du document authentique. Son acquéreur, Gérard Lhéritier, président de la société Aristophil, une société qui achète des manuscrits anciens et propose ensuite à des collectionneurs de devenir en partie propriétaires de ces documents (tout en les conservant dans son Musée des lettres et manuscrits), insiste sur son caractère unique. «C'est une pièce exceptionnelle, vibrante d'histoire, que nos experts ont pu retrouver aux États-Unis.» Cette certitude est confirmée par des spécialistes de grand renom, comme Thierry Bodin, expert en autographes près la cour d'appel de Paris. Pour ce dernier, la paternité du document est évidente. «C'est la signature du roi et, surtout, il a été paraphé et signé par le président de l'Assemblée nationale, Alexandre de Beauharnais.» D'autant que la prise de Gérard Lhéritier est double. Il y a non seulement le document en lui-même mais un autre manuscrit de huit pages rédigées par le propre frère de Louis XVI, le comte de Provence, futur Louis XVIII. Ce texte avait été demandé par le roi à son frère peu de temps avant son départ, afin que celui-ci retrace les injustices subies par la famille royale depuis 1789. C'était une manière d'impliquer le comte de Provence dans le projet de fuite et le contraindre, par la même occasion, de quitter Paris le même jour (le roi craignait que son frère, qui n'avait pas toujours été tendre avec le couple royal, ne cherche à profiter de son départ pour se hisser sur le trône). Jugées trop agressives à l'égard de l'Assemblée, les remarques du comte de Provence ne furent pas toutes reprises par Louis XVI, qui commentera puis écartera ces huit pages.
Comment un tel trésor a-t-il pu s'évanouir dans la nature ? La plupart des Car la Déclaration fut en effet une des pièces à charge lors du procès du roi sous la Terreur. Ainsi, le rapport d'accusation, lu par Lindet le 10 décembre 1792, à la Convention, le cite précisément et l'utilise pour prouver la duplicité du roi et ses mauvaises intentions. «C'était sans doute le Manifeste destiné à plonger la France dans les horreurs de la guerre civile, écrit Lindet. (…) Son Manifeste du 20 juin atteste ses intentions hostiles ; il voulait le renversement de l'État, puisqu'il ne voulait ni les lois, ni la Constitution qu'il avait juré de maintenir» (2). Indéniablement, cette Déclaration a contribué à poser Louis XVI en ennemi de la Révolution. Mais que dit précisément le texte ? En réalité, le roi est loin d'avoir rédigé un brûlot contre-révolutionnaire. Il ne se résout certes pas à l'abaissement de la monarchie. Il juge que les réformes de l'Assemblée et l'attitude des clubs, «calomniateurs et incendiaires», ont porté atteinte à «la dignité de la Couronne de France». Il s'en prend notamment au refus, par l'Assemblée, de lui accorder un droit de veto absolu (il n'est que «relatif»), au poids excessif des comités de la Constituante, notamment le Comité des recherches qui exerce, selon le roi, «un véritable despotisme plus barbare et plus insupportable qu'aucun de ceux dont l'histoire ait jamais fait mention».
Le roi critique aussi l'excessive décentralisation, la suppression de son droit de grâce, etc. Mais, sur le plan social, il se rallie pourtant à la révolution juridique de l'été 1789 ; il ne rejette plus l'abolition des ordres, comme dans sa Déclaration du 23 juin 1789. Il admet l'égalité civile et insiste même sur les réformes qu'il avait cherché à faire, notamment en 1787, en matière fiscale, afin que les privilégiés ne bénéficient plus d'exemptions indues. Il conclut, sur le ton de l'époque : «Français, et vous surtout Parisiens (…), revenez à votre roi ; il sera toujours votre père, votre meilleur ami.»
La rédaction du texte lui a pris à peu près quatre ou cinq mois de réflexion. Il y a travaillé seul, à l'insu de ses ministres, et il n'y associera son frère qu'à la dernière minute, le samedi 18 juin, comme en témoigne ce dernier. On sait comment tout cela finira. Son arrestation à Varennes va, comme le rappelle Mona Ozouf, se révéler fatale pour la monarchie (3). La déclaration du roi se montrera bien incapable de lui sauver la mise. Bien au contraire. Le prestige de la monarchie sera pour jamais terni par cette équipée malheureuse. Pourtant, comme le remarque à juste titre Jean-Christian Petitfils, ce testament politique de Louis XVI prouve que le roi n'avait jamais été aussi conciliant. C'est ce triste paradoxe que met en évidence le document laissé à l'Assemblée : «Jamais Louis XVI n'avait été aussi proche de la Révolution qu'en fuyant la capitale. Sur la route de Varennes, il était devenu un souverain constitutionnel, à la recherche, hélas, d'une impossible Constitution» (4). De toute cette histoire tragique, il ne reste plus aujourd'hui qu'un seul témoignage, ce manuscrit oublié.
Voici ci-dessous la très belle allocution de
Monsieur Jean-Christophe Canter, maire de Senlis lors du vin d'honneurs offert dans les jardins du château d'Hugues Capet, suite au mariage du Prince Jean de France.
C’est un honneur pour le premier magistrat de cette cité de vous recevoir ici, vous qui avez, tout naturellement, choisi le berceau des Capétiens pour célébrer religieusement votre union. C’est ici qu’a été fondée votre dynastie, c’est ici que vous avez scellé l’acte de naissance de votre foyer. Il s’agit pour vous, Monseigneur, d’un véritable retour aux sources. Alors que nous sommes plongés dans une actualité parfois tourmentée, notre temps n’est en effet pas sans rappeler cette fin troublée du premier millénaire quand l’archevêque Adalbéron présentait Hugues Capet aux suffrages des Grands de l’époque.
Cette élection, par la restauration de l’autorité publique, et l’affirmation d’un pouvoir unique et central a marqué la France à tout jamais. L’empirisme organisateur de cette couronne devenue héréditaire a assis durablement notre pays. « Rendre service » est d’ailleurs la devise de la maison de France depuis Robert le Fort, une devise dont vous assurez aujourd’hui encore la pérennité. La France sensée, équilibrée, juste et forte tout à la fois s’est reconnue dans cette famille qui aime son métier (comme vous aimez à le rappeler pour définir la mission qui est la vôtre) et qui a le don de s’instruire par l’expérience. Et, nulle nation mieux que la France ne s’est affirmée comme communauté de destin, gouvernée à l’image d’un foyer par l’Etat le plus naturel qui soit. Chaque action du passé entre en compte pour l’avenir. Il n’y a, en effet, qu’une Histoire de France. Votre histoire est la nôtre et l’on ne peut rien y soustraire. Nous sommes tous solidaires de ces traditions politiques qui sont la charpente invisible de la France avec comme pierre angulaire les valeurs fondatrices de l’Occident qui sont notre patrimoine génétique commun. Depuis Vercingétorix jusqu’à Charles de Gaulle, en passant par Saint Louis, Henri IV, Louis XIV, notre pays est peuplé de figures qui ont brillamment incarné notre destin national.
Je me souviens Monseigneur de notre discussion en ces mêmes lieux il y a 5 ans, dans le cadre de vos rencontres intitulés Gens de France, nous avions
échangé (je n’étais à
l’époque que Conseiller Municipal), sur la
pérennité et la grandeur de la Maison France et la notion de pouvoir politique incarné par une autorité légitime, rassembleuse et qui s’adresse à tous les Français. Bien que profondément
républicain, j’avais été sensible à la devise qui est vôtre « Servir la France » et je l’avais trouvé tout à fait adapté à la mission que vous vous étiez assigné et je dois dire que
nous avions eu la même position quant à l’idée et la conception du meilleur régime politique adapté à la vision que nous avions de la grandeur de notre pays. En ces jours, vous offrez à nos
concitoyens un moment de bonheur partagé dans lequel les Français communient dans l’espérance de ce mariage princier, un peu comme si le cœur des familles de France (de notre pays) battait à
l’unisson de celui de la famille de France. Et notre cité pour qui les armes à fleurs de lys peintes à trois feuilles figurent foi, sapience et chevalerie, vertus dans lesquelles s’illustra le
royaume de France, Senlis reçoit votre union avec émotion.
Issu de cette dynastie qui a fait la France, descendant en ligne directe de Saint Louis et d’Henri IV, vous vous situez dans le droit fil de nos traditions politiques depuis Clovis. Et cette filiation vous donne une fierté légitime à la hauteur de votre vocation. Officier de cavalerie, vous connaissez dans votre famille (le tribut du sang payé il y a encore si peu par votre oncle mort au champ d’honneur). Vous vous retrouvez dans cet idéal du juste milieu que je ne peux que partager. Je sais, que par votre rang, si vous revendiquez tous les droits, vous assumez aussi toutes les responsabilités et vous en acceptez tous les devoirs. Cette modernité visionnaire va jusqu’à l’attachement à la justice sociale, dont le maire est aussi un garant dans la proximité. « Il n’y a pas d’orgueil à être Français, rappelait Bernanos ; ce n’est pas un orgueil, c’est une responsabilité ». Dans ce monde qui approche des étoiles et qui perd parfois l’homme de vue, la France dont vous représentez, Monseigneur, toutes les formes d’être et de savoir, a été, est encore et doit rester la conscience des nations et vous participez patiemment à cette mission de premier plan. Le maintien de la mémoire au travers de notre patrimoine ainsi que la défense et l’illustration de la langue française relèvent aussi de votre magistrature naturelle. Mais que serait cette philosophie d’action sans le lien avec le pays réel. Qui mieux qu’un Maire peut comprendre que ce principe de cohésion saura surmonter discordes et déchirements car il puise son élan dans la souveraineté et le dialogue avec les Français. Car c’est bien cela la grandeur de la France : pouvoir célébrer l’union nationale autour d’un homme, autour d’un nom et incarner une certaine idée grandiose, intemporelle, ambitieuse d’un destin commun, dans lequel les Français se reconnaissent, sans se soucier des régimes, des systèmes. Oui la France est grande lorsqu’elle rassemble, oui la France est belle lorsqu’elle incarne un idéal de grandeur, de beauté et de justice qui lui donne cette dimension universelle. Vous l’aurez compris Monseigneur pour moi l’amour de la France se fie des étiquettes, des origines et des systèmes politiques ou institutionnels.
Permettez- moi Madame, de dire quelques mots vous concernant :
Madame, par votre double ascendance qui rappelle les reines de France (Anne et Marie-Thérèse d’Autriche), vous incarnez cette alliance européenne qui existait bien avant que les institutions bruxelloises prétendent l’inventer. Votre passion pour la mer vous a poussé à partager le destin de marins-pêcheurs qui survivent, conscients de la fragilité de ce bien commun universel. Votre jeunesse, votre élégance et votre simplicité témoignent de grandes qualités qui j’en suis persuadé vous seront utiles dans votre charge de princesse de France.
En ce mois de mai, qui est le mois de la Vierge Marie, patronne de la France, nous sommes heureux de voir refleurir, autour de Saint Rieul, les fleurs de lys à l’occasion de vos noces.
Nos pères ont fait fructifier leurs libertés dans l’unité et dans l’ordre garantis par vos ancêtres, Monseigneur. Gageons que nos fils, quel que soit le régime, continuent de participer à cette communauté de destin qui « dure et se perpétue par les mêmes causes qui font durer l’univers et perpétuent le genre humain » comme le proclamait Bossuet.
Je suis long, Mesdames, Messieurs, mais c’est un peu de votre faute, Monseigneur, car c’est votre histoire que j’évoque et vous me pardonnerez si je vous ai fait boire ce calice de gloire. Par la grâce de votre union, nous retrouvons le grand souffle de la continuité et de l’unité de la France.
Daignez recevoir, Madame, Monseigneur, nos sincères félicitations à cette occasion.
Je vous souhaite au nom de la ville de Senlis un beau mariage et formule tous mes voeux de bonheur pour cette union placée sous le signe bienveillant ici à Senlis ville royale, de votre ancêtre Hugues Capet.
Fête, joies, bonheur intense et profond: qu'on prenne les mots qu'on voudra, la fête de Senlis a été une vraie belle fête ou plutôt une grande fête nationale. De celles qui comptent, et qui
marquent, dans une vie. Il est 11 h 25 lorsque le couple princier fait son apparition sur le tapis bleu, couleur de la Maison de France, Philoména de Tornos est tout simplement sublime, au bras
de son père, dans une robe en faille de soie ivoire Christian Lacroix, le duc de vendôme, lui, est accompagné par sa tante la duchesse Marie Christine de Wurtemberg... (En effet, la duchesse de
Montpensier, mère du prince Jean a été Hospitalisée d’urgence vendredi 1 mai et n'a donc malheureusement pas peu assisté au mariage de son fils). Les mariés sont accueillis par Monseigneur
Jean-Paul James, évêque de Senlis, qui célèbrera ces noces royales, accompagné pour l’événement par 15 prêtres officient. Il y a foule dans Notre-Dame et sur le parvis où les Royalistes ce sont
réunis en très grand nombre, drapeaux royalistes au vent.
Un livre d’histoire s’effeuille à Senlis. Le prince Philippe et la princesse Mathilde de Belgique, l’archiduc Lorenz d’Autriche, les Bourbon des Deux-Siciles, les Wurtemberg et bien sûr la
famille d’Orléans, au grand complet. Mme Rachida Dati et Mme Chirac sont sur les listes des 800 invités. Pour les membres du cabinet particulier du prince, l’organisation a été un vrai casse-tête
: « Il a fallu tout préparer en moins de cinq mois. Le prince a 44 ans et il ne voulait plus attendre. » Dans une cathédrale pavoisant aux couleurs royales et décorée de fleurs de lys,
retentissent les grandes orgues.Des chants s’élèvent en latin, des jeunes filles s’agenouillent, d’autres se prosternent sur le tapis bleu qui traverse la nef. Midi sonne quand les jeunes époux
échangent leurs consentements. Dans les rangs, une quête est faite pour les chrétiens d’Orient « persécutés » et pour restaurer les orgues essoufflés de la cathédrale. Couronnement de cette
union, la bénédiction du pape Benoît XVI est lue par l’évêque. Les portes de Notre- Dame s'ouvrent sur les jeunes mariés, la France a enfin une dauphine et
c'est sous un tonnerre de joies et d'applaudissements que le couple princier sort de la
cathédrale.
A l'issue de la cérémonie religieuse, un vin d'honneur a été offert dans les jardins du château d'Hugues Capet, par le couple princier à tous les fidèles de la maison de France. A cette occasion le maire de Senlis ainsi que Mgr le comte de Paris ont offerts au public réunit deux magnifiques discourt avant de laisser la parole au prince Jean de France. Puis discrètement le cortège quitte la cité royale pour le château de Chantilly où la fête s'est poursuivie pour une réception privée réunissant les 800 invités des jeunes époux...
Arrivée du duc et de la duchesse de Chartres et leurs 5 enfants
Arrivée du comte et de la comtesse de Paris
Arrivée Mme Rachida Dati
Le duc et la duchesse de Vendôme à la sortie de la cérémonie
Le duc et la duchesse de
Vendôme à la sortie de la cérémonie